Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi lors d'une réunion avec Vladimir Poutine, au Kremlin, le 23 juin 2025. Photo AFP / Pool / Sergei Karpukhin
Dans une tribune publiée par le quotidien libanais An-Nahar, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, estime que l’Asie occidentale se trouve à un tournant stratégique, entre « dissuasion intelligente » et «diplomatie avisée», et plaide pour un nouvel ordre régional fondé sur « la sécurité collective, la justice et la solidarité islamique ».
« Il y a quelques décennies, lorsque la question palestinienne a été posée comme 'cause centrale' dans le monde islamique, peu de gens auraient imaginé que l’Iran se retrouverait un jour au cœur de cette cause », écrit-il. Selon lui, la récente guerre de douze jours lancée par Israël pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique « a démontré un bouleversement significatif dans l’équilibre des forces régionales ».
Le chef de la diplomatie iranienne souligne que la riposte de son pays à « l’agression israélienne en territoire palestinien occupé » a affaibli « l’image de force artificielle de l’entité sioniste, construite grâce au soutien inconditionnel des États-Unis ». Il rappelle que cette réponse s’est appuyée sur la résolution 69/51 adoptée à l’unanimité par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qualifiant les attaques contre l’Iran « d’agression » et les actes israéliens « de crime de guerre ».
Selon M. Araghchi, la solidarité observée en Iran après les frappes israéliennes s’est étendue à l’échelle régionale. «Pour la première fois depuis le sommet de Rabat en 1969, un discours islamique commun, fort et réaliste, émerge», affirme-t-il, insistant sur l'idée que « la dissuasion repose désormais sur la coopération régionale ».
« Beyrouth et Gaza occupent une place centrale »
« La réponse iranienne à la demande de cessez-le-feu ouvre une nouvelle fenêtre à la diplomatie globale, offrant à toutes les parties en quête de paix la possibilité de réévaluer leurs approches », ajoute-t-il indiquant toutefois que le succès de la diplomatie exige « le respect de conditions fondamentales ».
Il a souligné, dans ce cadre, qu'il fallait « garantir que l'agresseur ne va plus recourir à la violence ». Ce n'était pas le cas à Gaza et ni au Liban, ce qui a conduit l'entité sioniste à continuer de violer le cessez-le-feu convenu et à faire fi de la stabilité en Méditerranée », a-t-il regretté.
Le ministre iranien appelle à « repenser l’avenir » de l’Asie occidentale à travers une paix durable fondée sur la stabilité, la justice et le développement économique, estimant que « l’unité islamique autour de projets de développement économique peut contribuer à apaiser les tensions régionales ».
«Dans cette dynamique, Beyrouth et Gaza occupent une place centrale et méritent aujourd’hui une attention urgente», a-t-il indiqué. L’Iran considère que « la condition première à toute solution durable est la cessation immédiate de l’agression, l’acheminement d’une aide humanitaire, et une participation sérieuse de la communauté internationale à la reconstruction de ces zones ».
Il propose enfin la création d’une « Cour islamique des droits de l’Homme » au sein de l'Organisation de la coopération islamique, qui regroupe 57 pays membres.


Une cour islamique des droits de l’homme ?? Venant de votre régime sanguinaire qui exécute les citoyens protestants dans la rue ? Tantôt pour le prix du pain, ou le prix de l’essence ? La proposition est assez dégoûtante
14 h 28, le 03 juillet 2025