Selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux, un homme aurait tenté de s'en prendre à William Noun, dont le frère a été tué le 4 août 2020, après la marche populaire. Les forces de sécurité sont rapidement intervenues.
L'Orient-Le Jour a tenté de joindre M. Noun, qui n'a pas fait suite à notre demande de commentaire.
Le président français Emmanuel Macron, qui s’était rendu sur les lieux du drame deux jours après l’explosion, a indiqué dans un message sur son compte X qu’ « il y a cinq ans, l’explosion au port de Beyrouth déchirait le cœur du Liban et bouleversait le monde. Ce drame reste gravé dans nos mémoires. Nous n’oublions ni les victimes, ni la souffrance d’un peuple ami. Je me souviendrai à jamais de nos échanges le 6 août 2020 ».
Premier chef d’État à s’être déplacé à Beyrouth après la catastrophe, Emmanuel Macron a également assuré que « dans l’épreuve comme dans l’espérance, la France est et restera aux côtés du Liban, fidèle à son engagement pour sa reconstruction, sa sécurité et sa pleine souveraineté ». Son message était accompagné d’une photo prise lors de sa visite à Gemmayzé, le 6 août 2020, où on le voit enlaçant une personne.
Ghassan Salamé : L’engagement du gouvernement dans le dossier du 4-Août est sérieux
Le ministre de la Culture Ghassan Salamé a affirmé que l'engagement du gouvernement Salam dans le dossier du 4-Août était « sérieux ».
« Nous avons entamé une nouvelle démarche, qui consiste à établir un dialogue permanent avec les familles des victimes des explosions au port à la Bibliothèque nationale, et il est du devoir du gouvernement de les soutenir jusqu’à ce que justice soit faite », a-t-il souligné lors de la marche populaire.
« L’engagement du gouvernement dans ce dossier est sérieux, et nous croyons qu’il ne peut y avoir de justice sans vérité, ni de vérité sans l’indépendance de la justice », a ajouté le ministre.
Le rassemblement des proches des victimes a pris fin.
En image : Un drapeau libanais brandi par les proches des victimes devant les silos de Beyrouth, ravagés par les explosions meurtrières du 4 août. Matthieu Karam/L'OLJ
Photo Nemtala Eddé
La mère de Lara Hayek, qui est toujours dans le coma depuis 5 ans, a déploré que « personne ne se soucie » de l'état de sa fille. « Vous n'avez pas d'enfants ? Nous n’oublierons pas » le drame, a-t-elle souligné.
Témoignages de William Noun et Paul Naggear
William Noun, qui a perdu son frère, a remercié les ministres pour leur présence, notamment le ministre de la Santé Rakan Nassereddine. Il a toutefois souligné que les parents des victimes ne peuvent oublier ceux qui ont entravé l’enquête, notamment le camp du Hezbollah. S'adressant au juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête, il a souligné : « Si ton acte d’accusation ne va pas nous dire toute la vérité, allons manifester devant chez toi ».
De son côté, Paul Naggear, qui a perdu sa fille, a souligné que « lutter pour la justice est faux parce que c’est un droit ». « Personne ne nous avait aidé ce jour-là et il faut s’en souvenir, de la peur et de l’inquiétude », a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, le gouvernement comporte des personnes sur qui l’on peut compter, dont le ministre de la Justice. On ne peut plus attendre », a poursuivi M. Naggear, espérant que l'acte d’accusation sera « complet et définira toutes les responsabilités ».
Le député de Jbeil Simon Abi Ramia, ancien membre du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), a indiqué de son côté a souligné, lors de sa participation à la messe en mémoire des victimes de l’explosion, qu’« après cinq années d’attente, il est temps que l’acte d’accusation soit rendu. Ce retard ne fait qu’accentuer la douleur des familles et approfondir la blessure nationale. Cette dernière ne pourra guérir qu’avec l’établissement de la justice et la révélation de la vérité ».
Il a estimé que « l’explosion du port de Beyrouth a ébranlé les fondements de l’État et sapé la confiance dans ses institutions. La reddition de comptes n’est pas une option : elle constitue l’un des fondements essentiels de la reconstruction de l’État ».
Plusieurs proches des victimes se sont exprimés. Une femme, qui a perdu sa soeur, a revendiqué la vérité, déplorant que l'enquête sur le drame n'ait toujours pas abouti. Elle a aussi pointé du doigt le procureur général de l’époque, Ghassan Oueidate, qui avait lui-même été inculpé par le juge Bitar, et Ghazi Zeaïter, député du mouvement Amal, également convoqué par le magistrat, les qualifiant de « repris de justice ». Elle a enfin appelé les députés et ministres présents à la marche de ne plus faire parvenir des corrompus aux postes sensibles de l’État.
Un autre parent de victime a pris la parole : « Nous voulons la vérité à tout prix et que les coupables soient jugés ». Elle a aussi remercié le ministre de la Culture Ghassan Salamé d'avoir pris la décision d'inscrire les silos du port dans l'inventaire général des monuments historiques.
Une minute de silence est observée en mémoire des victimes du drame.
Témoignages de deux jeunes femmes prenant part à la mobilisation
Des participantes à la marche, Amélie et Théa, 21 ans, sont déçues du nombre de personnes présentes. « Tout le Liban devrait être là ! Sans solidarité, le pays n’avancera pas. Sans solidarité, on n’aura pas de justice. Tout le monde a été affecté, même si on ne connait pas les victimes, il faut montrer notre soutien », affirment-elles à notre publication.
