Le Libanais Waël Arakji saluant des fans après un match de la Coupe du monde de basket de la FIBA entre l'Iran et le Liban à l'Indonesia Arena à Djakarta, le 2 septembre 2023. Yasuyoshi Chiba/AFP
Loin de se contenter des meilleurs joueurs de football, l’Arabie saoudite s’est désormais mis en tête d’attirer de grands noms du basket international. Et pas des moindres. Waël Arakji, meneur adulé de Riyadi, fraîchement sacré champion du Liban pour la troisième fois consécutive, a annoncé le 16 juillet son départ de Manara pour rejoindre les rangs d’al-Oula, club de la province de Médine tout juste promu en première division saoudienne.
« Le temps est venu de commencer un nouveau chapitre à l’étranger. Mais où que j’aille, je porterai vos voix, votre amour et notre héritage commun au fond de mon cœur. Ce n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir », a écrit dans un message adressé aux fans de Riyadi la star de la balle orange. À 30 ans, le natif de Tripoli (Liban-Nord), vainqueur de huit titres de champion du Liban sous ses désormais anciennes couleurs, ne quitte pas pour la première fois les terrains libanais. Après plusieurs expériences en Chine, en Tunisie, aux Émirats arabes unis ou encore au Koweït entre 2020 et 2022, il avait, fin 2024, effectué une nouvelle pige réussie au Qatar en raison de l’arrêt forcé du championnat libanais dû à l’escalade de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Durant cette période, il avait d’ailleurs organisé une cagnotte pour venir en aide à des déplacés parmi les centaines de milliers de personnes ayant fui les bombardements israéliens au Liban.
« Son leadership va nous manquer »
Waël Arakji avait éclos aux yeux du grand public libanais lors de l’épopée de la sélection nationale jusqu’en finale de la Coupe d’Asie en 2022. Ses performances durant la compétition lui vaudront d’être nommé meilleur joueur asiatique (MVP) et d’être considéré comme le meilleur joueur libanais de sa génération. De quoi le lier déjà à de multiples rumeurs de transferts lucratifs lors des étés précédents, notamment l’an passé avec l’équipe américaine des Golden State Warriors en NBA.
« C’est toujours dur pour nous de voir Waël partir loin de la maison. Son leadership et son talent vont grandement nous manquer, car c’est quelqu’un qui tire toujours ses coéquipiers vers le haut dès qu’il entre sur le terrain », confie son entraîneur et mentor à Riyadi, Ahmad Farran. « Un joueur du talent de Waël est très sollicité. Après sa blessure, il s’est mis d’accord avec al-Oula qui lui a fait une offre qui ne se refuse pas. Il avait besoin d’un nouveau défi, et l’Arabie saoudite est une très belle opportunité sportive et financière pour des joueurs comme lui », ajoute celui qui suit la carrière du basketteur depuis son plus jeune âge.
Le technicien aurait même pu suivre son protégé s’il n’avait pas décliné l’offre formulée par le club médinois pour s’asseoir sur le banc de l’équipe saoudienne. Outre Arakji, al-Oula s’est également attaché les services d’un de ses coéquipiers à Riyadi, le pivot sud-soudanais Thon Maker, et d’un de ses anciens adversaires, l’Américain Jonathan Gibson, passé l’an dernier par Sagesse, tous deux passés par la NBA. De quoi en faire déjà un candidat sérieux pour la prochaine édition de Super Ligue d’Asie de l’Ouest (WASL), à laquelle des clubs saoudiens participeront pour la première fois.
« Les Saoudiens ont un plan ambitieux »
Depuis l’officialisation de l’arrivée de Arakji dans la monarchie du Golfe la semaine dernière, des chiffres mirobolants circulent autour de son nouveau contrat. Plusieurs médias et comptes spécialisés sur les réseaux sociaux ont relayé un montant de « plus d’un million de dollars » par saison, ce qui en ferait à date l’un des plus gros contrats jamais offerts dans la région à un joueur de basket. « Les instances saoudiennes ont un plan ambitieux pour rendre leur ligue plus compétitive et attirer des joueurs étrangers d’un plus haut calibre. Ils ont encore besoin de temps, car c’est avant tout un pays de football, mais ils sont sur la bonne voie », explique Peter Hobeika, ancien basketteur professionnel au Liban devenu agent de joueurs au sein de PSB Sports, la plus importante agence de basket de la région.
« À part al-Oula, il n’y a pas vraiment d’autres équipes saoudiennes qui ont fait d’aussi gros investissements pour signer des gros noms comme Waël ou Thon Maker. Mais cela pourrait venir », prédit-il. Selon lui, les bruits de couloirs concernant les futurs émoluments de l’icône du basket libanais sont loin d’être aberrants. « Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais il me semble que les chiffres qui circulent sont crédibles. Sans connaître les montants exacts, on peut dire que ce sont des sommes très conséquentes », affirme-t-il.



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