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Nos lecteurs ont la parole

Et s’il s’agissait d’un examen de conscience clérical ?

La pénitence, un des sacrements de l’Église qui comporte l’aveu des péchés devant un prêtre. Elle nécessite un examen de conscience sincère avant d’avouer ses fautes, qu’il soit clerc, religieux ou laïc. C’est pourquoi, même les papes ont demandé pardon, à l’instar de Jean-Paul II qui l’a fait en l’an 2000 pour toutes les violences et les crimes commis par des catholiques contre les juifs ; Benoît XVI, en 2022, pour les agissements pédocriminels commis par des ecclésiastiques au sein de l’Église et François, à son tour, a demandé pardon pour les scandales ayant secoué « Rome et le Vatican » et pour la participation de catholiques à la politique « dévastatrice » envers les autochtones au Canada.

Le 31 mai dernier, Léon XIV, lors des ordinations presbytérales, a demandé la crédibilité aux nouveaux prêtres, non la perfection. Cependant, il paraît que le comportement des pontifes romains reste limité à Rome et leurs messages ne sont pas toujours audibles et reçus au Liban, révélant ainsi la distance comportementale qui sépare les deux pays.

En effet, lors de son intronisation, Léon XIV a affirmé : « Le ministère pétrinien n’est pas un pouvoir, mais un service : servir la foi, marcher avec le peuple, bâtir une Église unie et fraternelle, ouverte à tous. » Ouverte à tous, y compris alors aux divorcés remariés et aux homosexuels.

Pour les divorcés remariés, quelle serait la position la plus opportune ? Les excommunier en bloc, comme le réclament certains opposants à la décision du pape défunt de traiter cette affaire au cas par cas, ou les laisser tourner le dos à une Église qui les condamne ?

En outre, François avait déclaré en 2013 : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Or, au Liban, les chefs politiques et religieux qui se considèrent gardiens de la foi et des valeurs suprêmes du pays semblent favoriser un coureur de jupons et une fille de joie, juste pour le fait d’être hétérosexuel, et rejeter une personne de bonne conduite engagée religieusement et qui connaît ses limites, simplement parce qu’elle est homo. C’est exactement l’inverse de ce qui a été déclaré, d’autant que juger en masse n’a jamais été un critère. Pour le défunt pape, être homo reste un péché, mais non pas un crime. Néanmoins, au Liban, les péchés deviennent des crimes et les crimes – vol, meurtre, détournement de fonds – deviennent juste des péchés qui bénéficient de l’absolution et des indulgences religieuses. Pourquoi s’en étonner tant que la politique, la religion et l’argent forment le puissant trio qui demeure intouchable !

L’argent, justement, un des sujets épineux pour le pape jésuite qui plaidait pour une Église pauvre, occupe une place prépondérante au Liban, où l’on applique à la lettre les canons 385 §1 du CCEO et 282 §1du CIC/1983, qui stipulent : « Les clercs recherchent la simplicité de vie. » Comme les clercs libanais se montraient exemplaires dans l’application de ces canons, ils ont mérité en 2015 les réprimandes du cardinal Dominique Mamberti, envoyé par le pape au Liban, qui leur avait reproché, selon les médias, le manque d’attention aux affaires paroissiales et la concentration sur le patrimoine et les profits. Pas de panique, c’est sans doute pour aider les pauvres et les vulnérables ! Les religieux ne sont pas mieux, ils font vœu de pauvreté mais certains laissent les laïcs le vivre à leur place. Quelle mascarade !

De son côté, le nouveau souverain pontife, qui paraît sensible aux questions sociales, rejette toute forme de domination cléricale : « Pierre doit paître le troupeau sans jamais céder à la tentation d’être un meneur solitaire ou un chef placé au-dessus des autres. » Il rejoint ainsi la position de Bergoglio qui dénonçait en février 2022, sur la télévision italienne, le cléricalisme qui permet aux clercs d’être intouchables. C’est pourquoi, bien que le pape ait prôné la tolérance zéro contre les pédophiles, quelques-uns sont protégés et presque vénérés au Liban, jouissant d’une liberté de circulation. Peut-être pour trouver le chemin qui mène vers Dieu !

Eh oui, l’amour est la valeur cardinale dans le christianisme, mais nos moralisateurs locaux démontrent, par leur exemple, qu’il s’agit de l’amour de l’argent, l’amour du pouvoir et l’amour de la convoitise. En plus, ils ne font que joindre l’acte à la parole. Quoi de plus beau et de plus sublime !

N’est-il pas temps d’une remise en question pour une certaine mise à jour ? L’Église n’est pas formée uniquement du clergé et des religieux et je ne me permets pas de les mettre tous dans le même sac, car ce sont des humains qui commettent des fautes comme nous, mais qu’ils arrêtent de jouer les Tartuffe et les intouchables et qu’ils essaient de rejoindre la minorité sainte qui fait rayonner l’Église.

Bref, selon un proverbe anglais : « Là où Dieu a son Église, le diable a sa chapelle. » En attendant la prise de conscience, sa version libanaise reste exactement l’inverse !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

La pénitence, un des sacrements de l’Église qui comporte l’aveu des péchés devant un prêtre. Elle nécessite un examen de conscience sincère avant d’avouer ses fautes, qu’il soit clerc, religieux ou laïc. C’est pourquoi, même les papes ont demandé pardon, à l’instar de Jean-Paul II qui l’a fait en l’an 2000 pour toutes les violences et les crimes commis par des catholiques contre les juifs ; Benoît XVI, en 2022, pour les agissements pédocriminels commis par des ecclésiastiques au sein de l’Église et François, à son tour, a demandé pardon pour les scandales ayant secoué « Rome et le Vatican » et pour la participation de catholiques à la politique « dévastatrice » envers les autochtones au Canada. Le 31 mai dernier, Léon XIV, lors des ordinations presbytérales, a demandé la...
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Mon Dieu si vous existez débarrassez nous des religions

celui qui sauve

07 h 14, le 13 août 2025

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  • Mon Dieu si vous existez débarrassez nous des religions

    celui qui sauve

    07 h 14, le 13 août 2025

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