Lama el-Amine artiste et réalisatrice libanaise. Photo tirée de son compte Instagram
Lama el-Amine, qui a été victime vendredi de propos racistes à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) de la part d’un agent de la Sûreté générale, a affirmé mardi que le chef de l'État Joseph Aoun « l'a contactée personnellement pour l'écouter et exprimer ses regrets suite à l'incident ».
« Le président Joseph Aoun m’a appelée personnellement pour exprimer ses regrets concernant ce qui m’est arrivé. Il m’a assuré que d’autres mesures seraient prises et qu’elles s’étendraient à l’ensemble des institutions publiques », a-t-elle fait savoir dans une vidéo partagée sur son compte Instagram.
Selon Lama el-Amine, Joseph Aoun aurait insisté sur le fait que « de tels incidents ne doivent plus jamais se reproduire et que chaque personne mérite d’être traitée avec dignité et respect ». « Je lui ai demandé s’il existait une loi qui protège les Libanais contre le racisme. Il m’a répondu que non, mais j’ai insisté sur le fait qu’une telle loi était nécessaire », a-t-elle précisé. Elle a également exprimé le souhait de rencontrer le chef de l’État en personne une fois de retour au Liban, afin de s’entretenir avec lui au sujet du système de la kafala.
Toujours sur Instagram, Lama el-Amine, artiste et réalisatrice libanaise dont la mère est d’origine africaine, avait dénoncé vendredi une expérience « raciste » à l'aéroport. Elle y raconte qu’en faisant la queue pour faire tamponner son passeport, un agent lui aurait crié dessus sur un ton « fort, vulgaire et dégradant » : « Eh ! toi, l’Éthiopienne ! Tu es dans la mauvaise file ! »
Jointe vendredi par L’Orient-Le Jour, Lama el-Amine avait regretté qu’« aucun responsable politique » ne l’ait encore contactée. Elle espérait alors que son message parviendrait au président de la République et exigeait des excuses officielles, tout en appelant à l’adoption d’une loi au Liban contre la discrimination et le racisme.
Hier, soit quatre jours après l'incident, la Sûreté générale nous a annoncé avoir pris des « mesures disciplinaires appropriées » à l’encontre de l'agent concerné. Lama el-Amine s'en est aussitôt félicitée. « Ma voix a été entendue. Merci à tous ceux qui se sont tenus à mes côtés. Je suis reconnaissante à la Sûreté générale qui a immédiatement réagi », a-t-elle écrit sur Instagram.
« Aujourd’hui marque une première étape importante. Je célèbre ce moment avec toutes les personnes qui ont souffert de discrimination, d’oppression ou de racisme. Aux Libanais, je dis : nous sommes une nation qui aime la vie, étendons cet esprit pour inclure tout le monde. Nous savons ce qu’est la souffrance, car nous l’avons vécue, à travers la guerre, les pertes et les épreuves. Il est temps de faire place à la justice et à la dignité pour tous », a-t-elle conclu dans son message publié sur le réseau social.


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