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Politique - Monopole Des Armes

Désarmement du Hezbollah : Raad évoque « un suicide », Geagea tend la main

 

Désarmement du Hezbollah : Raad évoque « un suicide », Geagea tend la main

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea (à g.), et le chef du bloc parlementaire du Hezbollah. Captures d’écran tirées des vidéos de leurs entretiens respectifs sur al-Jadeed et Al-Manar.

Alors que les partisans du Hezbollah lancent des manifestations dans leurs différents fiefs — la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et l’ouest de la Békaa — pour protester contre la décision du gouvernement d’approuver formellement la proposition américaine sur le monopole des armes, le chef du groupe parlementaire du parti, le député Mohammad Raad, a qualifié le désarmement de la « résistance » de « suicide », appelant le gouvernement à revoir sa position.

Dans un long entretien accordé à la chaîne du parti chiite, al-Manar, il n’a pas cependant directement attaqué le président de la République Joseph Aoun, qui soutient la décision du cabinet, ni l’armée libanaise, chargée d’élaborer un calendrier pour organiser le désarmement.

S’exprimant de son côté sur la chaîne al-Jadeed, le chef des Forces libanaises, parti chrétien radicalement opposé au Hezbollah, a, lui, adopté un ton inhabituellement consensuel à l’égard de son adversaire politique. « Je salue les ministres chiites qui se sont retirés de la séance de manière démocratique et organisée », a-t-il déclaré. Selon d’autres propos rapportés par l’agence al-Markaziya, Samir Geagea a même tendu la main au parti chiite : « Nous sommes prêts à nous asseoir avec le Hezbollah dès qu’il annoncera qu’il va appliquer la décision du gouvernement concernant la remise de ses armes. Notre différend avec eux porte sur les armes, et une fois celles-ci remises, la situation deviendra une simple compétition politique normale », a-t-il précisé.

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« Nous ne nous suiciderons pas »

La décision ne semble pas en tout cas à l'ordre du jour du groupe parlementaire du Hezbollah, à en croire son chef. « Je ne veux pas rendre mes armes : remettre mes armes, c’est se suicider. Et nous ne nous suiciderons pas », a -t-il lancé, avant d'ajouter : « J’ai une question à poser : quelqu’un peut-il me dire, si je rends mes armes, qui assurera la souveraineté et protégera le pays ? » a ainsi déclaré Mohammad Raad au cours de son entretien à al-Manar. « Que le Conseil des ministres révise sa position ou qu'il en assume les conséquences », a-t-il encore menacé. Il a ajouté que la décision de retirer les armes est précipitée, imposée par des pressions extérieures, qu’elle n’est pas souveraine et qu’elle a perdu toute légitimité.

« Les armes de la résistance sont celles qui ont protégé le Liban de 1982 à 2025, qui ont libéré le pays, vaincu l’ennemi, instauré un équilibre de la dissuasion et fait échouer le projet expansionniste adverse. L’objectif de cette décision pourrait être de faire basculer le conflit vers un problème intérieur plutôt que libano-israélien. Il est possible que l’ennemi ait développé de nouvelles techniques, mais prétendre que cette arme n’a pas protégé le pays est une falsification de la réalité », a-t-il dit.

Le député a estimé qu’Israël était aussi « sous pression » parce qu’il ne parvenait pas à atteindre les objectifs de sa stratégie globale de domination régionale, malgré ses « victoires tactiques », ce qui explique son insistance à vouloir désarmer le Hezbollah. « Les Américains et les Israéliens insistent sur un calendrier pour exécuter ce qu’ils ont imposé au gouvernement, car le temps ne joue pas en leur faveur (...) L’ennemi n’a pas pu gérer un seul des fronts qu’il a ouverts », a-t-il lancé.

La garantie d'une paix civile

Au cours de son entretien à la chaîne al-Jadeed, Samir Geagea a pour sa part estimé que « tous les amis du Liban » l'auraient abandonné si le gouvernement n’avait pas approuvé la feuille de route américaine visant à rétablir le monopole de l’État sur les armes dans le pays, et donc à désarmer le Hezbollah. Le chef des FL a aussi souligné que Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam avaient « demandé à plusieurs reprises des garanties pour le Liban auprès de l’émissaire américain Thomas Barrack », qui a véhiculé la proposition américaine, et ce dernier avait offert « le maximum possible ».

