Le président libanais Joseph Aoun à son arrivée mardi 22 juillet à Manama pour une visite officielle de deux jours. Photo ANI.
Le président libanais Joseph Aoun est arrivé mardi à 16h à Manama pour une visite officielle de deux jours, à l’invitation du roi Hamad ben Issa Al Khalifa. À son atterrissage, le président libanais s’est dit heureux d’être à Bahreïn, soulignant « la profondeur des liens historiques et fraternels qui unissent le Liban et Bahreïn ».
« Cette visite représente une occasion précieuse pour renforcer les liens de coopération entre nos deux pays frères dans différents domaines politiques, économiques et culturels », a-t-il déclaré, affirmant que « le Liban, qui est fier de ses relations avec le Royaume de Bahreïn, apprécie grandement ses positions de soutien ».
« Les visites que j’effectue dans les pays du Golfe visent à rétablir les liens entre le Liban et ces États, et surtout à restaurer la confiance entre les deux parties », a souligné le président, ajoutant que « les Libanais attendent cet été la venue de leurs frères bahreïniens » au Liban.
Le chef de l’État, qui doit rencontrer demain le roi du Bahreïn, a également exposé aux journalistes les efforts déployés par le gouvernement pour renforcer la sécurité, lutter contre la contrebande et rouvrir les marchés du Golfe aux exportations agricoles libanaises, assurant que les points de passage terrestres, maritimes et aériens sont désormais placés sous contrôle sécuritaire.
En réponse à une question, il a affirmé que « la mise en œuvre de la décision sur le monopole des armes, irréversible, se fait avec précaution afin de préserver l’unité du Liban et d’éviter toute atteinte à la paix civile ». Il a en outre accusé Israël de « n’avoir jamais respecté les termes de la résolution 1701, alors que le Liban l’a pleinement appliquée en déployant son armée au sud du Litani ». Il a enfin annoncé que 10 000 soldats libanais seront déployés dans le Sud d’ici la fin de l’année.
L'accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël, entré en vigueur le 27 novembre, prévoyait un retrait total des troupes israéliennes du Liban-Sud, où elles occupent encore cinq positions en territoire libanais, continuent de mener des incursions terrestres et mènent quasiment quotidiennement des frappes. Côté libanais, il devait mener au désarmement du Hezbollah, en priorité au sud du Litani, puis dans le pays, comme le prévoit la résolution 1701 de l'ONU qui sert de cadre à l'accord de trêve, ce que rejette le parti milice. Les attaques israéliennes sur le Liban au cours des huit derniers mois ont fait plus de 270 morts.
La réouverture de l'ambassade
Mardi également, le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi, qui accompagne M. Aoun pour son déplacement, a appelé Bahreïn à rouvrir son ambassade à Beyrouth, dans une interview accordée au quotidien bahreïni « al-Ayyam ». « Le Liban attend la réouverture de l'ambassade du royaume de Bahreïn et la désignation d'un ambassadeur pour la relance des relations diplomatiques entre les deux pays », a déclaré le chef de la diplomatie. « Les relations fraternelles entre le Liban et Bahreïn n'ont jamais été coupées et si elles l'ont été, à cause de la politique à un moment, elles ont continué d'exister dans la conscience des deux peuples, malgré les difficultés qui sont maintenant derrière nous. Le Liban n'a jamais laissé tombé son environnement arabe ou ses relations avec ses frères arabes, et n'oubliera jamais comment Bahreïn et d'autres pays arabes l'ont soutenu durant les crises qu'il a traversées », a-t-il ajouté.
Plusieurs pays du Golfe, dont Bahreïn, avaient rappelé leurs diplomates de Beyrouth en octobre 2021, en réaction à des propos de l'ancien ministre de l’Information de l'époque, Georges Cordahi, critiquant l’intervention militaire saoudienne au Yémen. Depuis, les monarchies du Golfe avaient quasiment rompu leurs liens avec le Liban, suspendant leurs importations en provenance de ce pays et interdisant à leurs ressortissants de s'y rendre. Seuls les Émirats arabes unis ont à nouveau autorisé en mai 2025 leurs ressortissants à voyager à nouveau au Liban.
L’élection du président Joseph Aoun et la nomination de Nawaf Salam à la tête du gouvernement ont marqué une volonté affirmée de Beyrouth de renouer avec les pays arabes de la région.
Revenir dans le giron arabe
Joe Raggi a aussi commenté la visite à Bahreïn du président libanais. « Le Liban est entré dans une nouvelle phase et il est soucieux de préserver ses relations avec Bahreïn (...) La visite du chef de l’État à Manama acquiert ainsi une grande importance, étant donné qu'elle éloigne tout problème qui a touché les relations entre les deux pays auparavant. Le Liban rejette tout complot contre la souveraineté de Bahreïn et travaille à établir les meilleurs partenariats stratégiques avec le royaume », a poursuivi le chef de la diplomatie.
« La visite du président Aoun à Bahreïn et ses visites antérieures dans d'autres pays arabes montrent que le Liban est réellement soucieux de revenir dans le giron arabe (...) Le Liban veut renforcer son rôle dans son environnement arabe, selon le principe de la non-ingérence dans les affaires des autres pays », a souligné M. Raggi.
Après son élection, le chef de l’État Joseph Aoun avait soigneusement choisi de se rendre à Riyad en mars dernier pour son tout premier voyage officiel, avant de s'envoler pour Le Caire. Il s'est également rendu au Qatar en avril et au Koweït en mai.




Les libanais n’attendent rien de leurs frères arabes, ni d’autres pays étrangers qui ne peuvent rien pour eux. Ils attendent énormément de leur nouveau pouvoir qui agit comme s’il avait l’éternité devant lui alors que les libanais eux sont au bord de l'apoplexie. Fini les discours de paix interne et de cohésion, on voit où cela a mené notre pays. Il nous faut des hommes à la hauteur de la situation pour libérer notre pays de tous les mercenaires armées et après on passe aux projets de reconstructions. C’est on ne peut plus logique alors assez déplacer du vent et agissez chronologiquement.
10 h 58, le 23 juillet 2025