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Politique - Conférence De Presse

Ghazi Zeaïter exige une enquête sur les affrontements à Baalbeck

Une opération de l'armée a entraîné mercredi la mort de trois trafiquants de drogue. Le député du bloc Amal assure qu'elle a « mis en danger des innocents ».

Ghazi Zeaïter exige une enquête sur les affrontements à Baalbeck

Le député Ghazi Zeaïter au cours de sa conférence de presse à Baalbeck, le jeudi 7 août 2025. Photo envoyée par Sarah Abdallah

Le député Ghazi Zeaïter a tenu jeudi une conférence de presse pour s’insurger contre une opération de l’armée libanaise la veille, dans le quartier de Charaouné à Baalbeck, qui a entraîné la mort de trois grands trafiquants de drogue. « J’ai mené ma propre enquête après avoir lu le communiqué de l’armée, et je me suis rendu compte qu’il ne reflétait pas la réalité, et que certaines des victimes dans la voiture visée n’ont rien à voir avec le trafic de drogue », a-t-il dénoncé.

L’armée avait confirmé la veille que trois personnes avaient été tuées dans des affrontements entre ses hommes et des narcotrafiquants présumés, dont le tristement célèbre « Abou Sallé », alias Ali Mounzer Zeaïter, en fuite depuis de précédents affrontements avec la troupe, qui avaient coûté la vie à un soldat en 2022. Dans son communiqué, l’armée avait certifié que les trois tués sont « des trafiquants de drogue figurant parmi les plus influents et les plus dangereux du pays ». Aux côtés d’ « Abou Sallé » se trouvaient un homme surnommé « le Sultan » ainsi que « F.Z. ». Les trois hommes étaient recherchés « pour le meurtre de militaires, des enlèvements, des tirs contre des postes et patrouilles de l’armée, ainsi que pour des vols à main armée », toujours selon le communiqué.

Malgré toutes ces précisions de l’armée, Ghazi Zeaïter a tenu à considérer que l’opération de l’armée a mis en danger des « innocents ». « La voiture a été la cible d’une roquette, et ce qu’on en a vu à la suite de l’opération en est la preuve, d’où le fait qu’il ne s’agit pas d’un affrontement comme l’armée le décrit, mais d’une mise à mort sans procédure judiciaire », a-t-il lancé.

« Les suspects recherchés devraient être arrêtés et interrogés, pas ciblés à partir d’un drone », a poursuivi le député d’Amal, ajoutant cependant que « personne n’est au-dessus de la loi ». Il a par ailleurs assuré que « des enfants de notre clan ont été blessés dans les maisons alentour alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les suspects, et c’est ce que l’enquête devrait montrer ». « N’importe qui aurait pu se trouver dans cette voiture », a-t-il ajouté.

Malgré ses critiques envers l’armée, le député a réaffirmé son attachement et celui de son clan à l’institution militaire. Il a cependant demandé publiquement au président de la République Joseph Aoun, qui dirigeait l’armée avant son élection, au ministre de la Défense Michel Menassa, et au commandant en chef de l’armée Rodolphe Haykal, « d’ouvrir une enquête sur cette opération, en vue d’en élucider toutes les zones d’ombre ».

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Ce n’est pas la première fois que Ghazi Zeaïter, lui-même pointé du doigt dans la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 en tant qu’ancien ministre et ayant jusque-là refusé de comparaître, s’insurge contre le ciblage de celui qui était son cousin éloigné, Ali Mounzer Zeaïter. En juin 2022 déjà, il avait critiqué une opération de l’armée qui avait alors blessé Abou Sallé, qui lui-même avait tué un soldat, en estimant qu’il s’agissait d’un « phénomène bizarre » qui avait « fait des blessés parmi les innocents ».

Le député Ghazi Zeaïter a tenu jeudi une conférence de presse pour s’insurger contre une opération de l’armée libanaise la veille, dans le quartier de Charaouné à Baalbeck, qui a entraîné la mort de trois grands trafiquants de drogue. « J’ai mené ma propre enquête après avoir lu le communiqué de l’armée, et je me suis rendu compte qu’il ne reflétait pas la réalité, et que certaines des victimes dans la voiture visée n’ont rien à voir avec le trafic de drogue », a-t-il dénoncé.L’armée avait confirmé la veille que trois personnes avaient été tuées dans des affrontements entre ses hommes et des narcotrafiquants présumés, dont le tristement célèbre « Abou Sallé », alias Ali Mounzer Zeaïter, en fuite depuis de précédents affrontements avec la troupe, qui avaient coûté la vie à un...
commentaires (4)

Sa maison s’écroule sous ses pieds.

Wow

00 h 10, le 08 août 2025

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Commentaires (4)

  • Sa maison s’écroule sous ses pieds.

    Wow

    00 h 10, le 08 août 2025

  • L’armée lui a éliminé des amis chers qui lui rapportaient beaucoup de fric sans doute.

    Lecteur excédé par la censure

    18 h 37, le 07 août 2025

  • Il a mené sa propre enquête, rien que ça. Il est député ou Sherlock Holmes..Suffit les voix dissonantes à chaque fois que l’état essaie de reprendre ses droits. Il va falloir vous habituer, cher député, ainsi que tous les autres détectives en herbe qui se démènent pour protéger leurs ressources et leur pouvoir illicites. C’est dorénavant du passé.

    Sissi zayyat

    17 h 59, le 07 août 2025

  • Ni Zeaïter ni aucun autre leader politique n’a le droit de s’élever contre notre armée qui sait ce qu’il en est et agit selon la feuille de route du nouveau gouvernement. S’il n’est pas content, qu’il démissionne puisqu’il n’est pas capable de contrôler les trafiquants de drogue et refuse que l’état le fasse à sa place. Certains préfèrent s’enrichir sur le dos des citoyens quelque soit la source de l’arme et qui leur profite. Si une enquête devrait avoir lieue, ce serait sur tous les représentants de la nation qui acceptent l’inacceptable.

    Sissi zayyat

    17 h 39, le 07 août 2025

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