En image : Les cortèges rassemblés à l'entrée du port de Beyrouth. Photo Matthieu Karam/L'OLJ
Les noms des victimes des explosions du 4-Août défilent sur un grand écran avec leurs photos, sous les applaudissements.
En image : Des proches des victimes brandissent des pancartes à l'entrée du port pour réclamer justice. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
En image : Des portraits de victimes du drame du 4-Août brandis par leurs proches. Matthieu Karam/L'OLJ
Le cortège qui est parti de la caserne des pompiers vient d’arriver à l'entrée du port où des chants patriotiques sont diffusés par des hauts parleurs.
La majorité des ministres participent à la marche populaire. Pour Claire Zaarour, qui a perdu son père Antoun, « ce n’est que du folklore ». « Ce qui me fait mal, c’est qu’il y ait de moins en moins de gens mobilisés. Je veux leur dire de ne pas perdre espoir. Je dois à mon père de continuer à militer pour la vérité », affirme-t-elle à L'OLJ.
Le ministre de la Santé Rakan Nassereddine participe à la marche aux côtés des familles victimes. Il affirme que sa présence signifie que le Hezbollah soutient les familles des victimes dans leur quête de vérité. Interrogé sur les entraves à l’enquête par son camp, il assure qu’il n’en est rien.
L’ancien ministre Michel Pharaon prend part à la marche, avec certaines personnes qui portent des pancartes avec son slogan « le Grand Beyrouth dénué d’armes ». Il affirme à L'OLJ: « Nous avons confiance dans la justice mais même l’acte d’accusation ne suffit plus, pour protéger la capitale des bombardements, des explosions et de la discorde, il faut que toutes les armes soient retirées de la capitale dans un premier temps, et de tout le Liban ».
Camille Mourani, responsable des relations politiques du Bloc national :
« Aujourd’hui, nous venons avec des sentiments mélangés, entre espoir qui ne sait pas s’affirmer et déception. Nous attendons toujours de voir des actions se joindre aux paroles, surtout en ce qui concerne la justice », a-t-il souligné.
Il a également souligné que baptiser une rue au nom des victimes du 4-Août n'était pas suffisant, appelant à une reddition des comptes.
Michel Moawad, grand-père d’Alexandra Naggear, tuée dans les explosions du 4 août 2020 :
« Je sens qu'on avance. On nous avait promis qu’on saura la vérité après cinq jours, et ça fait 5 ans… Mais on a plus d’espoir aujourd’hui avec le nouveau président, le nouveau gouvernement, la nouvelle atmosphère au niveau régional qui permet à l’enquête de se poursuivre », affirme M. Moawad à notre journaliste sur place Nemtala Eddé.
Photo Nemtala Eddé/L'OLJ
Le ministre de la Justice Adel Nassar à L’OLJ:
« C'est un moment très émouvant et poignant, qui nous montre la responsabilité qui pèse sur nos épaules pour que justice soit faite. Cela est un devoir. On ne peut laisser un crime impunis : en le laissant impunis, on nie l’existence même d’un État, incapable de répondre aux citoyens », a affirmé Adel Nassar à notre journaliste sur place Nemtala Eddé.
« Aujourd’hui on peut dire que les obstacles qui avaient entravé l’enquête ont été levés grâce à la coopération qui a repris entre le procureur général et le juge d’instruction », a ajouté le ministre, assurant que l'enquête allait se poursuivre. « Je ne peux pas donner de dates. Le dossier déterminera la date de parution de l’acte d'accusation, mais j’ai cru comprendre qu’il est très avancé et dans les dernières étapes », a-t-il indiqué.
Il a aussi souligné qu' « on ne peut pas parler de faible mobilisation », estimant que « tout le peuple est mobilisé par cette catastrophe. Les Libanais, qu’ils soient dans la rue ou chez eux, se sentent directement concernés par le sort de l’enquête ». Et de conclure : « J’ai rencontré à plusieurs reprises les familles des victimes. Nous leur devons que justice soit faite. Ils sont un exemple de dignité et de courage ».
Le chef des Kataëb Samy Gemayel a affirmé « poursuivre le combat pour parvenir à la justice » dans l'enquête sur le drame du 4-Août, estimant que le ministre de la Justice Adel Nassar a « réussi à réunir les conditions nécessaires pour permettre au juge Tarek Bitar de poursuivre son travail ». Il a ainsi espéré que l’acte d’accusation sera « bientôt rendu ».
M. Gemayel a aussi appelé le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam à « prendre conscience de l’importance du moment que nous vivons et à passer d’un État corrompu où règne l'impunité à un État de droit et de justice ». Il a enfin espéré qu'une « décision courageuse sera prise » mardi lors du Conseil des ministres axé sur le processus de désarmement des factions armées au Liban, dont le Hezbollah.
Le ministre de l'Information Paul Morcos prenant part à la marche des proches victimes. Photo Matthieu Karam/L'OLJ
Plusieurs personnalités publiques, dont le ministre de la Justice Adel Nassar, les députés du changement Waddah Sadek et Halimé Kaakour, le journaliste Ricardo Karam participent à la marche, en partance de la place des Martyrs.
Le ministre de la Culture Ghassan Salamé, de l'Information Paul Morcos, le mohafez de Beyrouth Marwan Abboud, ainsi que des députés des Forces libanais ont pris part à la marche au départ de la caserne des pompiers de Beyrouth, située à la Quarantaine.
Les familles des victimes, brandissant des pancartes de leurs proches disparus, mènent le cortège.
