Rechercher
Rechercher

Politique - Liban

A la veille du Conseil des ministres de mardi, le désarmement du Hezbollah continue de diviser

Si des ministres insistent sur l'importance nationale de cette décision, le parti chiite souligne la nécessité pour Israël de cesser ses violations du cessez-le-feu avant de traiter ce dossier.

A la veille du Conseil des ministres de mardi, le désarmement du Hezbollah continue de diviser

Des partisans du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth. Mohammad Yassine/L'OLJ

Deux jours avant le Conseil des ministres de mardi, la question du désarmement du Hezbollah continue de faire débat. Si plusieurs ministres et députés ont appelé à une décision claire concernant le monopole de l’État sur les armes, le parti chiite continue de dénoncer toute pression avant un retrait israélien effectif du Liban, mettant en garde contre une instrumentalisation du dossier qui risquerait de transformer cette question en un problème « libano-libanais ».

Le ministre de la Justice Adel Nassar a souligné dimanche sur son compte X que « si le Hezbollah choisit le suicide en refusant de remettre ses armes, nous ne lui permettrons pas d’entraîner le Liban et le peuple libanais avec lui ».

De son côté, le ministre de l’Industrie, Joe Issa el-Khoury, a affirmé dimanche au cours d'un entretien sur la chaîne MTV que « la question de l’exclusivité des armes est soulevée dans une optique d’intérêt national, et non pour des motivations temporelles, avec un objectif clair : construire un État juste et fort, car nous ne pouvons bâtir un véritable État si tous les Libanais ne sont pas égaux ». Il a aussi souligné que « deux questions essentielles suscitent le débat au sein du gouvernement : la première concerne les éléments dont un grand nombre de ministres ne sont pas informés avant les séances, et qu’ils découvrent parfois à travers les médias ; la seconde porte sur la question des armes détenues par des organisations armées illégales, qu’elles soient libanaises ou pas ».

Lire aussi

Conseil des ministres sur les armes : le tandem jouera-t-il le jeu ?

Pour sa part, le député du Akkar, Walid Baarini, du bloc de la Modération nationale, s’est dit convaincu que « la réunion du Conseil des ministres mardi tranchera » la question des armes du Hezbollah. S’exprimant devant ses visiteurs dimanche, M. Baarini s’est adressé au parti chiite, lui faisant « assumer la responsabilité de la protection du Liban, car il peut le protéger par sa décision de rendre ses armes, ou le détruire en refusant de s’en défaire ».

Du côté du Hezbollah, plusieurs figures ont souligné la nécessité pour Israël de cesser ses violations du cessez-le-feu avant d'examiner la question du désarmement du parti. L'armée israélienne maintient en effet une présence au Liban-Sud dans cinq points qu'elle juge « stratégiques », et poursuit ses frappes quasi-quotidiennes prenant pour cible des combattants présumés du Hezbollah.

Le député du Hezbollah Ali Fayad a mis en garde contre la possibilité qu'Israël et les États-Unis transforment la question du désarmement du parti chiite d’un « problème libano-israélien en un problème libano-libanais », soulignant que le retrait israélien et la cessation des hostilités demeuraient la priorité. « Nous ne nions ni l’ampleur des dangers, ni l’intensité des pressions, ni la gravité des menaces auxquelles le pays est exposé, mais nous devons être pleinement conscients que le pire des scénarios serait que les Israéliens et les Américains réussissent à transformer la question d’un problème libano-israélien en un problème libano-libanais, permettant ainsi à l’Israélien de rester simple spectateur de nos conflits et divisions », a souligné M. Fayad au cours d'une cérémonie au Liban-Sud.

Position libanaise « unifiée »

Il a ainsi noté que les Libanais « doivent faire preuve de clairvoyance et de sagesse dans la gestion de ce dossier, ainsi que de courage, de fermeté et de résilience face aux menaces et pressions, estimant que « plus la position libanaise est unifiée ou coordonnée, plus nous serons capables de faire face aux pressions et de renforcer notre front intérieur ».

L'élu a aussi insisté sur « la nécessité que la position libanaise respecte l’ordre de priorités évoqué par le président Joseph Aoun, notamment le fait que la cessation des hostilités et le retrait israélien doivent constituer la priorité absolue, avant toute autre discussion ». Ali Fayad a enfin souligné que « rien ne laisse penser, garantir ou indiquer que l’Israélien a l’intention de se retirer des cinq collines ou de cesser ses actes hostiles, quelles que soient les engagements pris par le Liban, alors que le pays a rempli ses obligations liées à l’accord de cessez-le-feu ».

