Entourée de ses proches, dont sa fille Rima, Feyrouz quitte l’église et remonte dans la voiture noire à bord de laquelle elle était arrivée.
« J'accompagnais Ziad depuis plusieurs mois. Je n’arrivais pas à le convaincre d’aller de l’avant… Ziad, c’est toute ma génération. Il a toujours été un pas plus loin », confie à L'Orient-Le Jour Ghassan Salamé, le ministre de la Culture.
Le cercueil de Ziad Rahbani arrive à Zeghrine, où il doit être inhumé sur un terrain appartenant à la famille.
« Ziad fait partie de notre conscience politique. C'était un génie, et nous avons grandi avec son œuvre. On espère que ses idées pour le pays seront un jour réalisées, et qu’on aura enfin un vrai pays », affirme le député Firas Hamdan à L’Orient-Le Jour.
Le cercueil de Ziad Rahbani à sa sortie de l’église. Photo L’Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le cercueil de Ziad Rahbani est porté à bout de bras et sort de l’église sous les applaudissements de la foule. Les cloches résonnent accompagnant ce dernier adieu.
Ziad Rahbani décoré à titre posthume de la médaille de l’Ordre du Cèdre par le Premier ministre Nawaf Salam, le 28 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a remis, au nom du président de la République Joseph Aoun, la médaille de l'Ordre du Cèdre au rang de Commandeur. « C’est un honneur de le remettre aujourd’hui à sa famille », a-t-il déclaré.
« Ziad Rahbani, créateur de génie, tu as été le cri sincère de notre génération, engagé pour les causes humaines et nationales. Tu as osé dire ce que beaucoup d’entre nous n’osaient pas exprimer, a également affirmé le Premier ministre. Tu resteras à jamais la voix de la beauté, de la révolte, de la justice et de la vérité. »
Le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui, présent à Bickfaya, a salué au micro de L'OLJ, en parallèle à la messe, la mémoire de Ziad Rahbani qui parlait toujours « aux noms des pauvres, des déshérités et des faibles ». « Nous nous retrouvions sur la même longueur d'ondes avec lui sur tous les sujets », a-t-il affirmé. « Nous devons rester préserver son message, a-t-il ajouté. Il était humain, proche de la résistance palestinienne et il luttait contre tout pays dans le monde qui exploite les autres et veut imposer sa loi. » Il a estimé que les « racines » résistantes de Ziad Rahbani remontaient même à avant la naissance de la « résistance » du Hezbollah.
La messe est officiée par le métropolite grec-orthodoxe du Mont-Liban Selouan Moussi. L'église est pleine à craquer tandis que des dizaines de personnes la suivent depuis l'extérieur.
La messe de funérailles de Ziad Rahbani commence en l'église de la Dormition à Bickfaya. Feyrouz est assise au premier rang, près du cercueil de son fils, et à côté de sa fille Rima.
La messe de funérailles de Ziad Rahbani commence en l'église de la Dormition à Bickfaya. Feyrouz est assise au premier rang, près du cercueil de son fils, à côté de sa fille Rima.
À quelques minutes du début de la messe de funérailles, la foule est massée dans la cour de l'église de la Dormition à Bickfaya. Des oraison funèbres sont diffusées dans les hauts-parleurs.
Une femme se recueillant devant le cercueil de Ziad Rahbani. Photo Mohammad Yassine
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et son épouse sont venus présenter leurs condoléances à la famille Rahbani et Feyrouz.
Peu avant son arrivée, c'est la chanteuse Majida el-Roumi qui était arrivée à l'église de la Dormition.
Zahi Wehbé, journaliste, à L'OLJ : « Ziad Rahbani, c’est le cri du cœur qui réveille les consciences, la voix de la conscience de la nation, du peuple et de l’humanité. Et c’est un cri d’alarme pour réveiller notre conscience collective et individuelle, afin que nous appréhendions avec clarté notre réalité nationale et arabe, et la situation de l’humanité de manière générale. »
Zahi Wehbé, journaliste, à L'OLJ : « Ziad Rahbani, c’est le cri du cœur qui réveille les consciences, la voix de la conscience de la nation, du peuple et de l’humanité. Et c’est un cri d’alarme pour réveiller notre conscience collective et individuelle, afin que nous appréhendions avec clarté notre réalité nationale et arabe, et la situation de l’humanité de manière générale. »
Alors que la messe de funérailles doit commencer à 16h, des dizaines de personnes ont déjà pris place dans l'église.