Témoignage de Wafaa Karam, sœur du pompier Charbel Karam décédé le 4 août :
« Nous vivons dans l’espoir que cette année sera différente, sinon nous mourrons de peine. Nous avons perdu ce que nous avions de plus cher. Mon frère était fils unique et ses filles demandent de lui tous les jours. Nous devrions pouvoir leur dire quand elles grandiront que les coupables ont été identifiés et punis, et que justice a été faite », a-t-elle confié à notre journaliste sur place Suzanne Baaklini.
En image
Le drapeau portant des signatures réclamant une reddition des comptes, porté par des activistes lors de la marche vers le port de Beyrouth. Photo Matthieu Karam/L'OLJ
« Nous nous tenons aux côtés des parents des victimes », affirme le ministre des Télécoms
Lors de la marche, le ministre des Télécommunications Charles Hage a affiché sa solidarité avec les familles des victimes.
« Que nous soyons au gouvernement ou pas, nous nous tenons aux côtés des parents des victimes. Ce mandat ne se passera pas sans que l’enquête soit close. Ces personnes ont besoin de réponses. Nous ne pouvons garder leur plaie ouverte », a-t-il souligné.
Le bâtonnier des avocats de Beyrouth, Fadi Masri, a souligné, lors d'une conférence de presse, que le fait que l’enquête sur le drame ait repris son cours judiciaire « n’est pas une fin en soi, mais la continuité d’un parcours dont l’objectif est d’atteindre rapidement, mais sans aucune faille procédurale ni juridique, le procès devant la Cour de justice ». « Nous promettons aux Libanais de suivre l’affaire », a-t-il ajouté, notant que « la véritable justice ne connaît pas de compromis », a-t-il poursuivi.
De son côté, le député Melhem Khalaf s'est également félicité de la reprise de l'enquête, espérant aussi que justice soit faite. « Nous avons mené une longue bataille et avons remporté la première : celle de la réouverture du dossier, de l’établissement des faits et de la rupture avec le système d’impunité. Nous nous préparons maintenant pour la deuxième bataille : le procès devant la Cour de justice, où nous affronterons chaque impliqué et chaque auteur avec la sanction qu’il mérite, et où nous réclamerons chaque droit moral et matériel, chaque indemnisation pour des vies irremplaçables, pour chaque blessure et perte », a-t-il souligné.
Des dizaines de personnes rassemblées devant la caserne des pompiers de Beyrouth, le 4 août 2025. Photo L'Orient-Le Jour/Matthieu Karam.
Début des rassemblements à Beyrouth avant la marche vers le port
Des dizaines de personnes sont déjà rassemblées devant la caserne des pompiers de Beyrouth, en attendant le départ de la marche vers le port. Des ministres et anciens ministres sont présents, dont le ministre de l’Information Paul Morcos et l’ancien ministre Michel Pharaon, rapporte notre journaliste sur place, Suzanne Baaklini.
Un autre rassemblement a également débuté sur la place des Martyrs.
Les deux cortèges convergeront vers la statue de l’Émigré, à l’entrée du port, pour rendre hommage aux 235 personnes tuées.
L’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, et les agents de l’ambassade ont observé une minute de silence en mémoire des victimes de l’explosion, a annoncé la représentation diplomatique sur son compte X.
#4août: L'Ambassadeur @Herve_Magro & les agents de l'Ambassade ont observé une minute de silence en mémoire des victimes de l'explosion.
— La France au Liban 🇫🇷🇪🇺 (@AmbaFranceLiban) August 4, 2025
Pensée émue à leurs proches, aux blessés & aux survivants de cette tragédie.
وقف السفير هيرفي ماغرو وموظفو السفارة دقيقة صمت تخليدًا لذكرى… pic.twitter.com/IWWIYBwWqh
« En ce cinquième anniversaire de la tragique explosion du port de Beyrouth, nous pensons aux victimes et à leurs proches. Ils ont droit à la vérité. Ils ont droit à la justice. La France est à leurs côtés dans ce combat, en fraternité avec le Liban », écrit le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X.
En ce cinquième anniversaire de la tragique explosion du port de Beyrouth, nous pensons aux victimes et à leur proches. Ils ont droit à la vérité. Ils ont droit à la justice. La France est à leurs côtés dans ce combat, en fraternité avec le Liban. pic.twitter.com/AuJR5AQTcd
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) August 4, 2025
Amnesty et HRW réclament une enquête sans entrave
« Les autorités libanaises n'ont toujours pas rendu la vérité et la justice aux victimes et à leurs familles, cinq ans après la dévastatrice explosion du port de Beyrouth », ont déclaré lundi Amnesty International et Human Rights Watch. Selon les deux organisations, « il est impératif de mener une enquête complète et sans entrave afin d’établir l’ensemble de la chaîne de responsabilités ».
Elles affirment que « les autorités libanaises n’ont pas mené à bien une enquête efficace, indépendante et impartiale sur l’explosion », et que la reprise de l’enquête, après une suspension de deux ans, « n’a toujours pas donné de résultats concluants ». « L’enquête a été entachée par des obstructions et des interférences persistantes de la part de dirigeants politiques et de responsables de l’État déterminés à échapper à la justice », dénoncent-elles également.
Amnesty International et Human Rights Watch appellent les autorités libanaises à « garantir une enquête complète et sans entrave » et à « prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre qu’elle soit menée à son terme, sans interférence ni obstruction de la part de dirigeants politiques, de responsables de l’État ou de suspects dans l’affaire ». « Pour les familles des victimes, ce refus prolongé de rendre des comptes est un fardeau insupportable », ont-elles encore observé.
L’uléma Fadlallah appelle à ne pas utiliser l’explosion du port « dans des jeux de pouvoir internes »
L’uléma chiite Ali Fadlallah a souligné que le souvenir de l'explosion au port de Beyrouth est une « cause nationale et humaine qui concerne tous les Libanais », appelant à « ne pas la communautariser, la politiser, ni l’utiliser dans des jeux de pouvoir internes ».
« Que tout le monde ait à cœur de parvenir à la justice et à la vérité, loin des atermoiements et des tergiversations, afin que ceux dont l'implication est prouvée soient punis et que cette tragédie ne se reproduise plus dans ce pays », a-t-il ajouté.
Le mufti Kabalan appelle à protéger le Liban du jeu des nations
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche politiquement du Hezbollah, a déclaré que « l'explosion du port n'est pas qu’une catastrophe, mais le moment où un pays crucifié sur la croix des crises internationales et régionales est mis à nu ». « Je ne peux que lancer un cri retentissant pour le Liban, pour la justice, pour les martyrs du port et pour tous ceux qui ont été touchés par cette explosion catastrophique », a-t-il souligné dans un communiqué.
« J’adresse tout particulièrement ce cri à Liliane Chaito, blessée, avec toute l’angoisse d’une mère qui aspire à voir son fils Ali », a-t-il ajouté, en référence à cette mère à qui son époux a retiré son fils après l’explosion du 4 août 2020. « Ce droit est le plus sacré de ses droits et le devoir le plus impératif des autorités officielles chargées de garantir le droit à la maternité et de permettre à cette mère de communiquer avec son fils, ne serait-ce que par vidéoconférence », a martelé le mufti Kabalan, invitant à garantir ce droit pour Liliane, sa famille, et son fils Ali. « Il s’agit d’une question d’ordre humanitaire », a-t-il insisté.
Faisant un parallèle entre Liliane Chaito et le Liban, il a affirmé que « le Liban est une patrie blessée, un partenariat tourmenté », et que « rien n’est plus important que de protéger le Liban du jeu des nations ».
Photo L’Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Des membres du corps hospitalier de l’hôpital Hôtel-Dieu de France se rassemblés à l’entrée des urgences en hommage aux victimes du 4-Août. Le père Salim Daccache, recteur de l’Université Saint-Joseph a pris la parole lors du rassemblement.
Avichay Adraee dénonce « le rôle central du Hezbollah » dans les explosions du 4-Août
À l’occasion du cinquième anniversaire de l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne, a publié un message sur son compte X dans lequel il dénonce avec virulence le rôle du Hezbollah.
« Il y a cinq ans, nous avons été les premiers à tendre la main d’aide au peuple libanais, offrant une assistance humanitaire sincère (…) sans distinction de religion, de confession ou d’appartenance politique », écrit-il. « Nous avons simplement vu un peuple en détresse, et nous avons répondu à l’appel de l’humanité. »
Pour Avichay Adraee, « déjà à cette époque, il était parfaitement clair qui (…) insistait pour entraîner le Liban en enfer ». « Le Hezbollah est la cause de la calamité du Liban », affirme-t-il, accusant le parti chiite d’avoir « joué un rôle central dans la cause de la catastrophe du port en stockant des matières explosives au cœur de la capitale ». Il ajoute que le Hezbollah « s’est moqué de la main d’aide tendue au Liban, et a préféré se jeter dans les bras du régime iranien, comme d’habitude, même au détriment de son peuple ».
Le porte-parole reproche au groupe chiite de « tromper les gens avec des slogans de résistance », de « transformer le Liban en otage des mains de l’Iran », d’avoir « entraîné le pays dans des guerres, paralysé les institutions, appauvri les gens, chassé la jeunesse, contribué à l’explosion du port ».
« Nous lui avons coupé les mains et les jambes dans la dernière guerre, et avons dévoilé sa vérité devant le monde, et malgré cela il continue à persister dans la calamité des Libanais (…) comme si la destruction du Liban était son seul projet », accuse encore Avichay Adraee.
Il conclut son message en disant : « Nous étions, et nous resterons, avec le peuple libanais, mais le peuple libanais est-il avec lui-même ? »
Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le pape Léon XIV exprime sa compassion aux Libanais
Lors d’une veillée de prière organisée dimanche soir à Beyrouth, un message du pape Léon XIV a été lu en hommage aux victimes. Des oliviers plantés en leur mémoire ont également été bénis.
Dans son message adressé aux fidèles libanais, le souverain pontife a exprimé sa « compassion à tous ceux qui ont le cœur meurtri », à ceux « qui souffrent de la perte de leurs proches » ainsi qu’aux personnes « blessées ou ayant tout perdu à la suite de cette catastrophe ».
« J’implore le Père miséricordieux d’accueillir, auprès de lui, dans sa Maison de repos, de lumière et de paix, tous ceux qui ont perdu la vie », a déclaré le pape, affirmant que « le Liban bien-aimé et souffrant demeure au cœur de [ses] prières ». Il a confié les Libanais à la protection de la Vierge Marie, de saint Charbel et des saints du pays, avant d’accorder sa bénédiction apostolique « en gage de réconfort ».
Présent à la cérémonie, le nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, a souligné que « les Libanais et les familles des victimes sont toujours à la recherche de la vérité et de la justice, qui doivent surtout prévaloir ». Il a toutefois noté « un peu d’espoir, car l’enquête avance, même si elle reste entravée par des intérêts contradictoires ». « Il y a encore du chemin à faire », a-t-il conclu.
Tracy et Paul Naggear, parents d’Alexandra Naggear, tuée à l’âge de trois ans et demi le 4 août 2020, écrivent sur Instagram :
« Nous avions espéré que cette année serait différente… Que ce jour serait un jour de paix. Une commémoration, une célébration de ta belle vie.
