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Politique - Désarmement Du Hezbollah

Comment la presse libanaise a commenté l'adoption du « plan Barrack »

Le quotidien « al-Akhbar », proche du Hezbollah, qualifie le gouvernement de « cabinet ben Farhane », en allusion au chef de la diplomatie saoudienne.

Comment la presse libanaise a commenté l'adoption du « plan Barrack »

La réunion gouvernementale au Palais présidentiel de Baabda, le 7 août 2025. (Crédit : Mohammad Yassin/L'Orient Today)

À l'instar des suites du Conseil des ministres de mardi, la réunion gouvernementale de jeudi, au cours de laquelle le cabinet de Nawaf Salam a adopté les « objectifs » de la feuille de route proposée par l’émissaire américain Tom Barrack pour restaurer le calme entre le Liban et Israël, a divisé la presse libanaise entre organes saluant la mesure et journaux pro-Hezbollah critiquant ouvertement le pouvoir. Pour marquer leur désapprobation, les ministres du tandem chiite, ainsi que le ministre chiite Fadi Makki qui ne relève ni du Hezbollah ni du mouvement Amal, s'étaient retirés de la réunion lors des discussions sur le plan.

La feuille de route américaine appelle à « mettre progressivement fin à la présence armée de toutes les factions non étatiques, y compris le Hezbollah, sur l’ensemble du territoire libanais, au sud et au nord du Litani », parmi une série de 11 mesures visant à assurer la bonne mise en application des modalités du cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024 entre Israël et le parti-milice chiite.

C'est dans ce contexte que, vendredi matin, le quotidien Nidaa el-Watan, proche des Forces libanaises (FL), a titré avec une photo montrant les ministres chiites ayant quitté la réunion du cabinet et un titre les accusant d'être en « rupture avec le consensus national ». Le journal va jusqu’à affirmer que les ministres chiites recevaient des instructions via WhatsApp pendant la séance du cabinet : « Il est apparu qu’ils étaient partagés entre participer à la discussion et consulter les instructions reçues sur WhatsApp ». Le quotidien An-Nahar a également salué la décision du gouvernement, titrant : « La résolution décisive progresse, et le plan Barrack surmonte les obstacles ». Le journal relève que, malgré leur opposition, le Hezbollah et Amal ne sont pas allés cette fois jusqu’à présenter leur démission et se retirer du gouvernement, comme ils l’avaient fait en 2006 après l’échec des discussions sur la formation d’un gouvernement d’union nationale au sein du cabinet de Fouad Siniora.

En parallèle, le quotidien modéré al-Joumhouriya a adopté une position plus nuancée, estimant que le retrait des ministres chiites du conseil des ministres pour la seconde fois exposait le gouvernement à un « bouleversement de l’équilibre du Pacte national ».

« Gouvernement Ben Farhane » et diktats américains

De l’autre côté de l’échiquier politique, les critiques à l’égard du gouvernement se sont avérées particulièrement sévères. Le quotidien pro-Hezbollah al-Akhbar a qualifié ce qui s’est produit lors de la séance de « coup d’État », un terme déjà utilisé en début de semaine par la publication. « Barrack a félicité Aoun et Salam pour le coup d’État », a écrit le journal, qui est allé jusqu’à surnommer le cabinet « gouvernement Ben Farhane », en référence au ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane Al-Saoud. « Le Liban demeure sous l’emprise du coup d’État mené par les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam lors de la séance ministérielle du 5 août », affirme le journal, ajoutant qu’il s’agit d’une « capitulation complète aux diktats américano-saoudiens ».

Dans le même ton, ad-Diyar, un journal autrefois réputé proche du régime syrien de Bachar el-Assad, estime que les principes du « Pacte national » sont tombés pour la première fois sous le premier gouvernement du mandat présidentiel actuel. « Il s’agit d’un avertissement précoce qui aura des conséquences si le pays s’enfonce davantage dans les divisions, du fait d’une soumission aux diktats américains, Washington ayant réussi à transférer le problème sur la scène intérieure libanaise », indique le journal.

La publication al-Bina, affiliée au Parti syrien national social (PSNS), allié du Hezbollah, a dénoncé le fait que l'adoption de la feuille de route prouve que « les discours sur la souveraineté dans la rhétorique gouvernementale ne sont qu’un slogan utilisé à des fins de marketing, de promotion et de diversion ».

À l'instar des suites du Conseil des ministres de mardi, la réunion gouvernementale de jeudi, au cours de laquelle le cabinet de Nawaf Salam a adopté les « objectifs » de la feuille de route proposée par l’émissaire américain Tom Barrack pour restaurer le calme entre le Liban et Israël, a divisé la presse libanaise entre organes saluant la mesure et journaux pro-Hezbollah critiquant ouvertement le pouvoir. Pour marquer leur désapprobation, les ministres du tandem chiite, ainsi que le ministre chiite Fadi Makki qui ne relève ni du Hezbollah ni du mouvement Amal, s'étaient retirés de la réunion lors des discussions sur le plan.La feuille de route américaine appelle à « mettre progressivement fin à la présence armée de toutes les factions non étatiques, y compris le Hezbollah, sur l’ensemble du territoire libanais,...
commentaires (2)

Il ne peut pas y avoir de souveraineté tant qu‘il y aura des forces paramilitaires armées jusqu‘au dents, qui ne se soumettent pass à l‘autorité de l‘état. Notez que ça vaut tant pour le Hezbollah et ses alliés, que pour les milices palestiniennes, le PSNS, le Kataëb, Forces Libanaises, Marada et j‘en passe. Personne sauf l‘armée libanaise ou les forces de l‘ordre (FSI, police, etc) affiliées et sous le contrôle de l‘état ne devrait avoir d‘arme qu‘elle qu‘elle soit, sauf peut-être un fusil de chasse (et encore, avec permis, pour les vrais chasseurs).

Alain

00 h 15, le 09 août 2025

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Commentaires (2)

  • Il ne peut pas y avoir de souveraineté tant qu‘il y aura des forces paramilitaires armées jusqu‘au dents, qui ne se soumettent pass à l‘autorité de l‘état. Notez que ça vaut tant pour le Hezbollah et ses alliés, que pour les milices palestiniennes, le PSNS, le Kataëb, Forces Libanaises, Marada et j‘en passe. Personne sauf l‘armée libanaise ou les forces de l‘ordre (FSI, police, etc) affiliées et sous le contrôle de l‘état ne devrait avoir d‘arme qu‘elle qu‘elle soit, sauf peut-être un fusil de chasse (et encore, avec permis, pour les vrais chasseurs).

    Alain

    00 h 15, le 09 août 2025

  • Coup d’Etat permanent du Hezbollah contre les Institutions et le pays !!

    LeRougeEtLeNoir

    18 h 21, le 08 août 2025

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