Sur le terrain entre-temps, les partisans du Hezbollah ainsi que ceux du mouvement Amal, deuxième composante du tandem chiite, ont organisé des cortège de voitures et de mobylettes à Baalbeck, au Hermel, à Sohmor, Ghaziyé, Tyr, et dans la banlieue-sud de Beyrouth. Selon notre correspondante Sarah Abdallah, des partisans du parti pro-iranien ont bloqué dans la soirée l’autoroute Rayak-Baalbeck avec des pneus enflammés, alors que l’armée libanaise avait fermé cette même voie au niveau du rond-point de Tamine et de l’intersection de l’hôpital Rayak, au début de la manifestation. L’armée libanaise a aussi empêché un cortège de partisans du Hezbollah et du mouvement Amal d’entrer dans la localité de Maghdouché, au sud-est de Saïda, afin d’éviter tout contact ou incident. Elle a également bloqué tous les accès de la banlieue-sud de Beyrouth, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.

Interrogé sur la réaction de la rue à la décision du Conseil des ministres, Samir Geagea a joué l'apaisement. « Personne ne souhaite recourir à la rue, et les déclarations des responsables du Hezbollah ne sont pas de nature à provoquer une escalade… Toutefois, le président Aoun a donné au Hezbollah une période de 7 mois avant que le gouvernement ne prenne sa décision concernant la monopole des armes », a-t-il expliqué. La réponse du chef du groupe parlementaire chiite a été moins rassurante. « Nous sommes soucieux de la paix civile, mais après cette décision, nous ne savons pas quelle garantie il y a pour cette paix civile », a déclaré Mohammad Raad.

Alors que les partisans du Hezbollah lancent des manifestations dans leurs différents fiefs — la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et l’ouest de la Békaa — pour protester contre la décision du gouvernement d’approuver formellement la proposition américaine sur le monopole des armes, le chef du groupe parlementaire du parti, le député Mohammad Raad, a qualifié le désarmement de la « résistance » de « suicide », appelant le gouvernement à revoir sa position.Dans un long entretien accordé à la chaîne du parti chiite, al-Manar, il n’a pas cependant directement attaqué le président de la République Joseph Aoun, qui soutient la décision du cabinet, ni l’armée libanaise, chargée d’élaborer un calendrier pour organiser le désarmement.S’exprimant de son côté sur la chaîne al-Jadeed, le chef des...
commentaires (23)

Le médiéval ne mérite qu’une justice médiévale. Le gouvernement doit agir d’une main ferme.

Cedrus Fidelis

09 h 35, le 11 août 2025

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Commentaires (23)

  • Le médiéval ne mérite qu’une justice médiévale. Le gouvernement doit agir d’une main ferme.

    Cedrus Fidelis

    09 h 35, le 11 août 2025

  • Que peut-on faire contre l’endoctrinement total d’une base qui retourne dans ses villages avec les doigts en V, signe de victoire, tout en foulant les ruine de leurs maisons et l'anéantissement de toute une vie de travail…

    CW

    06 h 15, le 10 août 2025

  • La main tendue d'un meurtrier n'est pas digne de confiance.

    Jamil Moussa

    15 h 43, le 09 août 2025

  • All Raad's blabber about protecting lebanon and dissuasion force is but a figment of his imagination.

    EL KHALIL ABDALLAH

    13 h 46, le 09 août 2025

  • Le Raed tonne du vent ! Dans le projet Americain presente par Barrack et accepte par le Gouvernement il y a tout ce qu,ils reclament les tandemistes. Stop l,hypocrisie. Vous executez toujours les ordres des Ayatollahs. - Quant a la main tendue par Geagea, saisissez cette chance les tandemistes.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 44, le 09 août 2025

  • Raad si tu peux juste protéger ta maison alors je te laisserai protéger le Liban !

