« Le bonheur, c’est quand le temps s’arrête et que les instants deviennent éternels. »
Quand mes enfants sont nés, il y a des années, j’ai cru que mon cœur avait atteint les limites des émotions qu’il pouvait contenir… Et puis un jour d’été, mon fils m’a tendu un petit paquet tout doux et le silence a envahi la pièce. J’ai fermé les yeux une seconde, le temps de retenir mes larmes… Maya ma petite-fille ! Le cadeau que j’espérais et pour lequel je priais sans oser le dire. Elle était si petite et pourtant elle a rempli tout l’espace et toute ma vie. Un monde entier dans trois kilos et quelques. Elle a tout bouleversé. Le temps s’est replié sur lui-même et mon cœur a commencé à battre au rythme du sien. J’étais débordée d’un amour que je ne savais même pas exister. C’est donc ça aimer plus fort que soi ? Avec ce minuscule miracle blotti contre ma poitrine, mes bras tremblent. Oh !
Cette odeur de nouveau-né ! Je la respire à fond comme on respire un premier matin de printemps et le monde entier devient plus doux. J’ai la gorge serrée mais je me sens comblée, émerveillée.
Maya, je me souviens des nuits blanches, des premiers pas, des premières maladies de ton père, de mon bonheur quand il est né. Tu n’es pas seulement l’enfant de mon fils, tu es un morceau de lui… Un morceau de moi, une histoire qui recommence. Je caresse ton visage avec douceur, c’est comme toucher du doigt la peau d’un ange, l’amour dans sa forme la plus douce, la plus pure. Ton odeur me ramène aux berceaux d’autrefois. Je commence à rêver… Avec toi je n’aurai pas la charge du quotidien, je serai là pour t’aimer, te protéger sans rien demander en retour, pour t’offrir des histoires, des contes d’antan, des souvenirs, des fous rires, un havre, un refuge où tu pourras te poser, t’enraciner. Je te murmurerai au creux de l’oreille des comptines du passé, doux héritage qui viendra apaiser tes pleurs. Je te parlerai bébé avec une voix ridicule. Je m’extasierai devant chaque mot, chaque geste que tu feras. Je te regarderai dormir et je comprendrai que l’amour peut être silencieux… Avec toi ma petite « bannout », chaque seconde sera une première fois. Tout me semble plus doux, plus vibrant, et je me sens plus forte, plus vivante. Je ne me lasse pas de te contempler. Dans ton regard encore flou, je vois l’infini, la vie qui recommence… Je réalise que cette vie continue même quand nos cheveux blanchissent et que nos forces faiblissent. C’est comme si la maison s’ouvrait de nouveau, illuminée de rayons de soleil éblouissants. Je ne sais pas quel nom tu me donneras, téta, mamie, ce sera le plus beau des noms dans ta bouche. Je te promets d’être toujours là pour t’aimer (même quand tu fais des bêtises) et te gâter… Oh ! Un peu quand même !
Maya, tu es née et le monde s’est arrêté de tourner, comme si la terre avait retenu son souffle juste un instant, et puis tu as poussé ton premier cri fragile et puissant à la fois, le cri de la vie, le cri de l’éternité, le cri de notre bonheur… Merci petite « bannout »…
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21 h 13, le 14 août 2025