Un homme tient un drapeau de la révolution syrienne, le 8 décembre 2024 au niveau du poste frontière de Masnaa au Liban, quelques heures après la chute de la dictature de Bachar el-Assad. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le ministère syrien des Affaires étrangères a assuré mardi, dans un entretien à la chaîne libanaise LBCI, être « ouvert à la coopération » avec les autorités libanaises concernant « la délimitation de la frontière avec le Liban et la coopération sécuritaire » entre les deux pays. Des propos qui interviennent à l'heure où le gouvernement libanais a adopté « les objectifs » de la feuille de route de l’émissaire américain pour le Liban et la Syrie, Tom Barrack, qui appelle entre autres à délimiter la frontière est avec la Syrie.
« La délimitation de la frontière avec le Liban et la coopération sécuritaire font partie des dossiers importants parce qu'ils pourraient mener à une large coopération économique entre les deux pays. Nous sommes donc ouverts à la coopération », a déclaré le ministère, qui commentait la feuille de route de Tom Barrack.
Cette déclaration intervient alors qu'une réunion se tient à Amman entre le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, son homologue syrien, Assad el-Chibani, et l’envoyé américain Tom Barrack, pour discuter de la situation en Syrie.
Le Conseil des ministres a adopté jeudi dernier « les objectifs » de la feuille de route de Tom Barrack, fixant notamment un calendrier pour le désarmement du Hezbollah et toutes autres milices sur le territoire libanais d'ici à la fin de l’année. La « délimitation et définition permanente de la frontière entre le Liban et la Syrie » fait également partie des 11 points de ce document.
Fin mars, les ministres libanais et syrien de la Défense s’étaient rencontrés à Djeddah, en Arabie saoudite et avaient convenu de renforcer la coordination sécuritaire et militaire le long de leur frontière commune, longue de 330 kilomètres et réputée poreuse et où les traffics en tous genres sont communs. Ils avaient également signé un accord de principe en vue de sa démarcation. Le 14 avril, le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’était rendu à Damas, où il avait rencontré le nouveau dirigeant syrien Ahmad el-Chareh, pour discuter notamment de la sécurité à la frontière. En février et mars derniers, des affrontements sporadiques avaient opposé des clans chiites, réputés proches du Hezbollah, aux nouvelles autorités syriennes, au niveau des localités frontalières.
Le dernier incident en date remonte à lundi, lorsqu'un habitant du village de Hoch el-Sayed Ali, localité située à cheval entre le Liban et la Syrie, en partie dans la région libanaise du Hermel (Békaa), a été tué par des assaillants alors qu'il se trouvait chez lui. Cette localité est régulièrement le théâtre de tensions depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, sur fond de tracé frontalier non délimité avec la Syrie et de perte d'influence du Hezbollah et des clans chiites qui relèvent de la localité, et jusque dans la région syrienne de Qoussair, au profit de la coalition islamiste sunnite au pouvoir en Syrie. Il n'était pas immédiatement possible de savoir si le meurtre de lundi était lié à des tensions transfrontalières.



Espérons que les personnes chargées des négociations n’iront pas en courbant l’échine comme à leur habitude mais en étant droits dans leurs bottes et fermes et surtout en traitant d’égal à égal afin de ne pas donner des ailes au nouveau régime qui ne demande pas tant.
11 h 10, le 13 août 2025