Papier imprimé avec écrit dessus le mot "Grève" en arabe. Photo d'illustration ANI
Des fonctionnaires de divers administrations ont observé mercredi la grève décidée lundi par la Ligue des employés de l'administration publique, et qui doit durer jusqu'au vendredi 4 juillet inclus, pour dénoncer le « mépris persistant du gouvernement envers (leurs) droits (salariaux) et (leur) dignité ». Certains employés, comme ceux du Sérail (siège du mohafazat) du Hermel et de Baabda (Mont-Liban), se sont ainsi rendus à leur bureau sans traiter aucun dossier, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
A contrario, à Nabatiyé, les services du Sérail- notamment les bureaux du gouverneur, de l’état civil, de l’urbanisme et de l’enseignement professionnel et technique- n’ont pas été touchés par la grève, précise l'Ani, tout comme les services du Palais de Justice, « faute d’avoir été informés de la grève ou coordonnés selon les règles par les comités des assistants judiciaires de Beyrouth ». Les employés des directions régionales des Finances et de l’Économie ont, quant à eux, respecté totalement la grève dans ce caza du Liban-Sud.
Un respect de la grève a également été observé à Tripoli, capitale du Liban-Nord, dans les différentes administrations et services. Ibrahim Nahal, membre de l’Association des employés du secteur public, a affirmé à l'Ani « le respect total de l’appel à l’arrêt de travail et à la grève », ajoutant que les employés envisagent des mesures de protestation plus poussées, pouvant aller jusqu’à « une grève ouverte ».
L'arrêt de travail décidé lundi se poursuivra de manière progressive jusqu'à l'obtention de « l'ensemble de nos droits », avait souligné le communiqué de la Ligue des employés de l'administration publique. Cette grogne des membres de la fonction publique fait notamment suite à la signature d'un décret la semaine dernière par le Conseil des ministres, approuvant une série de revalorisations salariales pour plusieurs hauts fonctionnaires, allant de 626,5 millions Livres Libanaises (7 000 dollars) à 805,5 millions LL (9 000 dollars) par mois. Une décision qui reflète « un traitement inéquitable » selon les syndicats, alors que certains fonctionnaires touchent encore l'équivalent d'à peine 500 dollars par mois et que l'ensemble des agents de l'État n'ont jusqu’à présent récupéré que 25 % de leurs rémunérations d’avant-crise en moyenne.
Par ailleurs, les Associations de l'enseignement public ont demandé mercredi une réévaluation de leur salaire, au regard de la circulaire signée mercredi par la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, demandant de revenir à un horaire complet de cinq jour d'enseignement par semaine. Elles ont appelé dans un communiqué à « prendre des mesures de protestation : grèves, sit-in, refus d’assurer les tâches logistiques (concernant les examens officiels) ».
La crise économique et financière déclenchée en 2019, suivie par la pandémie de coronavirus et la guerre entre le Hezbollah et Israël entre 2023 et 2024 ont gravement touché le secteur de l'enseignement public au Liban. À ce jour, les élèves de l'école publique n'ont de cours que quatre jours par semaine.



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