Des camions transportant les bagages des réfugiés syriens retournant en Syrie, le 5 novembre 2022. Photo d'archives fournie par Sarah Abdallah
La ministre des Affaires sociales Hanine Sayed a affirmé mardi que le gouvernement libanais traitait actuellement « 71 000 demandes supplémentaires » de rapatriement volontaire de réfugiés syriens se trouvant au Liban, notant qu'un comité a été formé regroupant des représentant des ministères concernés par cette question.
La pression sur les réfugiés syriens s’est fortement accrue ces dernières années au Liban, frappé par une guerre de plus d'un an avec Israël en 2024, et plongé depuis 2019 dans une grave crise économique qui a alimenté un sentiment d'hostilité croissante à l'égard des ressortissants du pays voisin. Une vague de violences antisyriennes avait notamment éclaté dans le pays l’année dernière à la suite du meurtre d’un responsable local du parti chrétien des Forces libanaises, Pascal Sleiman.
« Le gouvernement estime que la question de la présence des Syriens au Liban est cruciale pour l'avenir du pays », a déclaré Mme Sayed dans une interview accordée à la chaîne al-Manar. Elle a par ailleurs affirmé que 162 000 dossiers de réfugiés candidats au retour ont été clos et que les autorités libanaises traitent actuellement 71 000 demandes supplémentaires. « La partie syrienne est coopérative dans cette affaire », a-t-elle ajouté.
La première étape du programme de « retour volontaire » des migrants et réfugiés syriens du Liban, encadré par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, avait été officiellement lancée le 29 juillet sous la supervision des autorités libanaises. En coordination avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Sûreté générale libanaise avait encadré le retour de 71 personnes, faisant partie de 16 familles différentes. Ce premier convoi composé de trois bus a ainsi traversé la frontière libano-syrienne via le poste-frontière de Masnaa, dans l'est de la Békaa, qui constitue le seul point de passage ouvert pour mener à bien cette « phase pilote » du programme. En tout, plus de 126 000 réfugiés syriens ont été retirés des registres du HCR depuis la chute du régime Assad le 8 décembre 2024, selon le HCR.
D'autres vagues de retour, également décrites comme « volontaires » par les autorités libanaises, ont été organisées depuis le début de l'année. Plus de sept mois après le changement de régime à Damas, la Syrie comptait encore début juin quelque 13,5 millions de réfugiés et déplacés internes cumulés, causés par les 14 années de guerre civile ayant fait plus de 610 000 morts, selon les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), dont 160 000 civils et 25 000 enfants. Avant le renversement de Bachar el-Assad par une alliance de groupes rebelles à majorité islamistes, des vagues de retours volontaires avaient déjà été organisés au compte-gouttes par les autorités libanaises.
La reconstruction au Liban-Sud
Concernant la reconstruction dans les zones affectées par le conflit de treize mois qui a opposé le Hezbollah à Israël, Hanine Sayed a exprimé l'espoir que « le gouvernement pourra entamer la reconstruction ». « Nous allons lancer plusieurs programmes liés à la reconstruction », a-t-elle noté.
Des villages entiers du Liban-Sud ainsi que de nombreux quartiers de la banlieue-sud de Beyrouth ont été détruits pendant la guerre entre le parti chiite et l’État hébreu. La reconstruction de ces zones n'a toujours pas été officiellement lancée par les autorités libanaises.