Le styliste de renommée internationale Elie Saab, s'est rendu à Bickfaya et est resté aux côtés de Feyrouz, tout comme le ministre de la Culture, Ghassan Salamé.
Ont également été aperçus dans la foule le poète Nizar Francis, l'actrice Julia Kassar, son collègue Georges Chalhoub et la réalisatrice Lina Abiad.
À L'Orient-Le Jour, l'artiste Lady Madonna déclare : « J'ai grandi avec les Rahbani. J'ai perdu aujourd'hui Ziad, qui était avant-gardiste. Il a porté notre douleur à tous ».
Elham Rahbani, la tante de Ziad et sœur d'Elias, Mansour et Assi, a rejoint ses proches dans le salon de l'église.
Parmi les autres personnalités ayant fait le déplacement pour payer leurs hommages à l'artiste disparu et se tenir aux côtés de sa famille, la présidente du festival de Beiteddine, où se sont produits Ziad Rahbani et Feyrouz, Nora Joumblatt, Solange Gemayel, l'épouse de l'ancien président assassiné Bachir Gemayel, l'ex-président Michel Sleiman. D'autres artistes comme les comédiens Tarek Tamim, Mohammad Dayekh, Hussein Kaouk, l'actrice Rita Hayek et la chanteuse tunisienne Latifa, l'une des grandes muses de Ziad Rahbani, sont également sur place.
Dans le salon de l'église, Feyrouz reste murée dans son silence alors que les gens se pressent pour présenter leurs condoléances et apercevoir la diva sous sa mantille en dentelle noire. De temps à autre, elle essuie discrètement une larme derrière ses grandes lunettes noires.
De nombreuses personnalités du monde artistique sont présentes à Bickfaya pour rendre leur dernier hommage à Ziad Rahbani. Mentionnons notamment le musicien Charbel Rouhana, le poète Talal Haïdar, affaibli par la maladie, le chanteur Mohammad Iskandar ou encore le célèbre compositeur et joueur de oud Marcel Khalifé.
Par ailleurs, l'épouse du président de la Chambre Nabih Berry, Randa Berry, est dans le salon de l'église.
La journaliste Dima Sadek a également été aperçue sur place.
Aux côtés de Feyrouz, dans le salon de l'église de la Dormition, où se pressent des centaines de personnes venues présenter leurs condoléances, l'on retrouve sa sœur Hoda, sa fille Rima, et plusieurs cousins de Ziad Rahbani, notamment les musiciens Oussama, Ghassan et Jad Rahbani.
Retrouvez ici le repère de Malek Jadah sur la famille Rahbani.
✒️ « C’est peu dire qu’en partant, Ziad Rahbani a emporté dans ses bagages ce jazz oriental et ce discours amer érigés en culte par toute la jeunesse de la guerre civile. »
Dans son « Impression » en hommage à l'artiste, Fifi Abou Dib revient sur des souvenirs de jeunesse en pleine guerre civile bercés par les répliques et chansons de « Ziad », qui « réunissait les deux Beyrouth dans une même amertume joyeuse, un même désespoir élégant. »
Ziad, « Maro de L’Orient-Le Jour » et la génération perdue, à lire ici.
Feyrouz est entrée dans le salon de l'Eglise pour recevoir les condoléances. Elle est toujours accompagnée du député Elias Bou Saab, dont l'épouse la chanteuse Julia Boutros, est également présente à Bickfaya.
Capture d'écran MTV
Assise dans l'église aux côtés de sa fille, Feyrouz se recueille devant le cercueil de son fils. À son arrivée dans l'église, l'on pouvait entendre « Ana el-Oum el-Hazina » (Je suis la mère éplorée), un chant religieux de la diva habituellement chanté à Pâques.
Feyrouz sort de la voiture, la tête sous un voile noir, sous les applaudissements de la foule présente sur les lieux et avec des lunettes noires. Elle est accompagnée par sa fille Rima et le député Elias Bou Saab. Elle a été saluée à son entrée dans l'église par la Première Dame.
La diva libanaise Feyrouz est arrivée à l'église de la Dormition de Bickfaya pour un dernier adieu à son fils Ziad Rahbani, selon les médias locaux. Selon les informations de presse, l'église va être vidée pour lui permettre de se recueillir seule près du cercueil.