Mais cinq ans plus tard, nous voici à nouveau… Le cœur brisé, en colère, et toujours en train de lutter désespérément pour ton droit, pour notre droit, pour le droit de tous à la justice.
Il y a cinq ans, nous t’avons fait une promesse, une promesse que nous avons tenue de toutes nos forces : que justice soit rendue, que les responsables soient tenus pour compte, et que plus aucune famille ne doive endurer cette douleur. »
Ils terminent leur message par ces mots : « Ce jour arrive, ma Lexou… Nous ne cesserons jamais jusqu’à ce que justice soit faite », signé « Papa, Maman, Axel et Rafael ».
À la fin de la messe célébrée à l’église Saint-Joseph, rue de la Sagesse, les ministres de l’Économie Amer Bsat, de l’Industrie Joe Issa el-Khoury, des Affaires sociales Hanine Sayyed, de l’Information Paul Morcos, de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi, ainsi que du Tourisme Laura el-Khazen Lahoud ont été chaleureusement remerciés par les familles des victimes.
Dimanche, les ministères de la Culture et des Affaires sociales avaient organisé une table ronde à la Bibliothèque nationale, la première initiative de l’État libanais en lien avec la tragédie du 4 août, visant à explorer ses répercussions judiciaires, psychologiques, patrimoniales et civiques. L’Orient-Le Jour était sur place.
« Il y a cinq ans, mon fils Isaac est mort dans l’explosion », écrit Sarah Copland, diplomate australienne auprès des Nations unies, sur X. « Pendant ces cinq années, pendant 1 826 nuits, j’ai appris à gérer le deuil, tout en apprenant aussi à vivre de nouveau. »
Isaac Oehlers avait deux ans lorsqu’il a été tué le 4 août 2020.
Five years ago, my son Isaac died in the #Beirutblast
— Sarah Copland 🦋 @sarahyvonne.bsky.social (@sas_yvonne) August 4, 2025
For the past 5yrs, for 1,826 nights, I have been learning how to cope with the grief, while also learning how to live again.
I miss Isaac desperately &wrote some words about what it is like 5 years onhttps://t.co/NCjIzd4SRk
La SG appelle à ce que justice soit faite et à une enquête « juste »
La Sûreté générale, représentée par son directeur Hassan Choucair, a déposé une couronne de fleurs devant la statue des martyrs de l'institution dans le port de Beyrouth. « Le sang de ceux qui ont été tués et blessés scelle notre promesse à poursuivre sur le chemin du droit et de la justice », peut-on lire dans un communiqué de la SG. Elle appelle en outre à une « enquête juste et totale sur ce crime odieux ». L'ancien directeur de la SG Abbas Ibrahim fait partie des personnes contre lesquelles le juge Tarek Bitar a engagé des poursuites.
في الذكرى السنوية الخامسة لانفجار مرفأ بيروت، بتاريخ الرابع من آب، قام ممثل #اللواء_حسن_شقير بوضع إكليل من الزهر على نصب #شهداء المديرية العامة للأمن العام في المرفأ. وبهذه المناسبة،أصدرت المديرية العامة للأمن العام اللبناني #البيان الآتي على الرابط التاليhttps://t.co/8gTt4fkZ31 pic.twitter.com/5SB4D4uNHS
— الأمن العام اللبناني (@DGSGLB) August 4, 2025
Taymour Joumblatt : le 4-Août, une leçon pour un État souverain
« Le 4 août n’est pas un simple souvenir, mais une leçon pour nous rappeler l’importance et la nécessité d’un État souverain, maître de ses décisions, avec des institutions efficaces assumant pleinement la responsabilité de la vie des Libanais, écrit le chef du Parti socialiste progressiste Taymour Joumblatt sur X. Il faut poursuivre l’enquête jusqu’à son terme et laisser la justice suivre son cours naturel, en hommage à la vérité, aux âmes des martyrs, à la souffrance des blessés, des familles et des personnes affectées. »
٤ آب ليس ذكرى بل عبرة لكي ندرك قيمة وضرورة أن تكون الدولة قادرة سيدة قرارها بمؤسسات فاعلة تولي حياة اللبنانيين المسؤولية الكاملة. المطلوب المضي في التحقيق حتى خواتيمه ومنح العدالة مسارها الطبيعي إكراماً للحقيقة ولأرواح الشهداء وآلام الجرحى والعائلات والمتضررين.
— Teymour Joumblatt (@TeymourJoumblat) August 4, 2025
Saddi : le 4-Août, un crime contre l’humanité
« L’explosion du 4 août est un crime contre l’humanité, et l’obstruction de l’enquête pendant des années est un crime encore plus odieux, écrit sur son compte X le ministre de l'Energie Joe Saddi. Faire éclater la vérité et traduire les criminels en justice est une nécessité nationale, non seulement par fidélité aux âmes des victimes, à la douleur des blessés et à la souffrance de leurs proches, mais aussi pour raviver la foi en notre pays et en l’avenir de nos enfants. »
#٤_آب #انفجار_مرفأ_بيروت#لبنان #انفجار_٤_اب #جو_الصدي pic.twitter.com/DHXUmDqJBU
— Joe Saddi (@Joe_Saddi) August 4, 2025
Le Royaume-Uni appelle à la vérité et à la justice
L’ambassade du Royaume-Uni au Liban a annoncé sur X avoir mis son drapeau en berne.
« Les familles des victimes méritent justice, vérité et responsabilité, ajoute l'ambassade sur X. Le Royaume-Uni continue d’appeler à la reddition des comptes et à une enquête transparente et rapide sur l’explosion du port de Beyrouth. »
Our flag is at half-mast today remembering the tragedy of the Beirut port Blast on 4 August, 2020 at 06:07 pm. Families of victims deserve justice, accountability & truth.
— UK in Lebanon 🇬🇧🇱🇧 (@ukinlebanon) August 4, 2025
UK continues to call for accountability & a transparent and swift investigation into #BeirutPortBlast pic.twitter.com/RkRBfahTbb
Des membres de la Défense civile libanaise ont déposé une couronne de fleurs au mémorial des martyrs du port de Beyrouth, en hommage à leurs sacrifices. « Nous ne les oublierons jamais », a écrit la Défense civile sur son compte X.
في الذكرى الخامسة لفاجعة ٤ آب، وضع عناصر من المديرية العامة للدفاع المدني إكليلًا من الزهر على ضريح شهداء مرفأ بيروت، وفاءً لتضحياتهم الخالدة، وتحيةً لروح كل من سقط في ذاك اليوم المشؤوم.
— الدفاع المدني اللبناني (@CivilDefenseLB) August 4, 2025
لن ننساهم أبداً...#المديرية_العامة_للدفاع_المدني#٤_آب#شهداء_الواجب#بكل_الاوقات_حدك pic.twitter.com/Uyq7dcftdM
Alors qu’il était prévu que le chef de l’Église maronite, Béchara Raï, célèbre la messe en présence de l’archevêque de Beyrouth, Mgr Boulos Abdel Sater, Mgr Raï est finalement absent. Ce dernier a été hospitalisé il y a quelques jours pour un « dérangement gastro-intestinal ».
Âgé de 85 ans, le patriarche avait déjà pris plusieurs semaines de repos au printemps, après s’être fracturé la hanche à la suite d’une chute lors de la messe de Pâques. Il avait repris ses activités au cours du mois de mai.
L’ambassade de France au Liban souligne l’importance de mettre fin à l’impunité
« La France salue les efforts menés pour que toute la lumière soit faite afin de rendre justice aux victimes et à tous ceux touchés par cette tragédie, peut-on lire sur le compte X de l’ambassade de France au Liban. Comme l’ont souligné les autorités libanaises, mettre fin à l’impunité est essentiel au redressement du Liban, car sans justice, il n’y a pas d’État de droit possible. »
Cinq ans après l'explosion du #4août, la 🇫🇷 salue les efforts menés pour que toute la lumière soit faite pour rendre justice aux victimes et à tous ceux touchés par cette tragédie.
— La France au Liban 🇫🇷🇪🇺 (@AmbaFranceLiban) August 4, 2025
Comme l'ont souligné les autorités libanaises, mettre fin à l'impunité est essentiel au… pic.twitter.com/V70fE2CVnP
L’archevêque de Beyrouth, Mgr Abdel Sater, a centré l’essentiel de son prêche sur la « demande de justice » et « la dignité des morts ». « Le peuple tout entier exige la vérité complète (…) ainsi que les noms de tous les responsables » de la catastrophe, a-t-il affirmé, appelant les responsables politiques à laisser l’enquête suivre son cours et à empêcher « les ingérences politiques et partisanes dans la justice ». « Nous ne nous tairons pas », a-t-il conclu.
Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Des objets témoins de l’explosion du 4 août, comme le casque d’un pompier tué ce jour-là, sont placés face à l’autel.
Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
Les premiers rangs de l’église sont occupés par les proches des victimes, suivis par des personnalités politiques telles que le ministre de l’Industrie Joe Issa el-Khoury, le ministre de l’Économie Amer Bsat, ainsi que les députés Elias Hankache, Nicolas Sehnaoui, Alain Aoun et Najat Aoun Saliba. Sahar Baassiri, épouse du Premier ministre Nawaf Salam, est également présente dans l’assistance.
Photo L'Orient-Le Jour/N.E.
L’archevêque de Beyrouth, Mgr Abdel Sater, s’apprête à entrer pour célébrer la messe aux côtés du patriarche maronite, Béchara Raï, dans une église pleine.
Photo L'Orient-Le Jour/N.E.
À quelques minutes du début de la messe en hommage aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth, l’église Saint-Joseph, située rue de la Sagesse, commence à se remplir. Contrairement aux années précédentes, la cérémonie ne se tient pas à la cathédrale Saint-Georges du centre-ville. Le changement n’a pas été officiellement expliqué. « C’est une décision de l’archevêque, je n’en sais pas plus. Ça revient en tout cas à la même chose », confie une proche d’une victime, à notre journaliste sur place, Nemtala Eddé.
« Nous devons maintenir la pression et le suivi afin d’identifier les instigateurs, les exécutants, ainsi que les complices et les intervenants de ce crime », a écrit sur X l’ancien Premier ministre libanais Tammam Salam.
في الذكرى الخامسة لمجزرة انفجار مرفأ بيروت علينا الاستمرار في سياسة الضغط والمتابعة لمعرفة المخطِّط والمنفِّذ والشريك والمتدخّل في جريمة المرفأ .
— Tammam Salam (@Tammamsalaam) August 4, 2025
رحم الله الضحايا وأحاط لبنان برحمته وأنار الطريق أمام الشرفاء لنصل الى الحقيقة الكاملة.
Ce matin, le drapeau libanais a été mis en berne à l’entrée du Palais présidentiel, marquant cette journée de deuil national.
Photo Nabil Ismail.