« Unanimité autour du Hezbollah »

Le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, a plaidé dans une déclaration dimanche en faveur d’une « unanimité autour du Hezbollah », étant donné que le Liban « court un risque existentiel » et ne devrait donc pas « être dépouillé de son atout de résistance ». « La nature et l’ampleur des menaces israéliennes nous poussent à adopter une stratégie de défense qui donne de la diversité aux capacités défensives du pays, parce qu’il n’est pas possible de combattre Israël de manière ouverte et avec des capacités faibles », a-t-il assuré. « Mardi, le gouvernement aura le pays entre ses mains, et toute erreur concernant les armes de la résistance mettra le Liban à la merci d’Israël », a poursuivi le dignitaire. Avant d’ajouter : « Toute discussion autour des armes de la résistance ne peut passer que par une stratégie défensive, et le rôle du gouvernement est de cumuler les capacités défensives nationales, non de supprimer des atouts ou les affaiblir ». Selon lui, « toute tentative de passer outre l’avis du président du Parlement (Nabih) Berry (principal allié du Hezbollah, ndlr) équivaut à un suicide ».

L'ancien ministre du Travail, Moustapha Bayram, proche du Hezbollah, s'exprimant lors d'une cérémonie funéraire en mémoire d'un responsable du Hezbollah tué, s'est dit pour sa part opposé à une remise des armes du parti chiite. « La souveraineté consiste-t-elle à parler de reprise de la décision de guerre et de paix alors que le bruit d’un drone survole le Sérail ? Et s’agit-il de souveraineté lorsque l’on est incapable de se défendre ? », s'est-il demandé.

Deux jours avant le Conseil des ministres de mardi, la question du désarmement du Hezbollah continue de faire débat. Si plusieurs ministres et députés ont appelé à une décision claire concernant le monopole de l’État sur les armes, le parti chiite continue de dénoncer toute pression avant un retrait israélien effectif du Liban, mettant en garde contre une instrumentalisation du dossier qui risquerait de transformer cette question en un problème « libano-libanais ».Le ministre de la Justice Adel Nassar a souligné dimanche sur son compte X que « si le Hezbollah choisit le suicide en refusant de remettre ses armes, nous ne lui permettrons pas d’entraîner le Liban et le peuple libanais avec lui ».De son côté, le ministre de l’Industrie, Joe Issa el-Khoury, a affirmé dimanche au cours d'un entretien sur la chaîne...
commentaires (15)

Je note que certains sur l'image ont le visage découvert. Rien que sur l'image il y a une demi douzaine d'infractions à la loi. Ajouté à cela à chaque fois qu'ils se regroupent ils rentrent dans les autres quartiers en proférant des solgans mettant en péril l'unité nationale. Encore un délit passible du pénal. Il y en a combien de ces gens qui a été arrété ?

Moi

19 h 21, le 04 août 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (15)

  • Je note que certains sur l'image ont le visage découvert. Rien que sur l'image il y a une demi douzaine d'infractions à la loi. Ajouté à cela à chaque fois qu'ils se regroupent ils rentrent dans les autres quartiers en proférant des solgans mettant en péril l'unité nationale. Encore un délit passible du pénal. Il y en a combien de ces gens qui a été arrété ?

    Moi

    19 h 21, le 04 août 2025

  • Le terme diviser est très relatif : On a une écrasante majorité de Libanais pour le désarmement et une minorité pro hezballah contre. On est dans un système politique et social basé sur la démocratie sans droit de veto et non pas sur le consensus. Si le hezballah ne veut pas désarmer, qu'il amène librement et pacifiquement une majorité de députés au parlement.

    Moi

    15 h 41, le 04 août 2025

  • Hezb and their henchmen want a unified lebanese postion ! have they asked for that in 2006, 2013 , 2023 ? There will always have a hogwash excuse to procrastinate.