    Adnan

    11 h 45, le 09 août 2025

  • Geagea doit faire attention et limiter ses interventions face à ce parti qui pourrait, sur un malentendu, les prendre pour de la faiblesse et faire monter encore plus les enchères. Il ne faut lui donner aucune occasion pour renégocier le dépôt de ses armes. Cela devrait être une décision libanaise qui sonne comme un ordre, et à lui seul de décider de l’exécuter ou de perdre cette guerre après avoir perdu toutes les batailles qui l’ont précédées. Ces gens ne maîtrisent pas la langue du dialogue. Ils sont connu pour leur monologue incompréhensible jusqu’à ce qu’on leur montre les limites à ne p

    Sissi zayyat

    10 h 56, le 09 août 2025

  • Raad a le devoir de nous citer une seule victoire de toutes les guerres que son parti a provoqué contre Israël, pour défendre les autres pays depuis nos frontières exposant ainsi ses partisans et les autres libanais à une mort certaine et la ruine de notre pays. Elles ont toutes étaient menées sur un coup de tête et se sont soldées par un cessez-le-feu, engendrant des destructions en masse et des morts par milliers. Alors quand est ce ce parti a défendu notre pays qui n’a jamais été attaqué par d’autre que lui? La guerre de la montagne, l’invasion de chyah, Achrafieh c’était pour combattre Is

    Sissi zayyat

    10 h 23, le 09 août 2025

  • Ce brave monsieur Raad déclare entre autre et sans ambages : « J’ai une question à poser : quelqu’un peut-il me dire, si je rends mes armes, qui assurera la souveraineté et protégera le pays ? » C'est d'un cynisme et d'une mauvaise Foix absolus. Je lui retourne la question : Est-ce qu'il peut nous dire comment serait le Liban aujourd'hui s'il lui est ses acolytes sous ordres Iraniens n'avaient pas menés cette guerre absurde contre Israël ? A l'entendre lui qui a piétiné l'état nous vend qu'il nous a sauvé à gagner notre souveraineté. Entendre ces mots est tout simplement une insulte aux Liban

    Zeidan

    09 h 34, le 09 août 2025

  • C’est vrai que rendre leur ms armes c’est de suicider, car ils n’ont pu prospérer , voire exister tout simplement, qu’à travers le port des armes, la menace milicienne , et le coup d’Etat permanent contre les Institutions et le pays ! Le Hezbollah avoue implicitement, qu’il n’est rien qu’une simple milice !

    LeRougeEtLeNoir

    09 h 13, le 09 août 2025

  • Je salue tous ces philosophes politiques qui écrivent ces commentaires à sens unique, comme si l'autre moitié du Liban n'exisitat jamais. Rien n'a changé depuis 1975. On y retourne peut-être. Et là, ce ne sera plus l'émigration au Canada, mais le départ pour une autre planète...

    Raed Habib

    09 h 06, le 09 août 2025

  • Il ne faut jamais tendre la main à quelqu’un qui a un pistolet. Le désarmer d’abord et puis lui faire comprendre qu’il ne s’armera plus jamais, puis s’ouvrir à lui.

    AFL

    08 h 47, le 09 août 2025

  • Un suicide ? Ps tout à fait, mais presque. La charte fondatrice du Hezbollah précisait ses deux buts : destruction de l’Etat d’Israël, et instauration au Liban d’une république islamique. Sans armes, le premier doit être abandonné. Quant au second, même si une modification ultérieure de la charte précisait que ce régime théocratique ne devait pas être imposé par la force, toute décision politique était prise sous l’épée de Damoclès que constituait son arsenal. Quand on a, des décennies durant tenu le Liban dans une poigne de fer, devenir un parti comme les autres est, on le comprend, déchirant

    Yves Prevost

    08 h 00, le 09 août 2025

  • Mr Raad a pose une question très pertinente. Si je rends les armes qui va assurer la souveraineté et protéger le pays? c'est pourtant tres simple Mr Raad ,c'est bien celui qui censé le faire .Essayez de vaquer a vos occupations et de chouchoutez vos petits enfants , vous serez certainement plus heureux.