Baha’ Hariri, fils aîné de Rafic Hariri, a déposé une gerbe près du port de Beyrouth. « Nous nous souvenons de la douleur, de la colère et du crime qui ont frappé le cœur de la capitale », a-t-il déclaré. « La justice est un droit pour les martyrs et les blessés, et punir les responsables est un devoir national et moral qui ne peut être remis à plus tard. »
Il a aussi insisté sur le fait que « les ports et les points d’entrée doivent être sous le contrôle exclusif de l’État, et qu’il est inacceptable de stocker des matières dangereuses qui mettent en danger la vie des Libanais et des résidents ».
La catastrophe du 4 août est due à l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium laissé sans surveillance dans un hangar du port.
Le port de Beyrouth cessera ses opérations à 18h, sur décision de son directeur général, Omar Itani. Une minute de silence sera observée en hommage aux victimes, tandis que les navires feront retentir leurs sirènes et que les grues seront levées à ce moment-là.
À 15h30, le Parti Kataëb organise un rassemblement à son siège de Saïfi, en hommage à son secrétaire général, Nizar Najarian, tué dans l’explosion du 4 août après avoir été grièvement blessé à la tête alors qu’il se trouvait dans la Maison centrale du parti.
Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
Hajjar rend hommage aux pompiers tués dans l’explosion du port et appelle à la justice
Le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, s’est rendu à la caserne des pompiers de Beyrouth, à la Quarantaine, où il a déposé une gerbe de fleurs devant le mémorial en hommage aux pompiers tués dans l’explosion du 4 août.
M. Hajjar a exprimé son souhait que « la vérité sur l’explosion du port soit révélée et que justice soit rendue dans les plus brefs délais ». Il a également assuré que « la justice est totalement indépendante, que le gouvernement soutient ses décisions, et qu’une coopération existe entre toutes les institutions de l’État ».
S’adressant aux familles des victimes, il a déclaré : « Votre douleur est la nôtre, et nous attendons tous que la vérité éclate. »
« Nous nous tenons aux côtés du peuple libanais dans son appel à la responsabilité », peut-on lire sur le compte X de l’ambassade américaine à Beyrouth. « Le Liban mérite un système judiciaire indépendant et impartial, qui rende justice aux victimes au lieu de protéger les élites. »
« Les États-Unis restent engagés en faveur d’un Liban souverain, stable et prospère, façonné par son peuple, et non par des forces extérieures », est-il également ajouté.
Today marks five years since the tragic Beirut port explosion that claimed over 200 lives and displaced thousands. We stand with the people of Lebanon in their call for accountability. Lebanon deserves an independent and impartial judicial system that delivers justice for the… pic.twitter.com/ZZjmwsylE1
— U.S. Embassy Beirut (@usembassybeirut) August 4, 2025
Dans un bref communiqué, la sécurité de l'État a rendu hommage aux victimes et affirmé qu'elle « reste engagée à protéger la nation, au-delà des douleurs ». L'ancien directeur de la sécurité de l'Etat, Tony Saliba, fait partie des responsables qui ont été convoqués par le juge Bitar ces derniers mois.
نستذكر شهداءنا من عسكريين ومدنيين، وسنبقى ملتزمين بحماية الوطن فوقَ الآلام.#٤_آب#أمن_الدولة_اللبناني#Lebanese_State_Security pic.twitter.com/jthhPMcI1U
— أمن الدولة اللبناني (@statesecuritylb) August 4, 2025
Nadim Gemayel en visite auprès des familles de pompiers tués. Photo prise de son compte X.
Nadim Gemayel en visite auprès des familles de pompiers tués, à Qartaba
Dimanche, le député Nadim Gemayel (parti Kataëb), s'est rendu à Qartaba, près de Jbeil, où il a rencontré les familles de plusieurs victimes tombées parmi les pompiers de Beyrouth qui avaient été envoyés éteindre l'incendie dans le port, juste avant la double explosion. Parmi les dix soldats du feu tués dans la déflagration, Charbel Karam, Charbel Hitti et Georges Hitti étaient originaires de Qartaba.
« La justice n'est pas une vengeance, mais un droit pour les martyrs, les victimes et leurs familles, et une condition essentielle à tout redressement national », a déclaré à cette occasion Nadim Gemayel.
Shehadi s'engage à « ne plus tolérer l'incurie et la corruption »
Le ministre des Déplacés et ministre d'État chargé des Technologies et de l'Intelligence artificielle, Kamal Shehadi, a rendu hommage sur X aux victimes et a réaffirmé son « engagement à ne plus tolérer l'incurie et la corruption qui mettent en danger la vie des Libanais ».
We commemorate the August 4 explosion at the Port of Beirut to honor the victims, to commit to never again allowing mismanagement and corruption to put the lives of Lebanese at risk, and to renew our commitment as a nation to see justice served.
— Kamal Shehadi (@ShehadiKamal) August 4, 2025
نُحيي ذكرى انفجار 4 آب في… pic.twitter.com/rv7qseTDtl
Les Forces libanaises organisent une messe en mémoire des victimes, le 5 août
Les Forces libanaises annoncent la tenue, mardi 5 août à 17h, d’une messe pour le repos de l’âme des victimes, à l’église Saint-Antoine de Padoue, rue Pasteur, à Gemmayzé.
« Que dire aux familles endeuillées ? Tous les mots sont inutiles, superflus, et sonnent faux. Car une seule question revient inlassablement depuis cinq ans sur toutes les lèvres : où est la justice, celle qui fut un jour notre fierté ? Pourquoi l’enquête n’avance-t-elle pas ? », peut-on lire dans un communiqué du bureau de Beyrouth des Forces libanaises.
