Un militant du Hezbollah tire en l'air dans la banlieue sud de Beyrouth, en guise de célébration, le 27 novembre 2024 lors de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Une délégation du Hezbollah, menée par le député Ali Fayad, s'est entretenue mardi avec le chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil, dont elle avait rencontré le beau-père, l'ancien président Michel Aoun, la veille, au sujet de la nécessité du retrait israélien du Liban-Sud, du retour des prisonniers libanais et de la reconstruction des zones ravagées par la récente guerre contre Israël.
Cette réunion intervient quelques heures avant un Conseil des ministres décisif qui devrait aborder la question du désarmement du parti chiite. Ce dernier ne refuse pas le principe d’un débat sur le monopole des armes par l’État, mais il conditionne tout désarmement à un retrait préalable des Israéliens et à l’arrêt des violations du cessez-le-feu, ainsi que la libération des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction après la récente guerre. Dans une vidéo publiée lundi soir, le Hezbollah a affirmé que la résistance était « le seul choix et soutien à l'armée libanaise ». Des contacts politiques se sont poursuivis lundi soir afin de parvenir à une formule que le gouvernement pourrait adopter mardi.
« Nous avons discuté avec le chef du CPL de nombreuses questions, notamment la poursuite de l’agression israélienne contre le Liban, et nous avons partagé nos points de vue sur les dangers actuels et potentiels auxquels le pays est confronté », a souligné le député Fayad. Il a aussi indiqué que « le pire danger auquel le Liban est exposé est de transformer le conflit d’un problème libano-israélien en un problème libano-libanais », estimant que « plus la position intérieure libanaise est unifiée, plus nous sommes capables de limiter les risques pour le pays ».
L'élu a aussi précisé que « les dangers ne concernent pas une composante ou une région en particulier ». « Nous sommes conscients que la situation est délicate et difficile, mais le Liban ne doit pas renoncer à ses intérêts », a-t-il poursuivi. Et d'ajouter : « Nous voulons une position officielle libanaise unique et cohérente, et nous tenons tous aux priorités, notamment le retrait de l’ennemi israélien, le retour des prisonniers et le lancement de la reconstruction comme point de départ d’un processus de résolution que les Libanais mèneront entre eux ».
Il a enfin indiqué que le Hezbollah s'était accordé avec le Courant patriotique libre sur le fait que « l’opportunité est favorable pour construire un État, mais l’obstacle actuel est l’ennemi israélien et ses agressions, qui entravent le processus de redressement et de construction de l’État ».
Michel Aoun était allié avec le parti chiite lors de son mandat (2016-2022) avant que les liens ne se distendent entre le Courant patriotique libre (aouniste) et le parti jaune. Le CPL avait notamment fortement critiqué la décision du Hezbollah d'ouvrir un « front de soutien » au Hamas à Gaza, le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque meurtrière du mouvement palestinien en Israël et du début de l'offensive violente de l'armée israélienne sur l'enclave. Les relations entre les deux anciens alliés, qui avaient scellé leur entente le 6 février 2006, s'étaient également tendues en raison du soutien apporté par le parti chiite à une candidature à la présidence de Sleiman Frangié, opposant notoire du chef du CPL (et gendre de Michel Aoun), Gebran Bassil. Après plus de deux ans de vacance présidentielle, c'est finalement Joseph Aoun qui avait été élu, en janvier 2025.


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Il me semble pourtant que le Hezb devrait aspirer à faire de ce conflit une question libano-libanaise. Au moins, comme ça, il peut espérer certains égards, Si le conflit demeure une question libano-israélienne, je ne donne pas cher de leur peau.
17 h 03, le 06 août 2025