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Société - Justice

Un influenceur gabonais d'origine libanaise arrêté à Beyrouth pour chantage contre le président du Gabon

Le jeune homme de 25 ans aurait exigé environ dix millions de dollars pour ne pas diffuser des vidéos compromettantes de Brice Clotaire Oligui Nguema.

Un influenceur gabonais d'origine libanaise arrêté à Beyrouth pour chantage contre le président du Gabon

Une photo de Nazih el-Azzi, tirée de son compte Facebook

Un influenceur gabonais d'origine libanaise, Nazih Marwan el-Azzi, connu sous le pseudonyme de Nazih sur les réseaux sociaux, a été interpellé début août à Beyrouth par la Sûreté générale à la demande des autorités gabonaises, selon un communiqué de la SG et une source sécuritaire gabonaise citée par RFI (Radio France Internationale). Le jeune homme de 25 ans est accusé d’avoir tenté de faire chanter le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, en exigeant la somme de six milliards de francs CFA – soit environ dix millions de dollars – en échange de la non-diffusion de contenus qu’il qualifie de « compromettants » à l'encontre du président lui-même et de personnalités influentes du régime gabonais, selon plusieurs médias internationaux et les publications de l'influenceur sur Facebook.

« La Direction générale de la Sûreté générale a arrêté le citoyen libanais Nazih Marwan el-Azzi pour avoir porté atteinte aux relations diplomatiques entre l'État libanais et l'État gabonais, ce qui a menacé les intérêts de la communauté libanaise au Gabon », peut-on lire dans un communiqué de l'institution publié le 1ᵉʳ août.

Cette arrestation fait suite à la publication par Nazih d’un premier enregistrement audio de ce qu'il a présenté comme une conversation privée entre lui et le chef de l’État gabonais. Une fuite qui aurait mis en alerte les autorités de Libreville, d’autant que l’influenceur affirme détenir pas moins de 46 autres enregistrements et 14 vidéos « sensibles ».

Cette tentative de chantage, rendue publique sur les réseaux sociaux, a provoqué un tollé au Gabon et dans les pays voisins. La communauté libanaise du Gabon, établie dans le pays d'Afrique centrale depuis plusieurs générations, a tenu, quant à elle, à se désolidariser de son jeune compatriote, appelant au respect des institutions gabonaises. « La communauté libanaise du Gabon condamne avec force et vigueur le comportement du sieur Nazih, considéré comme une brebis galeuse et égarée, qui porte atteinte à l’harmonie sociale », a écrit son président Hassan Mezher Nfoumou dans un communiqué, tout en affirmant « sa totale déférence » envers le président gabonais.

Nazih, qui avait déjà été brièvement interpellé puis relâché par les services de sécurité gabonais avant de quitter Libreville, a récidivé une fois arrivé au Liban en promettant de nouvelles révélations contre Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le président gabonais Brice Oligui Nguema s'exprimant lors d'un déjeuner multilatéral avec le président américain Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2025. Jim Watson/AFP
Le président gabonais Brice Oligui Nguema s'exprimant lors d'un déjeuner multilatéral avec le président américain Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2025. Jim Watson/AFP


Possible extradition vers le Liban

La présidence gabonaise n'a toujours pas officiellement réagi à cette affaire. Selon RFI, des sources judiciaires à Libreville ont indiqué que les autorités se préparaient à ouvrir une enquête pénale dès l’arrivée de Nazih el-Azzi sur le territoire.

Bien qu'il n'existe aucun accord de coopération judiciaire entre Beyrouth et Libreville, les deux pays seraient en train de négocier un terrain d'entente pour envisager un retour de Nazih Marwan el-Azzi vers le Gabon, où il pourrait être poursuivi pour « corruption en bande organisée, chantage et injures publiques », selon des médias gabonais. Contactée par L'Orient-Le jour, la Sûreté générale n'a pas immédiatement répondu à nos sollicitations, alors qu'une extradition d'un ressortissant libanais vers un pays étranger est interdite selon le droit libanais.

Le Libano-Gabonais, qui cumule plusieurs dizaines de milliers d'abonnés sur ses réseaux sociaux comme TikTok, Facebook et YouTube, a défrayé la chronique au Gabon après ses vidéos critiques à l'encontre des autorités gabonaises. Il se présente tantôt comme un militant anticorruption, tantôt comme une victime du « régime mafieux », selon ses propos. « J'ai demandé six milliards au chef, et ils m'ont proposé une rente mensuelle pour que je me taise », a-t-il affirmé dans l'un de ses derniers audios publiés le 1er août 2025 avant son arrestation.

Des opposants politiques au président Oligui Nguema, largement élu lors des dernières élections en avril 2025 deux ans après le putsch militaire qu'il a mené contrer l'ancien président Ali Bongo, accusent le jeune homme d'être un ancien collaborateur de la Direction générale des services spéciaux (DGSS) gabonaise, avant de se retourner contre le pouvoir actuel.

Nazih el-Azzi avait pourtant posté jusqu'au 11 juillet dernier des messages laudatifs envers le chef de l'État gabonais. « Le retour triomphal du Président Oligui : un peuple marche pour son leader », avait-il écrit le jour du retour d'Oligui Nguema des États-Unis, où il s'était entretenu avec plusieurs autres présidents africains avec Donald Trump à la Maison-Blanche.

Des photos de son passeport libanais, indiquant qu'il est né en 2000 à Nabatiyé el-Faouqa, et de son père, Marwan el-Azzi, circulent également sur les réseaux sociaux gabonais.

Un influenceur gabonais d'origine libanaise, Nazih Marwan el-Azzi, connu sous le pseudonyme de Nazih sur les réseaux sociaux, a été interpellé début août à Beyrouth par la Sûreté générale à la demande des autorités gabonaises, selon un communiqué de la SG et une source sécuritaire gabonaise citée par RFI (Radio France Internationale). Le jeune homme de 25 ans est accusé d’avoir tenté de faire chanter le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, en exigeant la somme de six milliards de francs CFA – soit environ dix millions de dollars – en échange de la non-diffusion de contenus qu’il qualifie de « compromettants » à l'encontre du président lui-même et de personnalités influentes du régime gabonais, selon plusieurs médias internationaux et les publications de l'influenceur sur...
commentaires (2)

En voilà un, qui a pris la grosse tête, se croyant au dessus des lois et se comportant comme si les présidents de la république sont tous des Mous et mollusques à l'instar de ceux au Liban. Ce libanais de Nakoura devrait revenir sur terre et retrouver sa taille normale....cad...En prison ( quelques soient les infos en sa posséssion, il restera tjrs un délinquant et maître chanteur ).

LE FRANCOPHONE

02 h 17, le 08 août 2025

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Commentaires (2)

  • En voilà un, qui a pris la grosse tête, se croyant au dessus des lois et se comportant comme si les présidents de la république sont tous des Mous et mollusques à l'instar de ceux au Liban. Ce libanais de Nakoura devrait revenir sur terre et retrouver sa taille normale....cad...En prison ( quelques soient les infos en sa posséssion, il restera tjrs un délinquant et maître chanteur ).

    LE FRANCOPHONE

    02 h 17, le 08 août 2025

  • Le Gabon fait partie de l'Afrique Centrale.

    Saliba Patricia

    10 h 03, le 07 août 2025

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