Selon le parti, « l’enquête n’avance pas parce que certaines parties ont décidé qu’il en serait ainsi, qu’il fallait étouffer la vérité ». Et de poursuivre : « C’est sans compter la détermination et la persévérance des Forces libanaises qui, dès le premier jour, ont placé le dossier de l’explosion du port sur la table comme priorité nationale, et l’ont porté devant les instances juridiques internationales. »
Pour l'ONU, « des avancées sont indispensables » dans le processus judiciaire
La Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a estimé dans un communiqué que « des avancées dans le processus judiciaire » sont désormais indispensables pour faire justice.
Rappelant avoir rencontré la semaine dernière des proches de victimes, elle a souligné le « courage » avec lequel ces personnes luttent pour obtenir justice. « Il est impératif que le gouvernement fasse tout ce qui est nécessaire pour accélérer les procédures judiciaires liées à l’explosion », a-t-elle plaidé, tout en félicitant le Parlement libanais pour l’adoption de la loi sur l’indépendance de la justice, jeudi dernier.
“Five years on, tragedy and pain are compounded by the glaring absence of justice. Survivors and victims, and their families, deserve full accountability. And, they deserve it now,” says SCL @jeaninehennis on #4August #BeirutBlast anniversary.
— UNSCOL (@UNSCOL) August 4, 2025
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Les oliviers plantés en hommage aux victimes du drame. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
Dimanche, vers 19h, sur la route longeant le port de Beyrouth, autant d’oliviers que de victimes du drame du 4-Août ont été inaugurés en présence de leurs proches et du Premier ministre Nawaf Salam.
Plusieurs ministres et députés étaient également présents, dont le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, la ministre des Affaires sociales, Hanine el-Sayed, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar et le ministre de l'Agriculture Nizar Hani.
Au pied de chaque arbre, un panneau blanc porte le nom de l’une des 235 victimes de la catastrophe.
Aoun : La justice ne connaît pas d’exceptions, et la loi s’applique à tous sans distinction
Dès les premières heures de la journée, le président Joseph Aoun, a affirmé que l'État libanais et « toutes ses institutions » s'engagent à ce que la vérité soit faite sur la catastrophe « quels que soient les obstacles et peu importe le rang des personnes concernées ». « La justice ne connaît pas d’exceptions, et la loi s’applique à tous sans distinction », a-t-il écrit dans un communiqué.
« Aujourd’hui, cinq ans après cette tragédie, nous nous tenons face aux âmes des martyrs, face aux blessés et à leurs familles, et face à tous les Libanais, pour affirmer que la justice ne mourra pas, et que les responsables seront tenus pour compte », a-t-il ajouté, rappelant que cette affaire était une « priorité absolue » de son mandat. « Nous œuvrons, par tous les moyens disponibles, pour que les enquêtes se poursuivent avec transparence et intégrité, et nous continuerons à faire pression sur toutes les parties concernées pour que tous les responsables soient traduits en justice, quels que soient leur statut ou leur appartenance », a insisté le chef de l'Etat. Il a enfin rappelé la « formidable solidarité » qui s'était manifestée après la double explosion, lorsque des centaines de personnes étaient venues à Beyrouth aider à déblayer les décombres et venir en aide aux sinistrés et blessés. « Cet esprit de solidarité nous guidera vers la justice et vers la reconstruction de notre pays sur des bases de justice, de transparence et de responsabilité », a-t-il conclu.
Aujourd'hui, à 11h30, une messe sera célébrée à la Paroisse Saint Joseph à Beyrouth, par le patriarche Béchara Raï, accompagné de l’archevêque de Beyrouth, Mgr Boulos Abdel Sater.
En fin de journée, à 17h30, une marche populaire partira de deux lieux symboliques : la place des Martyrs et la caserne des pompiers de la Quarantaine. Les cortèges convergeront vers la statue de l’Émigré, à l’entrée du port, pour un hommage aux 235 personnes tuées.
La « rue des victimes du 4-Août ». Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
Dimanche également, une partie de l'avenue Charles Hélou située près de l'une des entrées du port de la capitale été baptisée « rue des victimes du 4-Août ».
La cérémonie s'est déroulée en présence du Premier ministre Nawaf Salam, du ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar, du mohafez de Beyrouth Marwan Abboud et des proches des victimes de la catastrophe.
Prenant la parole, Nawaf Salam a appelé à « ôter la main de la justice ». « Nous ne transigerons ni sur la justice ni sur la vérité », a-t-il assuré notant que « personne n'est au-dessus des lois » dans l'affaire des explosions au port.
Dimanche soir, le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé avait affirmé, avoir inscrit dans l'inventaire général des monuments historiques les silos du port de Beyrouth, ravagés par les explosions meurtrières et dans lesquels une série d'incendies se sont déclenchés en 2022.
Accident ou sabotage ? Cinq ans après l’explosion au port de Beyrouth, le mystère reste (presque) intact
Jusqu’à aujourd’hui aucun élément ne permet d’élucider l’origine de l’incendie ayant mené à la détonation. Données, analyses, zones d’ombre : nous faisons le point sur ce que l’on sait à ce stade.
Bonjour, et merci de nous retrouver pour notre direct consacré à cette journée de commémoration du 4 août 2020.
Ce jour-là, à 18h08, l’une des plus puissantes explosions non nucléaires de l’histoire moderne a ravagé Beyrouth, faisant environ 235 morts et des milliers de blessés.
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" ...la sécurité de l'État a rendu hommage aux victimes et affirmé qu'elle « reste engagée à protéger la nation, au-delà des douleurs ». La même Sécurité de de l'Etat dont le directeur général, Tony Saliba, a été convoqué dans le cadre de l'enquête mais qui n'a pas comparu car il a bénéficié de la protection de Michel Aoun?
11 h 00, le 04 août 2025