Le véhicule visé par l’armée israélienne aux abords du camp de Beddaoui, en périphérie de Tripoli, le 8 juillet 2025. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak
À peine l’émissaire américain Tom Barrack parti, l’armée israélienne a franchi un cap en frappant mardi le Liban-Nord, une première depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre. Israël dit avoir ciblé « une figure-clé » du mouvement palestinien Hamas dans la région de Tripoli. « Il y a peu de temps, l’armée israélienne a frappé un terroriste du Hamas de premier plan dans la région de Tripoli, au Liban », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.
Selon les informations de notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak, des drones israéliens ont tiré deux missiles consécutifs sur un véhicule 4x4 de type CRV, circulant sur la route Beddaoui Aïrouniyé-Nefaa (caza de Zghorta), à proximité du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au nord de Tripoli. Une autre voiture aurait également pris feu. Le ministère de la Santé a rapporté que la frappe israélienne a fait trois morts et treize blessés.
Selon les informations de notre correspondant, les trois personnes tuées sont : la cible visée, Mehran Baajour ; Ali Hamaoui, qui se trouvait en sa compagnie ; et le propriétaire d’un garage situé près du lieu de l’attaque, un Libanais nommé Omar Zahra.
S’il s’agit de la première frappe israélienne sur le nord du Liban depuis le cessez-le-feu, Israël avait visé à plusieurs reprises le Liban-Nord lors de la guerre de l’automne dernier contre le Hezbollah. On cite notamment le bombardement meurtrier sur la région de Zghorta qui avait tué plusieurs civils, ou bien la frappe de drone sur un appartement du camp de réfugiés de Beddaoui.
Dans ce cadre, l’armée israélienne a revendiqué mardi l’assassinat, « en l’espace de deux heures » la veille, de deux membres du Hezbollah, dont un commandant de la force al-Radwane, au moment où l’émissaire américain, Tom Barrack, évoquait avec les dirigeants libanais la question du monopole des armes aux mains de l’État libanais. « Les forces de défense ont éliminé un commandant de la force al-Radwane et un autre du Hezbollah », a publié sur X le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee.
La première frappe a été menée dans la région de Deir Kifa, et a permis « d’éliminer Ali Abdel Hassan Haïdar, un commandant de la force al-Radwane du Hezbollah », a-t-il annoncé, précisant que l’homme était « à l’origine de complots contre des citoyens israéliens et l’armée israélienne, et qu’il avait concocté un plan d’occupation de la Galilée ». Ali Haïdar aurait également, toujours selon l’armée israélienne, participé à des tentatives de reconstruction de l’infrastructure du Hezbollah, au
Liban-sud. « Ses activités constituent une violation flagrante des accords entre Israël et le Liban », a ajouté le porte-parole. Ce combattant a été tué dans une frappe sur la camionnette qu’il conduisait à Deir Kifa, dans le caza de Tyr. L’armée israélienne annonce de plus avoir attaqué le village de Beit Lif au Liban-Sud, deux heures plus tard, où elle a tué un autre membre du Hezbollah, qu’elle n’a pas nommé. Un homme nommé Hadi Rameh Moustapha a été tué dans une frappe de drone sur sa mobylette lundi à Beit Lif. Le parti-milice avait déjà annoncé au cours des dernières heures que ces deux combattants provenaient de ses rangs et qu’ils seront inhumés dans l’après-midi au Liban-Sud. Par ailleurs, dans la nuit de lundi à mardi, des hélicoptères israéliens ont largué à deux reprises des grenades sur Kfar Kila, visant notamment une statue en hommage à l’imam Hussein, figure du chiisme, dont la mort est commémorée à l’occasion de Achoura.
Parade en armes à Beyrouth : un premier suspect arrêté par l’armée
Malgré ces frappes, des responsables de la multinationale américaine de la technologie Nvidia ont exprimé leur volonté de construire un nouveau campus de l’entreprise en Israël près de la frontière avec le Liban, ont affirmé des sources au sein de l’entreprise citées par le quotidien Haaretz.Les emplacements les plus probables seraient les parcs industriels de Tefen, à une quinzaine de kilomètres de la ligne bleue, ou de Nahariya, à 8 kilomètres au sud de Naqoura, village de l’extrême sud du Liban. Ce projet pourrait permettre d’attirer « des milliers d’employés de premier plan dans le nord » du pays, touché de plein fouet par le conflit sanglant de treize mois qui a opposé Israël et le Hezbollah, explique le quotidien.
Au niveau interne, l’armée libanaise a arrêté lundi auLiban-Sud, dans la région de Jezzine, un homme qui aurait été impliqué dans la parade armée organisée vendredi, dans le quartier de Zokak el-Blatt, à Beyrouth, pendant une marche commémorative de Achoura.
« Le 7 juillet 2025, à la suite d’opérations de surveillance et de suivi menées par la direction du renseignement pour poursuivre des éléments armés apparus au cours d’un événement à Zokak el-Blatt, une patrouille militaire a arrêté sur la route Jezzine-Jbaa le citoyen A.F., qui figurait parmi ces individus armés. Un pistolet de guerre a été saisi en sa possession », indique le communiqué de l’armée.
«Les objets saisis ont été remis aux autorités compétentes, et une enquête a été ouverte sous la supervision de la justice », poursuit le texte.Une parade armée s’était déroulée dans le quartier Zokak el-Blatt à Beyrouth pendant une marche vendredi à l’occasion de Achoura, ce qui avait suscité des condamnations et des appels à l’arrestation des personnes impliquées. Une vidéo en ligne montrait des individus armés accomplissant le rituel chiite de Achoura, se frappant rythmiquement la poitrine en l’honneur de l’imam Hussein, tout en pointant leurs armes vers le ciel.Le ministre de la Justice Adel Nassar avait déclaré samedi que le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, l’avait informé du début des convocations des personnes impliquées dans cette marche. Le ministre avait également demandé au juge de prendre « immédiatement les mesures légales à l’encontre de tous ceux qui ont participé à la démonstration armée dans les rues de Beyrouth ».




Le HB veut élargir le cercle de feu qui s’abat sur notre pays à cause de la présence de ses armes qu’il ne cesse de promener d’une région à une autre jusqu’au point de non retour. Hellooo, on se réveille pour stopper l’assassinat de notre pays en prenant les décisions qui conviennent à ce genre de situation. Aucun parti n’a pas le droit de posséder des armes et encore moins lorsque celles-ci sont offertes par un pays étranger qui ne lui veut aucun bien. Mais enfin, qu’est-ce qu’on attend pour agir?
21 h 30, le 09 juillet 2025