La foule commence à arriver au salon de l'église de la Dormition de Mhaydsé-Bickfaya, où la famille recevra les condoléances avant et après la messe de funérailles, prévue à 16h.
Sont déjà présents sur place, parmi les proches du défunt, ses cousins Oussama et Jad Rahbani et son ancienne compagne, l'actrice Carmen Lebbos. L'on aperçoit également parmi les personnes venues présenter leurs condoléances, la Première Dame Neemat Aoun, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth Elias Audi, le PDG de la chaîne MTV, le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, et une dizaine de députés pour l'instant.
Alors que le cortège funèbre accompagnant la dépouille de Ziad Rahbani est en route vers Antélias, puis ensuite Bickfaya, nous vous proposons d'écouter « Bala Wala Chi » (Sans rien du tout), un morceau paru en 1985 sur l’album « Houdou’ Nisbi » (Calme relatif), qui mêle jazz, funk et boogie.
« Leur relation était conflictuelle sur fond d’amour absolu » : revivez, avec ce récit de Karl Richa, la relation entre Ziad Rahbani et Feyrouz, faites d'orages et de pardons.
Après son départ de l'hôpital, le SUV transportant le cercueil de Ziad Rahbani circule dans Hamra, quartier l'artiste a vécu la majeure partie de sa vie, au son de ses chansons.
Sous les applaudissements et les you-yous des personnes présentes, un corbillard est sorti des Urgences de l'hôpital Khoury, transportant le cercueil de Ziad Rahbani.
Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Pour Mohammad, qui travaille dans le milieu artistique et dit avoir collaboré à deux reprises avec le disparu, « Ziad a été un modèle pour nous qui avons grandi dans les années 90. Il rassemblait tout le monde, malgré la guerre et les conflits. »
Toujours devant l'hôpital, Ramzi, très ému, a les larmes aux yeux. « On ne le méritait pas. Il m'a aidé à avancer dans la vie », affirme-t-il. Non loin de lui, une femme sanglote.
De son côté, Chawki Farès estime que « Ziad nous a appris à vivre et parler. On utilise souvent des phrases de ses pièces dans la vie de tous les jours ».
À Hamra, Roukaya, une jeune femme voilée d'une vingtaine d'années, est en pleurs : « J’ai grandi dans un milieu très différent de celui de Ziad. Il a été un pont entre mon milieu et les autres. Grâce à lui j’ai compris le monde », confie-t-elle à L'Orient-Le Jour.
Photo AFP
Pour tenter de comprendre le « phénomène » qu'était Ziad Rahbani, nous vous proposons de (re-) lire ce portrait écrit par Maya Ghandour Hert et Rana Najjar :
Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Devant l'hôpital Khoury, parmi la foule, on aperçoit des gens en larmes, d’autres qui tiennent des fleurs.
« Il était communiste mais maintenant on va l’enterrer de manière religieuse. L’Eglise a été la plus forte », estime un homme sur place.
À 8h, devant l'hôpital Khoury de Hamra, environ 200 personnes attendent la sortie de la dépouille, en chantant certains de ses morceaux, selon notre journaliste sur place, Zeina Antonios.
Ziad Rahbani, le fils de Feyrouz, iconique chanteuse libanaise à la renommée internationale, et de Assi Rahbani, est décédé samedi matin à l'hôpital Khoury de Hamra. Si c'est une crise cardiaque qui l'a emporté, il souffrait de problèmes de santé depuis longtemps et avait récemment refusé de se faire soigner.
Bonjour chers lecteurs et bienvenue sur notre couverture en direct de cette journée d'adieux à Ziad Rahbani, pilier de la scène culturelle et artistique libanaise, « phénomène » qui a marqué de son œuvre musicale et théâtrale des générations de Libanais.
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Ziad Rahbani a été fait commandeur dans l'Ordre du Cèdre (à titre posthume et à titre libanais, bien entendu). Ce qui est plus que notable : remarquable ! L'Ordre du Cèdre comporte trois grades (chevalier, officier, commandeur) et deux dignités (grand officier et grand croix). L'on peut donc écrire que Ziad a été nommé au plus haut grade de cet Ordre national. Pour mémoire, sa mère, Nouhad Haddad (Fairouz), avait été nommée commandeur de la Légion d'honneur (à titre étranger) par le président de la République française le 31 août 2020.
17 h 59, le 28 juillet 2025