Une frappe israélienne sur le Liban-Sud, le 3 juillet 2025. Photo relayée par notre correspondant Mountasser Abdallah
Dans une déclaration à la chaîne israélienne N12 (ou Channel 12), un commandant de l’armée israélienne a décrit les grandes lignes du dispositif de surveillance, de frappes et d’assassinats sur le territoire libanais pour empêcher le Hezbollah de se déployer à la frontière entre le Liban-Sud et le nord d’Israël.
Les propos du militaire, qui n’a pas été nommé mais qui est présenté comme le commandant du 89e bataillon de la 8e brigade, une brigade blindée de réserve, ont été relayés dans un reportage centré sur les huit mois d’application du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, diffusé mardi, dont le contenu a été traduit par l’Institut pour les études palestiniennes. Cette traduction a été relayée par plusieurs médias dont Nida' el-Watan et Hodhud — un média palestinien spécialisé dans le suivi des reportages et déclarations des médias israéliens.
« Dans le cadre de l’application de l’accord de cessez-le-feu, nous recueillons du renseignement et attaquons l’ennemi qui tente de se réorganiser dans les zones proches de la frontière », a déclaré le militaire. Les activités militaires se concentrent dans ce que l’armée appelle « la zone de sécurité », explique-t-il, sans la décrire davantage, assurant que les soldats israéliens mettent continuellement à jour leurs renseignements sur les mouvements du parti chiite.
Il évoque une coordination entre les unités d’observation, de renseignement et de combat. « Nous disposons d’une quantité importante de renseignements qualitatifs grâce aux systèmes de surveillance avancés de l’armée », a-t-il ajouté. Les opérations suivent des directives émises par son commandement supérieur qui englobent aussi bien les frappes au Liban-Sud que celles dans d’autres régions comme la Békaa ou la banlieue sud de Beyrouth. Il estime que ces attaques, considérées par la partie libanaise comme des violations du cessez-le-feu au même titre que l’occupation de cinq points stratégiques au Liban-Sud, ont tué plus de 200 membres du Hezbollah.
« Il reste encore quelques poches »
Selon un bilan effectué à partir des chiffres du ministère libanais de la Santé et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (des Nations unies), autour de 280 personnes au total ont été tuées dans des frappes israéliennes sur le territoire libanais depuis fin novembre, dont des civils.
Le commandant affirme également que « le Hezbollah n’apparaît plus autant dans la région », qu’il « reste à distance de la frontière », bien qu’« il reste encore quelques poches ».
Selon un porte-parole contacté par L’Orient-Le Jour, le parti chiite a demandé à ses membres, depuis le début du cessez-le-feu, d’éviter de se rendre sans raison dans le Sud, que ce soit pour voir leurs maisons, leurs familles ou tout autre motif impérieux. « En tant que responsable de cette zone, j’observe les villages libanais et je sens que le Hezbollah s’est affaibli. Il ne dispose plus des mêmes capacités qu’avant le 7 octobre (2023, date du début de la guerre de Gaza au lendemain duquel le Hezbollah a commencé ses attaques contre Israël, Ndlr). Il ne peut plus mener d’attaques ou nuire à la population », a indiqué le commandant israélien cité par Channel 12.
En plus des frappes, le responsable militaire a aussi confirmé que l’armée israélienne mène parfois des opérations spéciales à l’intérieur du territoire libanais dans le but de « démanteler l’infrastructure ennemie ». Il a évoqué une opération récemment menée dans un village du Liban-Sud pour détruire « un site contenant de nombreuses roquettes prêtes à être lancées, des dispositifs de communication et des instructions sur des cibles ».
Dans un communiqué publié le 9 juillet, l’armée israélienne avait déclaré mercredi que ses soldats étaient entrés dans le sud du Liban pour mener des « opérations spéciales et ciblées » afin de démanteler des infrastructures du Hezbollah à quelques kilomètres de la frontière israélienne.
Pas plus tard que dimanche, l’armée libanaise a renforcé son déploiement près du village frontalier de Rmeich, dans le caza de Bint Jbeil, après une incursion de véhicules militaires israéliens. Début juillet, l’armée israélienne s’était infiltrée à Meis el-Jabal et avait fait exploser une fabrique de textile nouvellement rénovée.
Alors que l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis novembre est quotidiennement violé par l'État hébreu, les États-Unis démarchent actuellement le Liban et Israël pour aboutir à une formule qui donnerait le coup d’envoi du désarmement effectif du Hezbollah et du retrait israélien du Liban-Sud. Les discussions n’ont pas encore abouti malgré le 3e passage en quelques semaines de l’émissaire américain Tom Barrack, chargé du dossier.



Si le hezbollah n'est plus présent au sud. Tant mieux.Une question se pose:A quoi servent donc ces armes,qui sont ailleurs que dans le sud?Pour maintenir l'arrogance, la menace et garder "le pouvoir" à l'encontre des LIBANAIS?Ces armes ne servent plus à rien.Nous savions qu'elles ne servaient qu'à mettre le pays en danger sans servir à grand chose. Aujourd'hui,suite à la raclée subie par ces mercenaires chiites;suite aux PAGERS et à l'amateurisme du hezbollah.Le décalage se calcule en années lumières entre Israel et eux? Qu'ils remettent leurs armes à l'armée libanaise..Et qu'on en finisse
19 h 30, le 23 juillet 2025