A l'intérieur de la Foire internationale Rachid Karamé à Tripoli, le 27 novembre 2022. Photo Matthieu Karam/ L'Orient-Le Jour
Le ministre de l'Économie Amer Bsat a affirmé lundi que la Foire internationale Rachid Karamé de Tripoli devait être restaurée pour retrouver tout son potentiel, la décrivant comme un trésor national qui ne devrait plus être traité comme « une simple belle structure architecturale ».
La Foire internationale Rachid Karamé de Tripoli, au Liban, est un immense complexe d'exposition conçu par l'architecte brésilien de renommée mondiale Oscar Niemeyer dans les années 1960. Il était destiné à devenir un centre régional majeur pour les foires commerciales internationales, les événements culturels et les expositions, mettant en valeur la modernité et les ambitions économiques du Liban après l'indépendance.
S'exprimant lors de la cérémonie de clôture du festival d'été « Sallim Aa Trablos » qui s'est tenu au parc des expositions, M. Bsat a fait l'éloge de la valeur culturelle et économique de la ville et s'est engagé à ce que le gouvernement s'efforce de soutenir son développement. « Aujourd'hui, je ne participe pas en tant que ministre, je suis ici en tant que Libanais fier d'une ville appelée Tripoli », a-t-il souligné. Il a également indiqué que la capitale du nord « mérite d'être sur la carte des festivals et du tourisme intérieur », et a appelé à des efforts pour « mettre en lumière non seulement son histoire, mais aussi l'avenir vers lequel nous travaillons ». M. Bsat a annoncé trois mesures concrètes prises par son ministère pour réactiver la Foire internationale Rachid Karamé.
« Tout d'abord, nous sommes sur le point de former un nouveau conseil d'administration qui prendra la tête de la relance des projets vitaux et importants de la foire », a-t-il indiqué. Et d'ajouter : « Deuxièmement, nous préparons un plan de rénovation complet - coûteux, certes, mais nous travaillons avec l'Unesco pour obtenir un financement. Troisièmement, nous visons à activer les installations de la foire en coordination avec le secteur privé et les institutions culturelles, tant locales qu'internationales ».
Le ministre a décrit la foire comme « un point de repère architectural, culturel et économique de premier ordre » et a déclaré qu'il s'agissait « d'un bien public, d'un patrimoine national, et que notre devoir était de le préserver ». Il a également profité de l'occasion pour mettre en avant la vision économique plus large du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, déclarant que l'économie libanaise avait été dévastée par « un effondrement financier sans précédent, une paralysie politique et une guerre brutale » au cours des six dernières années. Il a néanmoins insisté sur le fait que la reprise est possible. « Certains pourraient se demander si nous pouvons vraiment atteindre une croissance aussi rapide. Ma réponse est oui », a souligné M. Bsat. Il a également observé que « le Liban possède d'importants avantages concurrentiels [...], mais le plus important est notre capital humain. C'est vous tous. Le talent, les capacités et les compétences sont les atouts les plus importants dont nous disposons aujourd'hui en tant que pays ».