    Jimmy Barakat

    07 h 03, le 09 août 2025

  • Que ce menteur lugubre nous cite le nom de la bataille divine qui a libéré le Liban en 2000. Il ne peut pas car elle n’existe pas. Israël s’est retiré unilatéralement. Toute cette “résistance” sectaire de malheur c’était des mensonges éhontés. Lui et ses comparses stupides ont ramené l’énnemi chez nous. Et il veut encore garder ses joujoux de malheur ? Geagea tend la main…vers le bas. Lorsqu’un homme est à terre, on lui doit secours. Finito la musica .

    Goraieb Nada

    06 h 47, le 09 août 2025

  • J’ai une question à poser : quelqu’un peut-il me dire, si je rends mes armes, qui assurera la souveraineté et protégera le pays ? Demande le responsable chiite, mais on est en droit de se poser une autre question, avec ses armes qu'a fait le hezbollah, autres que ruines et desolations, afin de "protéger " le pays ?

    C…

    03 h 57, le 09 août 2025

  • Il se trompe Samir Geagea. Les organisations criminelles comme hezballah considèrent toute main tendue comme un signe de peur. Ce sont des neanderthaliens de la politique et loin d'être des humanistes

    Moi

    02 h 06, le 09 août 2025

  • Comme beaucoup des lecteurs de L‘OLJ, je suis un enfant de la guerre. En 1983, j‘avais 21 ans, j‘étais plein d‘espoir en l‘avenir du pays, je me revoyais revenir bientôt, après mes études d‘ingénieur, et participer à la reconstruction et à l‘avenir du pays. Le Hezb avait d’autres plans. J‘ai 63 ans aujourd‘hui. Les 2/3 de ma vie, mes efforts et mon énergie ont été dépensés à bâtir un pays tiers, le Canada qui m‘a accueilli et auquel je dois (presque) tout. J‘aimerais quand même „rentrer chez moi“ pour mes vieux jours. Est-ce que je peux espérer le faire? Seulement si le Hezb rend les armes.

    Alain

    00 h 04, le 09 août 2025

  • Quand à l‘argument que „les armes de la résistance ont protégé le Liban de 1982 à 2025“, c‘est vraiment n‘importe quoi. En 1983, il y avait un accord entre Israël et le Liban qui prévoyait le retrait d‘israël et une normalisation entre les deux pays. C‘est les armes et l‘intransigeance du Hezbollah qui ont fait échouer cet accord, ce qui a retardé le départ des Israéliens jusqu‘à l‘an 2000, C’est ces mêmes armes qui ont invité les Israéliens à revenir, tant en 2006 que l‘an passé. Sans ces armes, sans le Hezbollah, tous les Libanais auraient pu jouir de 42 ans de paix et rebâtir le pays.

    Alain

    23 h 55, le 08 août 2025

  • M. Raad vit dans une bulle. Il est vrai qu‘il y a des pressions externes pour le désarmement du Hezbollah, mais c‘est aussi exigé par la majorité des Libanais. Je lui demande: Qu‘est-ce qui est plus suicidaire, maintenir le statut quo et se faire éliminer un à un par des drones Israéliens, ou remettre ses armes et se mettre sous la protection de l‘armée libanaise? Aucun pays au monde n‘accepte rait ce que le Hezbollah exige, même pas l‘Iran. S‘il y avait une force militaire en Iran indépendante de l‘État iranien, elle se ferait massacrer séance tenante.

    Alain

    23 h 45, le 08 août 2025

  • Nous sommes à une croisée des chemins. Les armes non étatiques ont démontré leur limite. Donnons une chance à l'armée libanaise pour défendre notre pays. Et si elle échoue, alors ce sera une autre histoire.

    PPZZ58

    23 h 36, le 08 août 2025

  • Monsieur Tonnerre est dans son délire habituel qui n’a tristement aucune cure.

    Wow

    23 h 36, le 08 août 2025

  • Les armes ne peuvent plus servir contre Israël après l’accord que le Hezbollah a signé avec la dernière guerre. Il n’y a plus de résistance armée. S’ils ne donnent pas les armes à l’armée libanaise, les autres composantes du pays auraient le droit de s’armer de nouveau…

    Alexandre Husson

    23 h 22, le 08 août 2025

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