William Noun, frère du pompier Joe Noun, tué lors de la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020, s’adresse à la foule à l’occasion du cinquième anniversaire de la tragédie. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
La police criminelle a convoqué l’activiste William Noun, frère d’une victime de la double explosion au port de Beyrouth survenue le 4 août 2020, pour un interrogatoire mardi à 12 h au palais de justice, à la suite d’une plainte l’accusant d’incitation aux tensions sectaires et de violation de la loi libanaise sur les relations avec Israël.
La plainte, transmise à L’Orient-Le Jour par William Noun vendredi, a été déposée par Hassan Ibrahim, un avocat réputé proche du Hezbollah, après un discours prononcé par Noun lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août.
« Ils m’accusent de sympathiser avec Israël, ce qui n’est même pas vrai puisque je n’ai jamais prononcé le mot Israël. Et si je l’avais mentionné, ce serait en termes négatifs. M’accuser de collaborer avec Israël est ridicule. L’accusation d’incitation à la violence sectaire fait partie de ce qu’ils ont dit contre moi », a déclaré l’intéressé à notre publication.
Sur la vidéo de son allocution, William Noun ne mentionne en effet pas l’État hébreu.
Les auteurs de la plainte affirment que, pendant son discours, des membres de l’auditoire ont commencé à scander « Hezbollah est une organisation terroriste », ce à quoi Noun aurait répondu : « Il n’en reste plus aucun », dans une référence probable aux pertes subies par le Hezbollah lors de sa guerre entre octobre 2023 et novembre 2024 contre Israël. Selon le plaignant, William Noun faisait « clairement allusion aux 5 000 martyrs de la résistance tombés pendant la guerre israélienne contre le Liban ». À la fin de son discours, l'activiste a également déclaré : « Ce n’est pas parce que Hassan Nasrallah est mort que tous ses péchés sont pardonnés. »
Dans la plainte, Hassan Ibrahim considère qu’à travers ces propos, William Noun « a exprimé une empathie dangereuse envers l’ennemi israélien, provoquant la base populaire de la résistance, qui représente au moins la moitié de la population libanaise, parmi laquelle il est rare de trouver une famille qui n’ait pas offert un martyr lors de l’agression brutale subie par le Liban ».
L’avocat estime également que ces propos « incitent aux divisions sectaires et partisanes », en particulier compte tenu de son appartenance confessionnelle différente de celle des personnes qu’il critiquait. Il ajoute que son langage « ressemble à celui de l’ennemi israélien » et constitue une violation de la loi libanaise sur le boycott d'Israël.
Le dépôt de plainte souligne enfin l’affiliation de William Noun à un groupe politique critique du Hezbollah, suggérant qu’il soutient une « approche hostile à la résistance », et avertit que l’accusation portée contre le Hezbollah concernant les explosions au port constitue une « allégation grave et dangereuse » susceptible de compromettre la paix civile.
L’enquête destinée à déterminer les responsables de la terrible double explosion qui a ravagé le port et une partie de Beyrouth le 4 août 2020 n’a toujours pas abouti.



Espérons que cette convocation - ridicule car infondée - n’aille pas plus loin. 16 communautés (sur dix sept) au Liban demandent le désarmement du Houzb. Cela ne veut pas dire allegiance à Israël, que je sache….Aucun pays digne de ce nom ne tolère des organisations hors-la-loi menaçant constamment la cohésion. Il faut que le Houzb comprenne que leur intérêt est de remettre leurs armes….rapidement
09 h 25, le 17 août 2025