Le président libanais Joseph Aoun arrivant à une réunion du Conseil des ministres à Baabda, le 5 août 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi dans un entretien à la presse, que le gouvernement de Nawaf Salam, allait « finaliser » les décisions concernant la reprise du monopole des armes aux mains de l'Etat, lors de sa réunion jeudi, deux jours après une décision gouvernementale de parvenir à récupérer ce monopole, y compris en démantelant l'arsenal du Hezbollah, d'ici la fin de l'année.
S'exprimant au micro des chaînes al-Hadath et al-Arabiya, le chef de l'Etat a affirmé que « le monopole des armes sera réalisé, quels que soient les difficultés et les obstacles ». Dans ce cadre, les autorités attendent donc le plan de l'armée « afin d'en débattre et de l'approuver », a-t-il ajouté, alors que la troupe a été mandatée mardi pour établir ce plan et le présenter au cabinet avant la fin du mois d'août.
« Le monopole des armes ne porte pas atteinte à la souveraineté »
Dans ce cadre, le Conseil des ministres, qui s'est tenu jeudi alors que le tandem chiite a exprimé son refus de tout désarmement du Hezbollah, devra permettre de « finaliser la prise des décisions attendues concernant le monopole des armes », a souligné Joseph Aoun. Il a confirmé que cela permettrait « d'avancer vers la mise en œuvre des engagements pris » dans son discours d'investiture, en janvier, et dans la déclaration ministérielle du gouvernement Salam. Récupérer l'exclusivité des armes aux mains de l'Etat et l'armée libanaise « ne porte pas atteinte aux droits et à la souveraineté du Liban », a assuré M. Aoun.
Mercredi, le Hezbollah avait dénoncé un « péché grave » du gouvernement concernant la décision de le désarmer, tandis que son allié Amal avait reproché au gouvernement de « faire davantage de concessions gratuites à l’ennemi » au lieu de « concentrer ses efforts sur la consolidation du cessez-le-feu et de mettre fin à la machine de mort israélienne ». Les ministres Tamara el-Zein et Rakan Nassereddine, relevant de la quote-part du tandem au sein du gouvernement, avait quitté mardi la réunion gouvernementale au moment des discussions sur le désarmement.
Accord de la Syrie et d'Israël
Par ailleurs, le président libanais a estimé que la mise en œuvre éventuelle par le Liban de la feuille de route présentée à Beyrouth par l'émissaire américain Tom Barrack, pour un respect des modalités du cessez-le-feu entré en vigueur depuis novembre 2024, « nécessite également l'accord de la Syrie et d'Israël, avec des garanties américaines et françaises », et pas uniquement des engagements libanais. Ce document prévoit, outre le désarmement des milices, le lancement de réformes et la démarcation de la frontière avec la Syrie.


Si les chiites veulent se retrouver du mauvais côté de l’histoire en refusant de se ranger, qu’ils ne se plaignent pas d’être marginalisés. Le monopole des armes doit avoir lieu avec ou sans eux, la majorité a tranché
18 h 31, le 07 août 2025