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Politique - Décryptage

Barrack quitte le Liban, sans aucune avancée


Le Liban croyait sa position solide. Il a exécuté sa part de l’accord entré en vigueur le 27 novembre 2024 et il est même prêt à accomplir des pas concrets en direction du monopole des armes par l’État, mais il faut aussi que les Israéliens fassent preuve à leur tour de bonne volonté et donnent un signe concret en ce sens, surtout après les derniers développements en Syrie. Mais quelle n’a été sa surprise face à la position de l’émissaire américain Thomas Barrack qui a refusé d’intervenir auprès des Israéliens pour les pousser à faire le moindre pas en direction des demandes libanaises. C’est comme si, soudain, celui que les Libanais prenaient pour un médiateur et un négociateur s’était transformé en « conseiller des autorités libanaises », dépourvu du moindre pouvoir auprès des Israéliens ou, au moins, refusant d’utiliser son influence sur eux.

Les résultats de cette troisième visite de Barrack sont rapidement devenus évidents, notamment après sa déclaration à partir du Sérail : il n’est pas question de demander aux Israéliens des garanties pour l’application de l’accord du cessez-le-feu et la question des armes du Hezbollah est purement interne libanaise. Face au choc causé au Liban par cette phrase, Barrack a bien essayé d’atténuer l’impact de ses propos en multipliant mardi les déclarations optimistes, notamment à l’issue de sa rencontre avec le président de la Chambre, mais il n’a pas vraiment convaincu.

La première conclusion tirée des déclarations de l’émissaire américain, c’est que le Liban ne peut absolument pas compter sur les États-Unis pour exercer la moindre pression sur les Israéliens, tant que le Hezbollah n’a pas été désarmé. C’est une constatation qui détruit d’une certaine manière toutes les attentes des responsables libanais concernant un rééquilibrage de l’application de l’accord conclu, qui, jusqu’à présent, n’a été respecté que par le Liban. Même le président de la Chambre qui avait préparé une proposition qui se voulait tout à fait acceptable a dû mettre de côté ses espoirs. Berry avait, selon les sources de Aïn el-Tiné, proposé une trêve de 15 jours que les Israéliens s’engageaient à respecter totalement, pour que le Hezbollah puisse passer à une action concrète au sujet de la remise de ses armes à l’État, ou en tout cas au sujet de l’élaboration d’un plan par étapes dans ce but.

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D’ailleurs, toujours selon les mêmes sources, les discussions à ce sujet auraient déjà commencé. Aux yeux de Berry, il est toutefois indispensable de donner quelque chose aux Libanais, et en particulier à la communauté chiite, qui a payé le prix fort depuis le 8 octobre 2023 sans pouvoir obtenir en guise de compensation ne serait-ce qu’un petit feu vert pour la reconstruction. Mais il semble que cet argument n’ait pas convaincu l’émissaire américain qui a répété que son administration n’est pas en mesure de demander aux Israéliens des garanties. Si on ajoute à cette phrase celle qui dit que le désarmement du Hezbollah est une affaire interne, on comprend mieux que, pour Barrack, celui-ci est inéluctable et le Liban n’est pas en mesure de le négocier ou de chercher à obtenir des compensations en contrepartie.

Le bon côté, dans cette déclaration, c’est que l’émissaire américain n’a pas menacé de représailles israéliennes au cas où cette responsabilité ne serait pas assumée par l’État libanais. Par contre, en jetant toute la responsabilité du monopole des armes sur les autorités libanaises, il a confié à celles-ci une mission difficile, non seulement avec le Hezbollah, mais aussi avec tout son environnement populaire. Surtout que les autorités n’ont rien à donner en contrepartie, puisque toutes les promesses financières pour la reconstruction ne se sont pas encore concrétisées.

De même, en élargissant l’éventail de ses rencontres à des personnalités religieuses et à de nombreuses parties politiques, Barrack a visiblement changé d’objectif. S’il s’agissait auparavant de discuter avec les responsables pour leur faire accepter la nécessité de désarmer le Hezbollah sans que cela soit lié à l’accord conclu en novembre 2024, il semble que désormais son souci est de pousser les différentes parties libanaises à réclamer clairement et ouvertement ce désarmement, selon des sources libanaises qui suivent de près ce dossier. C’est dans ce but, selon ces mêmes sources, qu’il a rencontré lundi et mardi de nombreuses personnalités politiques dont des députés pour leur faire prendre conscience de l’importance de concrétiser ce plan, tout en précisant que sans un plan applicable à ce sujet, les aides ne parviendront pas au Liban. Ce pays pourrait être alors le laissé-pour-compte de la relance qui attend la Syrie et d’autres pays de la région. En même temps, il s’agit d’œuvrer pour l’isolement politique du Hezbollah et un prélude a déjà été donné en ce sens lors des dernières séances parlementaires de débat général, au cours desquelles un nombre important de députés ont réclamé le désarmement du parti. Pas de menaces militaires donc, mais le spectre d’un pourrissement économique et institutionnel, faute de moyens, qui pourrait provoquer des troubles internes. Ce n’est pas ce que souhaitent les États-Unis, s’est toutefois empressé d’ajouter l'émissaire, qui n’abandonneront jamais le Liban.

L’argument avancé sur la nécessité de profiter de toutes les armes pour se défendre face à d’éventuelles attaques contre les minorités, comme cela s’est passé en Syrie, n’a visiblement pas porté ses fruits et la demande américaine, s’il faut en croire les déclarations de Barrack, reste la même. L’émissaire américain quitte donc le Liban sans avoir enregistré une importante percée. Il laisse derrière lui des perspectives qui, sans être totalement pessimistes, ne sont pas non plus annonciatrices de la relance attendue. 

Le Liban croyait sa position solide. Il a exécuté sa part de l’accord entré en vigueur le 27 novembre 2024 et il est même prêt à accomplir des pas concrets en direction du monopole des armes par l’État, mais il faut aussi que les Israéliens fassent preuve à leur tour de bonne volonté et donnent un signe concret en ce sens, surtout après les derniers développements en Syrie. Mais quelle n’a été sa surprise face à la position de l’émissaire américain Thomas Barrack qui a refusé d’intervenir auprès des Israéliens pour les pousser à faire le moindre pas en direction des demandes libanaises. C’est comme si, soudain, celui que les Libanais prenaient pour un médiateur et un négociateur s’était transformé en « conseiller des autorités libanaises », dépourvu du moindre pouvoir auprès des Israéliens...
commentaires (1)

Quel choc aucune avancee …… au Liban il n’y a Que le temporaire qui dure …..

hrychsted

00 h 51, le 23 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Quel choc aucune avancee …… au Liban il n’y a Que le temporaire qui dure …..

    hrychsted

    00 h 51, le 23 juillet 2025

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