Le patriarche maronite Béchara Raï, dans le sud du Liban, le 10 août 2025. Ani
Le patriarche maronite Béchara Raï, accompagné du nonce apostolique au Liban Paolo Borgia, a appelé dimanche à la paix et dénoncé les ravages de la guerre au cours d’une visite pastorale dans les localités situées le long de la frontière-sud du Liban, où il a été chaleureusement accueilli par les habitants.
La première étape de sa tournée a eu lieu à Debel, dans le caza de Bint Jbeil, au milieu des applaudissements nourris, des youyous et des jets de fleurs, rapporte l’Agence nationale d’information (ANI). Le patriarche Raï s’est ensuite rendu au diocèse maronite de Tyr. « Non à la guerre, oui à la paix », a-t-il clamé, soulignant que « la responsabilité d’instaurer la paix incombe autant aux citoyens qu’aux responsables ».
La localité de Qouzah dépeuplée
À Qouzah (caza de Bint Jbeil), le prélat a déploré que la localité ne soit plus habitée que par « 72 personnes » et exprimé l’espoir de voir « le village retrouver son état d’antan, car il doit vivre et résister pour préserver son patrimoine, sa terre et son existence ». « La guerre est contre toute l’humanité et n’apporte que destruction, ruine et déplacement », a insisté le chef de l’Église maronite, appelant à prier pour « une paix juste et durable au Liban ».
À Aïn Ebel, dans le même caza, le cardinal» Raï a déclaré : «Nous pleurons les victimes, nos frères en humanité, mais nous retenons que la guerre n’a jamais été une solution, et espérons qu’elle est partie pour ne plus revenir ».
Le dignitaire religieux s’est ensuite rendu à Rmeich, village chrétien généralement favorable aux Forces libanaises (FL) et hostile au Hezbollah. Il a été accueilli par les habitants, en présence du député Michel Moussa, représentant le président Joseph Aoun, d’un représentant du chef des FL Samir Geagea, ainsi que du maire de Rmeich, des membres du conseil municipal et de personnalités locales, rapporte l'ANI.
Le patriarche a poursuivi sa visite à l’église de la Transfiguration, où il a célébré la prière dominicale, avec un groupe de prêtres, en présence de nombreux fidèles. Une grande banderole avait été déployée à l'entrée du lieu saint, portant sa photo et l’inscription : «Rmeich ouvre ses portes et ses cœurs à la visite de son pasteur suprême, porteur de la parole de Dieu et artisan d’unité et de paix». Des portraits de Mgr Raï avaient été accrochés dans les rues de la localité.
Le père Najib el-Amil, curé de Rmeich, a pris la parole pour souhaiter la bienvenue au patriarche et saluer « la résilience des habitants des villages de la frontière sud, notamment à Debel, Aïn Ebel, Qouzah et Rmeich, durant la récente guerre, malgré les circonstances difficiles qu’ils ont traversées, d’autant que les destructions de la guerre ont touché certaines de leurs localités, dévasté et incendié leurs terres agricoles ».
Le prêtre a ajouté : « Aujourd’hui, nous sommes sous occupation car nous sommes en retard sur les cinq points », réaffirmant la détermination des habitants de Rmeich à rester sur leurs terres. Israël occupe actuellement cinq collines jugées « stratégiques » le long de la frontière sud.
Le père Amil a également exprimé sa gratitude envers plusieurs responsables libanais qui «sont restés en contact permanent avec les habitants et les représentants de la communauté durant la guerre, afin de répondre à leurs besoins et exigences humanitaires».
Critique du Hezbollah, Béchara Raï appelle régulièrement le parti chiite à remettre son arsenal à l’État et s’est à plusieurs reprises opposé dans ses homélies dominicales à l’ouverture le 8 octobre 2023 par la formation pro-iranienne d’un « front de soutien à Gaza » depuis le Liban-Sud.
Après près d’un an d’échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et Israël, le conflit a dégénéré en guerre à grande échelle le 23 septembre 2024, avant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile le 27 novembre dernier. L’armée israélienne continue de violer quotidiennement les modalités de la trêve. Les attaques israéliennes depuis cette date ont fait au moins 303 morts, selon un bilan compilé par L’Orient-Le Jour à partir des chiffres du ministère de la Santé et de l’ONU.



Dans un violon.
11 h 34, le 11 août 2025