Le chef du parti al-Tawhid, Wi'am Wahab. Photo tirée du site Kataëb.org
Une semaine après l’annonce sur X de la création d’une formation baptisée « armée du Tawhid » par le chef du parti druze éponyme, Wi’am Wahab, qui a appelé à la mise en place d’une « résistance indépendante » pour faire face aux affrontements opposant tribus bédouines et druzes à Soueida (Syrie), M. Wahab a été visé, lundi, par une demande d’ouverture d’une information judiciaire. Le recours, dénonçant des crimes qui « menacent la sécurité nationale et la paix civile », a été déposé devant le parquet de cassation par Nohad Salma, avocat, et Kifah al-Kassar, membre du Conseil islamique chérié, présidé par le mufti de la République, Abdellatif Deriane.
« Tout le monde, à Soueida et dans les villages environnants, doit expulser les hommes armés hors de la ville. (…). Restez fermes et (ces hommes) seront chassés », avait ajouté le chef du parti al-Tawhid dans son commentaire.
Contacté par L’Orient-Le Jour, Me Salma affirme que l’information judiciaire se base notamment sur l’article 317 du Code pénal qui punit de prison « quiconque, par une action, un écrit ou un discours, attise les dissensions sectaires et confessionnelles et incite aux conflits entre les composantes de la nation ». Le recours s’appuie également sur l’article 219 du même code qui considère « complice dans un crime ou délit toute personne ayant donné des instructions pour commettre l’infraction ou ayant renforcé la détermination de son auteur par quelque moyen que ce soit ». Me Salma accuse en outre M. Wahab de « réveiller les pulsions identitaires, (d’)exacerber les croyances instinctives » et de tenter de raviver la logique des milices ».
« Nous sommes dans un État, et non un mini-État ou une ferme », martèle-t-il, affirmant que « si des composantes des autres communautés libanaises se comportaient à l’image du leader druze, toute la structure de l’État serait démantelée ».
Pour l’avocat plaignant, l’annonce de « l’armée du Tawhid » constitue une tentative de « détériorer les relations entre le Liban et la Syrie », en référence notamment à des propos jugés insultants au président syrien Ahmad el-Chareh, le qualifiant de « barbier », en référence aux vidéos montrant des cheikhs druzes se faisant raser la barbe de force par des combattants de groupes opposés aux druzes de Soueida.
Il y a quelques mois, le chef du parti Tawhid avait exprimé, lors d’un entretien télévisé, sa volonté de normaliser les relations avec Israël, se déclarant prêt à « traiter avec le diable » pour assurer la protection de la communauté druze. Pour les plaignants, ces propos relèvent d’« une collaboration avec l’ennemi (…) et d’un acte de trahison ».
Me Salma indique à notre publication que le recours a été enregistré au greffe du parquet de cassation, exprimant le souhait de voir le procureur général près la cour de Cassation, Jamal Hajjar, y donner suite.
L’OLJ a tenté, sans succès, d’entrer en contact avec M. Wahab, via deux numéros de téléphone qui lui ont été communiqués.



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Il est difficile de fermer les yeux sur des massacres de civils pour la seule raison d'être né dans telle ou telle population. Ne doit-on pas douter, en Syrie, de la bonne foi des gouvernants quand leur armée prend le parti des uns contre les autres ? Etre solidaire de victimes innocentes est une preuve d'humanité. Il ne faut cependant pas retomber dans la division entre libanais, voire une division du Liban (déjà minuscule) ! Quand nos "leaders" prendront le temps de discuter sur ce qui les rassemble et essayer d'aplanir ce qui les sépare ?
21 h 18, le 24 juillet 2025