    EL KHALIL ABDALLAH

    13 h 06, le 04 août 2025

  • D’après ce qu’on lit, seuls le HB et ses membres et représentants sont contre la décision du pouvoir libanais à déposer les armes. Alors pourquoi parler de division et de divergence au sein de l’état? Depuis quand le HB fait partie de cet état? Il s’est toujours montré comme tant une entité à part et veut continuer à se substituer à l’état officiel grâce à ses armes étrangères. Je ne vois aucun problème à l’obliger par une décision collégiale libanaise à déposer ces armes de malheur pour sauver notre pays. Point barre. S’il refuse, il n’a qu’à subir les conséquences comme pour sa dernière guer

    Sissi zayyat

    10 h 41, le 04 août 2025

  • *ULTIME CONSEIL*.. =LE DESARMEMENT FINAL,-EST URGENT ET NATIONAL.-SI LE HEZB MAINTIENT SES ARMES,-NOUS VIVRONS SOUS LES ALARMES,-LANCEES UNE FOIS D,ICI,-PAR KASSEM ET QUELQUE AMI,-PUIS UNE AUTRE FOIS DE LA,-EN SUPPORT AU HEZBOLLAH.-PAR QUI NOUS JOUE L,ORTHODOXE,-AU PERCHOIR DU PARADOXE.=MAIS EXIGER LE RETRAIT,-ISRAELIEN EN PREMIER,-L,HYPOCRISIE EST DE TAILLE,-QUAND LES COQS ET LA VOLAILLE,-POUR SAUVER LEUR SALE PEAU,-ONT CEDE AU SCENARIO,-LEUR DESARMEMENT D,AVANCE,-A LA BIBIENNE PRESENCE,-SANS PARLER DES DROITS DONNES,-PAR KASSEM ET LE PERCHE.=A L,APPEL D,AOUN ET SALAM,-DESARMEZ-VOUS BI SALAM.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 12, le 04 août 2025

  • Une « position libanaise unifiée » ? De quoi diable parle-t-n ? A partir du moment où on a introduit au gouvernement des agents iraniens, comment pourrait-on aboutir à une position unifiée qui soit LIBANAISE ? IL est évident qu’un accord « unifié » ne pourra se faire que sur une base minimaliste qui ne servira en rien le Liban. L’État doit exercer son autorité, sans tenir compote des vociférations d’une Bande de hors-la-loi.

    Yves Prevost

    08 h 17, le 04 août 2025

  • Au départ ainsi qu'à l'arrivée, il ne s'agit pas d'un problème libano-israélien mais bien d'un problème Hizbo-Israëlien.

    Remy Martin

    20 h 31, le 03 août 2025

  • " toute erreur concernant les armes de la résistance mettra le Liban à la merci d’Israël " ... cqfd... nos philosophes stratèges du hezb, finalement comprennent que toutes les erreurs commises par le hezb et ses maitres, n'ont été qu'à l'avantage d'Israël...

    Wlek Sanferlou

    15 h 33, le 03 août 2025

  • Le nouveau gouvernement libanais majoritairement des "patriotes" avec son premier ministre et le président doivent s'adresser directement au gouvernement iranien en lui demandant officiellement de retirer sa branche militaire de chez nous. ils doivent en même temps demander de l'aide au américains pour régler le problème.

    Gebran Eid

    15 h 29, le 03 août 2025

  • Si c’est un problème libanais depuis le début. Le Hezbollah c’est l’Iran qui décide contre toute les faction libanaise y compris les chiites

    Sarkis MAWAD

    14 h 35, le 03 août 2025

  • Hezbelchaitan est problème libano-libanais depuis 1982

    TrucMuche

    14 h 00, le 03 août 2025

  • La question des armes est une question irano-Libanaise. Avec la guerre c'en est devenu une Libano-Israëlienne et avec l'écrasante défaite du Hezbollah c'est devenu un problème Libano-Libanais. Le Hezbollah doit se conformer à la loi sans plus ni moins.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    13 h 56, le 03 août 2025

  • Tout ce verbiage est inutile, borné et de mauvaise foi. Remettez vos armes une fois pour toutes et le pays n'aura plus aucun problème et pourra enfin s'occuper de son avenir et de celui de ses enfants et petits enfants ... Khlessna Ba'a !

    Remy Martin

    13 h 29, le 03 août 2025

  • Dans ce cas Mr Fayad, désarmez vous sans façon et sans tergiverser non plus. Nous avons déjà payé lourdement vos traîtrises iraniennes et il n’est plus question pour personne de supporter davantage .

    Wow

    13 h 04, le 03 août 2025

  • Je ne comprends pas ces dialogues de sourd. Ca veut dire quoi nous ne lui permettrons pas ? Par ce que le HB va obéir ou obtempérer? C est comme dire à un individu avec un couteau dans votre maison: je ne vous permet pas de tuer ma famille.... il va vraiment vous écouter ou demander votre permission? Khalass ba2a, il désarme, c est tant mieux, il ne désarme pas, on libère notre pays par la force des residues Iraniens

    Aboumatta

    13 h 01, le 03 août 2025

Retour en haut