Des enfants palestiniens attendant de la nourriture lors d'une distribution à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 19 juillet 2025. Photo AFP / EYAD BABA
Des centaines de milliers d'enfants à Gaza n'ont plus aucun accès à l'éducation depuis le début de la guerre en octobre 2023, selon un rapport publié dimanche par le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef). Selon l'agence onusienne, 95 % des écoles ont été gravement endommagées ou détruites, ce qui laisse 658 000 enfants sans scolarisation à ce jour. La plupart d'entre eux sont déscolarisés depuis deux ans.
La destruction de ces écoles intervient après que la majorité d’entre elles ont été transformées en abris pour accueillir les personnes fuyant les bombardements israéliens et alors que, selon l'agence de l'ONU pour les affaires humanitaires, près de 90 % de la population de Gaza est déplacée. Certains enfants avaient pu retourner à l’école pendant la trêve, mais « la reprise des hostilités le 18 mars a interrompu tous les efforts de reprise de l’apprentissage », ajoute l'agence onusienne.
La guerre affecte également environ 40 000 étudiants qui n’ont pas pu passer les examens d’entrée à l’université, sans compter les milliers d’étudiants qui n’ont même pas pu obtenir leur diplôme. C’est la première fois qu’une interruption de cette ampleur touche la scolarité à Gaza depuis des décennies. L’Unicef écrit dans son rapport que ces conditions ont conduit à « l’une des crises éducatives les plus graves », alors que les enfants de Gaza luttent pour survivre, entre les frappes israélienne et la famine.
Près de 20.000 enfants admis pour traitement de malnutrition aiguë
Dans son rapport l'Unicef revient également sur les impacts de la guerre sur les enfants en ce qui concerne l'accès à la nourriture et aux soins de santé, sur la période allant du 1e janvier au 30 juin 2025.
En ce qui concerne l'alimentation, les prix des denrées alimentaires à Gaza ont augmenté de 150 à 700 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre, et la nourriture est rarement disponible. Alors que les taux de malnutrition infantile avaient légèrement reculé pendant la trêve, ils sont repartis à la hausse depuis la reprise des combats et le rétablissement du siège israélien en mars.
« Entre janvier et juin 2025, au moins 19 089 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été admis pour traitement de la malnutrition aiguë – soit en moyenne plus de 100 enfants par jour. Au moins 66 enfants sont morts de causes liées à la malnutrition depuis octobre 2023 », indique le rapport.
L’accès aux soins de santé est également de plus en plus difficile : aucun des 38 hôpitaux de l’enclave n’est pleinement fonctionnel, 22 d’entre eux ne sont plus opérationnels du tout, et la capacité en lits a été réduite de moitié. « Un total de 4 700 amputations ont été recensées durant cette période de six mois, dont plus d’un tiers concernent des enfants. En outre, 18 500 blessés ont besoin d’une rééducation et d’un traitement à long terme, y compris 4 370 nécessitant des dispositifs d’assistance. Sur les 15 087 patients requérant une évacuation médicale, seuls 2 423 ont été autorisés au cours du premier semestre 2025 », précise l’Unicef.
La santé physique et mentale des enfants à Gaza s’est également détériorée, avec « la quasi totalité des 1,1 million d’enfants de Gaza qui ont désormais besoin d’un soutien en santé mentale et psychosocial », et quelque 17 000 enfants qui sont séparés de leur famille ou « non accompagnés ».



