Un champ de blé abandonné à Rayak, et en arrière-plan, la chaîne de montagnes de l'Anti-Liban, le 2 juillet 2025. Aly Baalbaki/L'Orient-Le Jour
Un homme accusé d'avoir proféré des menaces à l'encontre de l'église de Rayak, localité à majorité chrétienne dans le centre de la Békaa, a été arrêté mercredi matin à Nabi Chit, dans le caza de Baalbeck.
Cette arrestation, menée par la branche régionale des forces de sécurité intérieure (FSI), a eu lieu après la mobilisation des habitants de Rayak, des élus du village et des députés de Zahlé. Les habitants ont ainsi salué dans un communiqué cette opération, la qualifiant de « pas en avant reflétant le retour de l’autorité de l’État et son application sur l’ensemble du territoire libanais ».
Insultes et incitations à la haine
Le texte, publié mercredi, a qualifié d’« escalade dangereuse » cette menace explicite proférée en ligne par l'individu interpellé, qui a déclaré vouloir « faire exploser l’église du village ». L’individu aurait également proféré des insultes et incité à la haine contre l’un des partis politiques chrétiens implantés à Rayak et dans la région de Zahlé, allant jusqu’à menacer de « faire disparaître ce parti ».
« Nous exprimons notre profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué à cette réussite : les forces de sécurité et les services compétents, les députés de Zahlé et de la région qui ont agi rapidement et avec responsabilité, les moukhtars de Rayak et les habitants de notre village qui ont géré cette menace avec un grand sens civique et une grande discipline », énumère le communiqué. Et d'ajouter : « Nous affirmons que nos églises et nos lieux saints sont une ligne rouge, et toute tentative de les profaner sera désormais confrontée à un État présent, efficace et juste. »
Les craintes d'attaques contre des édifices religieux ont été ravivées par un attentat-suicide ayant fait au moins 25 morts dans une église à Damas le 22 juin. Les autorités syriennes ont attribué l’attaque à une cellule du groupe État islamique, bien que celle-ci a été revendiquée par un groupuscule extrémiste sunnite appelé « Saraya Ansar al-Sunna », considéré comme proche de l'EI.
La communauté internationale avait fermement condamné cet attentat, le premier du genre dans la capitale syrienne depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, renversé en décembre par une coalition rebelle composée majoritairement de factions islamistes.



N'est-ce pas le Mont Sannine sur la photo ?
22 h 28, le 09 juillet 2025