Rechercher
Rechercher

Monde - Guerre À Gaza

« Nous refusons de les voir mourir » : L'AFP alerte sur les conditions de ses reporters à Gaza

Selon les chiffres de Reporters sans frontières, près de 200 journalistes ont été tués dans l'enclave palestinienne.

« Nous refusons de les voir mourir » : L'AFP alerte sur les conditions de ses reporters à Gaza

Les funérailles du journaliste palestinien Mohammad Abou Hatab tué avec onze membres de sa famille dans leur maison suite à un bombardement isréalien à Khan Younès, le 3 novembre 2023. Photo d'archives Mahmud Hams/AFP

« Pour la première fois je me sens vaincu » : dimanche Bachar, photographe principal pour l'Agence France Presse, a envoyé ce message à ses collègues. Ses mots, ainsi que ceux de sa collègue Ahlam, ont été rapportés dans un communiqué de la société des journalistes de l'AFP dénonçant les conditions de vie de leur collaborateurs dans la bande de Gaza, publié le 21 juillet au soir. « Le plus gros problème, c'est le manque de nourriture et d'eau », a affirmé Ahlam.

L'ONU et plusieurs ONG font régulièrement état d'un risque de famine dans le territoire palestinien assiégé par Israël après plus de 21 mois de conflit, suite à l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023. Selon les chiffres de Reporters sans frontières plus de 200 journalistes ont été tués à Gaza par l’armée israélienne depuis octobre 2023, « dont au moins 46 ciblés en raison de leur activité journalistique ». L'offensive israélienne a tué plus de 59 000 palestiniens selon les chiffres du ministère de la santé de Gaza.

Dans la langue de terre, l'AFP travaille avec un pigiste texte, trois photographes et six pigistes vidéo depuis le départ de ses journalistes titulaires courant 2024, souligne le communiqué alors que la presse internationale est interdite d'accès dans l'enclave depuis le début de la guerre.

« Depuis quelques jours, nous avons compris de leurs brefs messages que leur vie ne tenait plus à grand-chose », dénonce le texte. « Depuis que l'AFP a été fondée en août 1944, nous avons perdu des journalistes dans des conflits, nous avons eu des blessés et des prisonniers dans nos rangs, mais aucun de nous n'a le souvenir d'avoir vu un collaborateur mourir de faim », peut-on lire.

À lire aussi

Le massacre du cybercafé al-Baqa muselle un des derniers lieux connectés au monde à Gaza

« Je ne sais pas si je reviendrai vivante »

L'agence presse revient sur les conditions de vie de ses collaborateurs dans l'enclave : déplacement d'un camp de réfugiés à un autre « au gré des bombardements israéliens », maladie intestinales sévères, déplacements à pied ou en « charrette tirée par un âne » pour couvrir la guerre, en risquant leur vie.

« À chaque fois que je quitte la tente pour couvrir un événement, réaliser une interview ou documenter un fait, je ne sais pas si je reviendrai vivante », écrit Ahlam. L'agence presse, elle, affirme ne pas avoir la possibilité d'avoir « un véhicule et encore moins de l'essence pour permettre à ses journalistes de se déplacer pour leurs reportages ». « Circuler en voiture équivaut de toutes les façons à prendre le risque d'être une cible de l'aviation israélienne », dénonce le communiqué. « Avec quelques autres, ils sont aujourd'hui les seuls à rapporter ce qu'il se passe. », ajoute le texte, alors que la presse internationale n'a plus accès à l'enclave depuis deux ans.

« Nous voyons leur situation empirer. Ils sont jeunes et leur force les quitte. La plupart n'ont plus la capacité physique de parcourir l'enclave pour faire leur métier. Leurs appels au secours, déchirants, sont désormais quotidiens », poursuit le communiqué. « Nous risquons d'apprendre leur mort à tout moment et cela nous est insupportable. »

Interrogé sur France Inter sur le cas de plusieurs collaborateurs de l'AFP, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exprimé l'espoir mardi « de pouvoir faire sortir quelques collaborateurs de journalistes dans les prochaines semaines ». Il a aussi demandé que « la presse libre et indépendante puisse accéder à Gaza ». M. Barrot a condamné « avec la plus grande fermeté » la « déplorable » extension de l'offensive israélienne lancée lundi, « qui va aggraver une situation déjà catastrophique ». « Il n'y a plus aucune justification aux opérations militaires de l'armée israélienne à Gaza. C'est une offensive qui va aggraver une situation déjà catastrophique et va provoquer de nouveaux déplacements forcés de populations », a-t-il dit.

L'armée israélienne a étendu lundi son offensive à un nouveau secteur de la bande de Gaza, à Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, et entend agir dans des zones où elle n'était jamais allée au cours des 21 mois de guerre contre le Hamas, sommant les habitants d'évacuer les lieux.

Le ministre français a enfin appelé à un cessez-le-feu immédiat, « la libération des otages du Hamas, qui doit être désormais désarmé, et à l'accès sans aucune entrave de l'aide humanitaire à Gaza ».

« Pour la première fois je me sens vaincu » : dimanche Bachar, photographe principal pour l'Agence France Presse, a envoyé ce message à ses collègues. Ses mots, ainsi que ceux de sa collègue Ahlam, ont été rapportés dans un communiqué de la société des journalistes de l'AFP dénonçant les conditions de vie de leur collaborateurs dans la bande de Gaza, publié le 21 juillet au soir. « Le plus gros problème, c'est le manque de nourriture et d'eau », a affirmé Ahlam.L'ONU et plusieurs ONG font régulièrement état d'un risque de famine dans le territoire palestinien assiégé par Israël après plus de 21 mois de conflit, suite à l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023. Selon les chiffres de Reporters sans frontières plus de 200 journalistes ont été...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut