Des pompiers ukrainiens travaillent au premier plan sur le site d'une frappe de missile, tandis que des experts de la police examinent, à l'arrière-plan, le corps d'un habitant tué lors d'une attaque au missile balistique russe à Kiev, la capitale ukrainienne, le 1er août 2026. Photo Genya SAVILOV / AFP
Une nouvelle attaque nocturne de missiles balistiques sur Kiev a tué neuf personnes selon un bilan annoncé samedi matin, au moment où Donald Trump tergiverse sur l'autorisation donnée ou non à l'Ukraine de produire des systèmes Patriot pour les intercepter.
Sur les 27 missiles balistiques tirés par la Russie, l’Ukraine n’a pu en intercepter qu’ « un seul » en raison du manque de moyens de défense aérienne, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X.
Ces derniers mois, l’Ukraine a supplié ses alliés de lui fournir davantage de missiles intercepteurs Patriot de fabrication américaine, sa seule ligne de défense contre les attaques balistiques, particulièrement difficiles à neutraliser.
Depuis juin, la Russie a intensifié l'utilisation de ce type d’armes ultra-rapides, tuant des dizaines de civils ukrainiens.
« C’est précisément cette pénurie de missiles intercepteurs balistiques qui n'encourage que davantage la Russie à lancer de telles attaques qui coûtent des vies humaines », a poursuivi M. Zelensky.
« Neuf personnes ont été tuées dans la capitale à la suite de l'attaque ennemie », selon son maire Vitali Klitschko.
Deux personnes ont notamment été tuées et huit autres blessées dans le quartier de Solomiansky, à l'ouest de la ville, où des frappes ont endommagé un immeuble résidentiel de cinq étages, ont indiqué les autorités.
Plus de 30 personnes ont également été blessées lors de l’attaque qui a touché cinq quartiers de la capitale, selon les autorités.
Parmi les bâtiments endommagés figure aussi l’ambassade de Lituanie dont le ministre des Affaires étrangères a publié des images, semblant montrer une porte fissurée et un luminaire endommagé.
Des journalistes de l’AFP ont rapporté avoir entendu plus de 10 explosions consécutives tôt samedi matin, déclenchant les alarmes des voitures dans les rues.
Dans l'arrondissement de Darnytsky, où sept victimes ont été dénombrées, les secours ont aussi signalé « un incendie (...) dans un bâtiment administratif », selon la même source.
« Dès que l'alarme s'est déclenchée, j'ai juste eu le temps de sortir dans le couloir, jusqu'à l'entrée, et ça a commencé à trembler. Même le linoléum s'est soulevé », a dit à l'AFP Kateryna Kravchenko, 75 ans, une habitante de Kiev.
Oksana, une autre habitante de Kiev a raconté avoir entendu des « explosions vraiment terrifiantes ». « Ensuite le verre s'est mis à tomber comme la pluie, les gens ont commencé à sortir, et les explosions continuaient », a-t-elle dit.
Côté russe, le ministère de la Défense assure que les frappes « de haute précision » sur Kiev et sa région visaient « des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres logistiques en Ukraine ».
La nuit précédente, huit personnes ont été tuées dont six membres d'une même famille près de Kryvyï Rig. Deux autres personnes sont mortes dans des bombardements à Kiev et à Poltava. Volodymyr Zelensky a affirmé que, selon des informations préliminaires, le missile balistique ayant anéanti ce foyer était de fabrication nord-coréenne.
- « Besoin urgent » -
« L'Ukraine a un besoin urgent de systèmes supplémentaires de défense antiaérienne et antimissile, ainsi que d'intercepteurs. La rapidité des décisions et des livraisons est cruciale », a écrit samedi sur X le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga.
Le président américain Donald Trump, qui avait exprimé début juillet sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire des systèmes de défense Patriot pour pallier aux attaques de missiles balistiques russes, a encore nuancé vendredi cette perspective.
M. Zelensky, qui lui a rendu visite à ce propos en début de semaine à la Maison Blanche, « aimerait avoir des Patriot et il aimerait avoir des (missiles) Tomahawk », a exposé Donald Trump lors d'un conseil des ministres ouvert à la presse vendredi.
« Ces armes sont incroyables. Nous devons faire très attention avant de laisser quelqu'un les produire », a-t-il mis en garde, assurant : « Nous n'avons pas donné notre accord. Nous en discutons ».
Le républicain avait déclaré jeudi au Financial Times n'être « pas sûr » d'accorder son feu vert à Kiev pour la production de ces intercepteurs, les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes mais dont la pénurie s'est aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis avec Israël contre l'Iran fin février.
De son côté, l'Ukraine multiplie les frappes contre des villes russes éloignées de la frontière, une campagne visant selon Kiev les infrastructures, en particulier pétrolières.


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