Rechercher
Rechercher

Culture - Musique

Dans « Fragile » Tania Saleh dit son inquiétude d'un monde en péril

L'autrice, compositrice, interprète et artiste visuelle libanaise a réuni dans ce nouvel album, sorti le 2 juillet*, 10 chansons profondément humaines. À cette occasion, « L’Orient-Le Jour » lui a adressé trois questions.

Dans « Fragile » Tania Saleh dit son inquiétude d'un monde en péril

Autrice et compositrice, interprète et artiste visuelle, Tania Saleh. Photo Elie Fahed

Inspirée par son départ forcé du pays du Cèdre, après la crise politique et financière et l’explosion du port de Beyrouth en août 2020, l’artiste explore, dans Fragile, des questionnements qui tourmentent nombre d’entre nous. Des interrogations sur l’avenir, dans un monde dévasté par les guerres, les crises sociales et climatiques et la prédominance des machines. Chantées en libanais, les dix chansons que recèle ce nouvel album sont multinationales : elles ont été enregistrées en France et sont nées d’une collaboration à distance avec un producteur norvégien.

Votre titre principal, « Ghaseel Dmegh » (« Lavage de cerveau »), sonne comme une renaissance. Vers quoi vous dirigez-vous désormais ?

En effet, cette chanson a marqué le point de départ de ce projet. Elle avait justement pour but d’ouvrir la porte à un « lavage de cerveau » à travers l’album. Un lavage de cerveau entre guillemets, car je ne pourrais jamais réellement l’accomplir. Me transformer en quelqu’un de totalement différent, avec une manière de penser radicalement opposée, c’est impossible. Cette chanson est donc une manière un peu cynique de voir les choses. Une parodie de la vie et de notre façon de percevoir le monde.

Peut-être que cet album sera le dernier, je n’en sais rien. J’ai envie d’explorer d’autres horizons musicaux, de ne pas rester enfermée dans le système des DSP (Digital Service Providers). Le monde évolue rapidement, et je ne sais pas si je pourrai encore suivre et assumer dans quelques années. Pour l’instant, je pense plutôt me rediriger vers le cinéma d’animation, vers l’aspect visuel de ma carrière. J’aimerais donner une vraie chance à cette facette de ma vie artistique.

Dans vos chansons, on devine un épuisement profond. Qu’est-ce qui vous fatigue le plus ?

La méchanceté. La quantité de méchanceté et de terreur qu’on subit. Et ce sentiment d’impuissance que je ressens… immense. Ça m’épuise. C’est ça qui me rend un peu folle : le fait qu’on laisse tout passer comme si de rien n’était, comme si toute cette horreur était normale.

Dans nos archives

Tania Saleh, mélodies douces pour temps amers

Dans « Leh », un autre titre de l’album, vous chantez : « On dessine le cœur au lieu de ce qu’il y a à l’intérieur. » Si on ouvrait le vôtre, qu’y trouverait-on ?

Un réservoir d’amour. Toujours plein, au point de déborder. Et dans Leh, je me demande pourquoi les autres ne sont pas aussi généreux de leur amour. Pourquoi ils cachent des choses, pourquoi ils ne montrent pas, en toute transparence, ce qu’ils portent en eux. Je décris simplement une situation que je vis tous les jours : je vois des gens un peu amers, violents, méchants avec la vie et avec les autres. Alors je me demande : pourquoi ? C’est tout. C’est une question d’enfant de cinq ans, mais elle me tord le cœur, tout le temps. Même aujourd’hui.

Fragile, le dernier album de Tania Saleh, est disponible sur les principales plateformes de téléchargement.

Inspirée par son départ forcé du pays du Cèdre, après la crise politique et financière et l’explosion du port de Beyrouth en août 2020, l’artiste explore, dans Fragile, des questionnements qui tourmentent nombre d’entre nous. Des interrogations sur l’avenir, dans un monde dévasté par les guerres, les crises sociales et climatiques et la prédominance des machines. Chantées en libanais, les dix chansons que recèle ce nouvel album sont multinationales : elles ont été enregistrées en France et sont nées d’une collaboration à distance avec un producteur norvégien.Votre titre principal, « Ghaseel Dmegh » (« Lavage de cerveau »), sonne comme une renaissance. Vers quoi vous dirigez-vous désormais ?En effet, cette chanson a marqué le point de départ de ce projet. Elle avait justement pour but d’ouvrir la porte...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut