Ziad Rahbani a représenté pour les amoureux du jazz un autre monde, distant du franc parler, des vérités de l’acteur et du metteur en scène.
Ses émouvants partenaires ont fait fusionner leurs jeux d’acteurs avec les joies et les douleurs transmises. Dans Ma betfid, la rythmique alterne avec la touche orchestrale. Les ponctuations pianistiques activent une harmonie très subtile. Quelle remarquable symbiose instrumentale du jazz inclassable de Ziad ! Ce swing caresse le bien-être alors que de multiples révoltes dénoncent le mensonge et défendent la vérité humaine.
Le swing faisait partie de sa façon de s’exprimer à travers la fluctuation de ses interrogations, le bref sourire en attendant le tempo du répondant, la rythmique des expressions orales et des gestes correspondants. Au-delà des multiples révoltes, il a cultivé une subtilité verbale indépendante et défendu le sens propre de la liberté d’expression que très peu de Libanais adoptent et cultivent. Cependant, les vrais créateurs ne mâchent pas les mots. Ils ont le courage de rester fidèles aux belles valeurs qu’ils défendent et préfèrent les liens sincères aux rapports opportuns. Ils persistent ainsi, tant bien que mal, à ne dépendre de quiconque. Ces Libanais épris de l’indépendance représentent clairement le sens propre de notre Constitution qu’ils pratiquent jusqu’à la fin !
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