Georges Eter, poète de tout juste 18 ans, athlète et musicien. Photo DR
Poète de tout juste 18 ans, athlète et musicien, lauréat du Grand Prix de prose poétique décerné par la Société des poètes français, un concours de poésie pour la jeunesse francophone, et reçu premier à la session du bac français série S au Collège Notre-Dame de Jamhour, Georges Eter signe un premier recueil de poèmes aux éditions de la librairie Antoine, une véritable Mosaïque et fresque des émois de l’âme humaine. Il nous livre un véritable parcours initiatique qui chemine parmi les aléas de la vie, du manque d’amour, de la quête de sens et de l’espoir retrouvé.
« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans »… Pourtant, les poèmes de Mosaïque font preuve d’une surprenante maturité à l’égard des sentiments et des émotions qui peuvent traverser l’âme humaine. Les poèmes, qui alternent textes en prose, en vers libres et en rigoureux alexandrins, se lisent comme un parcours initiatique qui chemine de l’obscurité à la lumière, en passant par l’épreuve d’un premier amour, d’un questionnement sur le sens de la vie, et sur le regard qu’on lui porte à travers le prisme de nos émotions. Pour le jeune poète, « la vie est pleine d’oranges à éplucher » qu’il faut avoir le courage de croquer, qu’elles soient douces ou amères, pour pouvoir vivre pleinement sans angoisses et sans regrets. Car, ainsi que l’écrit Albert Camus dans La chute, « la véritable horreur de l’existence n’est pas la peur de la mort, mais la peur de la vie ». Et l’intelligence de la vie luit dans les yeux de Georges qui saisit avec vigueur toutes les opportunités qui se présentent à lui, qui « cueille le jour » et les oranges pour croquer la vie à pleines dents.
Vous publiez un premier recueil traversé par des thématiques assez sombres : la finitude, le néant, la mort, la fatalité, le « manque d’amour ». Autant de sentiments que l’humanité a en partage. Mais il est rare de les éprouver avec tant de force quand on est jeune. Ces sentiments que vous décrivez avec beaucoup d’acuité sont-ils le fruit d’une expérience particulière, d’un événement de vie précis ?
Oui, les premiers poèmes de Mosaïque sont plutôt sombres, « lourds et bleus » comme j'aime les appeler. J'ai écrit tous les poèmes de Mosaïque à dix-sept ans, une année où j’ai vécu une histoire d’amour qui m’a énormément marqué et où mes émotions s’entremêlaient beaucoup. Ma sensibilité était très exacerbée. Les poèmes « lourds et bleus » sont donc nés d’un besoin d’exprimer ces émotions qui me traversaient, une expérience créative qui m'a fait beaucoup de bien parce qu’elle était unique et libératrice. Ensuite, longtemps après les avoir écrits, j’ai commencé à porter sur ces poèmes à la tonalité pessimiste un regard neuf. J'ai même pensé les supprimer parce que je les trouvais très personnels. J’ai toutefois fini par les garder parce qu’ils sont ce qui donne de l’épaisseur à notre humanité. Ils contribuent à façonner notre monde et personnalisent nos mosaïques. Il était donc essentiel pour moi de les conserver et de partager avec mes lecteurs ma part de vulnérabilité pour être au plus près de la complexité de l’âme humaine.
L’orage se dissipe peu à peu quand on avance dans la lecture du recueil et se creusent alors plusieurs brèches de lumière et d’espoir. Comment avez-vous pensé l’architecture de votre recueil ?
L’architecture de mon recueil est très symétrique : il s’ouvre sur un poème intitulé Obscurité et s’achève avec Lumière, deux poèmes composés en alexandrins et dont j’ai beaucoup travaillé la rythmique et les rimes. En effet, les rimes d'Obscurité sont embrassées, ou dirais-je plutôt « emprisonnées », pour mieux mettre en évidence le sentiment oppressif du spleen. Dans le dernier poème, les rimes sont croisées pour épouser la souplesse d’un sentiment plus ouvert, moins figé.
Comme vous l’écrivez, la vie est une mosaïque, une fresque, dont on ne sait pas toujours quelle sera la prochaine pièce, la prochaine touche. Mais parfois, on pourrait en avoir une idée, quand bien même elle serait vague. Vous avez 18 ans. Une année charnière où l’on nous demande de procéder à un important choix existentiel. Quelle serait la prochaine pièce de la mosaïque de votre vie ?
Je vais continuer la mosaïque de ma vie à la faculté de médecine de l’USJ. Depuis que je suis tout petit, je rêve de devenir médecin, de savoir comment le corps fonctionne, et d’être un jour capable de sauver des vies.
Est-ce que vous avez en vue de futurs projets littéraires ?
Oui ! Et pas uniquement littéraires, mais aussi musicaux. Je joue du piano, et il m’arrive de composer quelques morceaux à mes heures perdues. Mes inspirations musicales sont aussi diverses et éclectiques que mes passions pour la médecine, les mathématiques, la physique et la littérature. Je puise la matière de mes compositions dans la rigueur de la musique classique, l’élégance jazz de Laufey et la pop de Harry Styles. Je suis toujours en quête de nouvelles expériences pour enrichir de diverses tonalités le clair-obscur de ma mosaïque !
*Georges Eter signe son premier recueil « Mosaïque » le mercredi 13 août, de 18h à 20h, au café de la librairie Antoine à l’ABC, Achrafieh.



Bravo Georges.
14 h 43, le 13 août 2025