L'ancien gouverneur de la BDL, lors d'une intervention à la LBCI, en juillet 2023 . Capture d'écran tirée du site de la LBCI
La chambre d’accusation de Beyrouth a approuvé jeudi une requête de Riad Salamé, visant à le libérer, mais il reste en détention dans le cadre de deux dossiers pour lesquels des requêtes similaires n’ont pas encore abouti.
Présidée par le juge Nassib Élia, la chambre d’accusation a accepté la requête de l'ancien gouverneur de la Banquue du Liban (BDL), qui avait été arrêté par la juge d’instruction de Beyrouth Roula Sfeir, le 29 mai, suite à une plainte présentée par un déposant, Talal Abou Ghazalé. Datant de 2021, la plainte de M. Abou Ghazalé – qui détiendrait plusieurs millions de dollars bloqués à la Société générale de banque au Liban (SGBL) – reproche à M. Salamé d’avoir émis « des circulaires visant à changer le système économique libéral prévu par le préambule de la Constitution (…), dans le but de (…) dissimuler l’état de faillite qui frappe la majorité des banques au Liban ». Elle évoque ainsi « une collusion claire et manifeste avec ces banques pour s’approprier les fonds des déposants ».
Selon une source proche du dossier, la chambre d’accusation a basé sa décision sur l’article 111 du Code de procédure pénale, selon lequel, quelle que soit la nature de l’infraction, un juge d’instruction peut remplacer la détention provisoire par une mise sous contrôle judiciaire, en imposant au prévenu une ou plusieurs obligations, notamment le versement d’une caution financière. Dans ce cas précis, la chambre d’accusation a fixé à 2 milliards de livres (environ 22 000 dollars) le montant de cette caution.
Jusqu’à nouvel ordre, Riad Salamé ne recouvrera pas la liberté, malgré cette décision favorable. Il reste en effet détenu en raison de deux autres mandats d’arrêt délivrés à son encontre. Le premier avait été émis, en septembre 2024, par le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Bilal Halaoui, dans une affaire de commissions entre la BDL et une société de courtage, Optimum Invest, impliquant le détournement présumé d’un montant d’environ 44 millions de dollars. Dans ce dossier, l’ex-patron de la BDL a présenté trois demandes de remise en liberté qui n’ont pas été satisfaites.
Le second mandat d’arrêt avait été prononcé fin octobre 2024 par le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, dans le cadre d’une affaire liée à l’acquisition et l’exploitation de biens immobiliers en France, notamment des locaux que la BDL avait loués sur l'avenue des Champs-Élysées, pour y abriter un centre d’urgence de la banque centrale. Le loyer avait été conclu en 2010, avec une société de gestion immobilière dirigée par l’ex-compagne de M. Salamé, Anna Kosakova, en contrepartie de plusieurs millions d’euros perçus pendant quelques années de location. L’ancien gouverneur a également présenté une demande de liberté dans ce dossier, mais elle lui a été refusée.



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Un emprisonnement 4 étoiles. La justice libanaise est aussi corrompue que celui qu'elle détient en club de vacance. Le Liban, une honte qui aura du mal à s'en remettre. A qui la faute? A une population qui vie en tribus, tributaire de quelques services qui lui sont rendus par des hommes politiques qui entretiennent le système corrompu qui les sert. Et encore une fois, 60% des libanais préféreront de bon mezze et un narguilé plutot que d'aller voter. Les mêmes qui se plaignent quotidiennement de l'injustice, de la corruption, honte à vous.
10 h 50, le 04 juillet 2025