Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, au Grand Sérail, le 19 juin 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Pour le 80ᵉ anniversaire de l’armée libanaise vendredi, le Premier ministre Nawaf Salam, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, ainsi que plusieurs responsables politiques et personnalités ont adressé leurs félicitations à l’institution militaire. Le Premier ministre a souligné qu’il ne pouvait y avoir de salut pour le Liban sans un travail sérieux visant à garantir le monopole d’État sur les armes, un sujet qui a pris de l’ampleur dans les débats politiques.
Le Premier ministre a souhaité au Liban « une armée pour un peuple, dans une seule patrie ». Dans un message publié sur la plateforme X, au lendemain d’un discours marquant du président Joseph Aoun dans lequel ce dernier s’était directement adressé au Hezbollah et à ses partisans, les appelant à « miser sur l’État », le chef du gouvernement a rendu hommage à « notre armée fière, pour les sacrifices de ses soldats, officiers et martyrs ».
Estimant que les troupes sont « l’emblème de notre souveraineté et de notre indépendance », il a souligné que l’armée constitue « un rempart solide pour notre sécurité », alors que le Hezbollah continue de se présenter comme une « résistance » face à Israël, malgré de lourdes pertes subies lors de la dernière guerre. L’État hébreu poursuit rappelle-t-on ses attaques quotidiennes dans plusieurs régions du Liban, notamment au Sud et dans la Békaa, sans aucune riposte du parti chiite.
Conseil des ministres crucial
« Il n’y aura pas de salut pour le Liban sans un travail sérieux visant à confier à l’armée le monopole des armes, et il n’y aura pas de stabilité si l’autorité de l’État ne s’exerce pas sur l’ensemble du territoire national, avec ses propres forces », a ajouté Nawaf Salam. Il a conclu en précisant que ces revendications figurent dans l’accord de Taëf conclu en 1989 pour mettre fin à la guerre civile (1975-1990), ainsi que dans la déclaration ministérielle de son gouvernement. M. Salam doit présider mardi prochain une réunion cruciale du Conseil des ministres consacrée à la question du monopole des armes, un dossier qui risque de provoquer l’effondrement du cabinet si le Hezbollah persistait à refuser de remettre son arsenal.
Parallèlement, le général Rodolphe Haykal a affirmé que l’armée est « toujours prête à donner et à se sacrifier face aux défis actuels », notamment « l’intensification des violations et des attaques israéliennes contre la souveraineté et la sécurité du Liban, provoquant morts, blessés et destructions ».
Célébrations et déploiement
Pour la fête de l’armée, le général Haykal a tenu une réunion spéciale à Yarzé, en présence des commandants des principales unités et régiments, ainsi que d’un certain nombre d’officiers. Il leur a donné des instructions en tenant compte des circonstances difficiles que traverse le Liban.
Il a indiqué que « les efforts de l’armée se concentrent actuellement sur le maintien de la stabilité et de la paix civile, la sécurisation et la protection des frontières nord et est, la prévention de la contrebande et la confrontation des menaces extérieures ». Il a ajouté que « la communication avec les autorités syriennes concernant la sécurité des frontières se poursuit, car elle est d’une importance capitale pour la stabilité des deux pays ».
« L’armée a procédé à un déploiement large et important dans la région située au sud du Litani, en étroite coordination et coopération avec la Finul, alors que l’ennemi israélien continue d’occuper plusieurs points à la suite de son agression récente contre notre pays. La poursuite de cette occupation constitue le seul obstacle à l’achèvement du déploiement des unités militaires. Les habitants du Sud ont pleinement coopéré avec l’armée, et le commandement reste en contact permanent avec le comité de cessez-le-feu », a-t-il poursuivi. Il a également révélé que l’armée « surveille de près tout mouvement de groupes terroristes et œuvre à l’arrestation de leurs membres ».
Le commandant en chef de l’armée a aussi effectué une tournée d’inspection dans plusieurs unités et centres militaires déployés au Liban-Sud, dans la Békaa, au Nord et à Beyrouth, rapporte l’Agence nationale d’information (ANI). Lors de sa tournée, il a souligné « l’importance de la loyauté envers la patrie et l’institution militaire, qui demeure le protecteur de tous les Libanais sans distinction », rappelant que « l’armée a offert de nombreux martyrs et blessés et restera ferme et attachée à la terre face à l’ennemi israélien ».
Les autres réactions
De son côté, le département de la Sécurité de l’État a publié une image sur X avec le message suivant : « Nous saluons nos frères d’armes dans leur parcours de défense du Liban. »
L’Office du Coordonnateur spécial des Nations unies pour le Liban, dirigé par Jeanine Hennis-Plasschaert, a pour sa part félicité l’armée en affirmant : « L’armée libanaise a accompli des progrès notables dans la promotion de la stabilité et joue un rôle essentiel dans l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. »
Sur la scène politique, le ministre de la Défense Michel Menassa, a affirmé que « l’application de la résolution 1701 dans toutes ses dimensions contribuera à stabiliser et à consolider la sécurité au Sud (…) et à renforcer la crédibilité de l’État libanais grâce à ses forces légitimes ». La résolution 1701, qui avait mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, constitue également le cadre de l’accord de cessez-le-feu qui a mis un terme à la guerre ouverte opposant ces mêmes belligérants durant treize mois, d’octobre 2023 à novembre 2024. Elle prévoit notamment « le désarmement de tous les groupes armés au Liban, afin que (…) seul l’État détienne les armes et exerce son autorité ».
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a quant à lui écrit sur X : « Le sang de vos martyrs nous unit. Nous étions vos soutiens et nous le restons. »
Le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, critique notoire du Hezbollah, a aussi écrit sur X : « En ce jour de l’armée libanaise, nous saluons les héros de notre pays qui se sacrifient avec dévouement et silence (…) Au nom du parti Kataëb, je vous dis que nul autre que vous n’a le droit de défendre notre pays. Nous comptons sur vous. Le Liban existe grâce à vous. »
De son côté, Bahaa Hariri, frère aîné de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, également opposé au Hezbollah, a déclaré : « En ce 80ᵉ anniversaire de l’armée, nous célébrons l’institution qui incarne l’unité nationale, l’honneur, le sacrifice et la loyauté. La véritable souveraineté exige l’extension de l’autorité de l’État sur tout le territoire national et que les armes demeurent exclusivement entre les mains de notre armée. C’est la seule voie vers un Liban fort et stable. »
Le président du Parlement Nabih Berry avait affirmé jeudi que l’armée est « au cœur des espoirs des Libanais en matière de sécurité, de défense de la terre et de l’homme, et pour la résurrection du Liban ».
Dans un communiqué publié sur X, l'ambassade de France a exprimé son « plein soutien à sa mission pour le monopole complet des armes sur l'ensemble du territoire libanais, pour un Liban stable, sûr et souverain ».



Si les gouvernants de notre pays et ses responsables politiques avaient oeuvré pour faire appliquer ce fameux accord qui est resté lettre morte, alors que ce parti n’était pas encore surarmé, notre pays aurait évité le pire et ce parti ne serait plus là depuis des décennies. Ils ont préféré le chaos à la stabilité pour s’adonner à leur seule activité rentable, qui est de piller le pays, laissant les usurpateurs en disposer à leur guise tant que leurs business et leurs comptes bancaires prospèreraient. Ils sont coupables de l’anéantissement de notre pays et devraient être jugés pour l’exemple.
11 h 28, le 01 août 2025