Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo fournie par les FL
Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea a affirmé samedi que la remise des armes illégales au Liban devrait avoir lieu avant la fin de 2025, estimant que l’approche souple adoptée par le président Joseph Aoun « a atteint ses limites dans le temps ».Ses propos interviennent alors que l’État libanais tente de reprendre le monopole des armes par un dialogue conduit depuis Baabda avec le Hezbollah, après la trêve conclue en novembre dernier avec Israël. Dans le même temps, d’autres forces politiques appellent à un calendrier clair de désarmement, une exigence que le parti chiite continue de rejeter.Dans un entretien publié par le quotidien Nidaa al-Watan, le chef des FL a mis l’accent sur la nécessité de « rassembler les armes illégales et de les remettre à l’armée libanaise, afin que le Liban redevienne un véritable État. Le président Aoun préfère avancer à son rythme en adoptant une approche très souple, et nous ne sommes pas contre cela. Mais tout a ses limites et ses délais. Nous ne nous opposons pas à cette approche qu’il a adoptée ces cinq derniers mois, mais elle a atteint ses limites dans le temps. J’espère donc que les démarches seront accélérées, d’autant que le temps et les événements ne nous attendent pas », a-t-il poursuivi. Il a également affirmé ne pas avoir proposé de délai au président lors de leur rencontre, mais souligné que « la remise des armes illégales devrait avoir lieu avant la fin de l’année 2025 ».En ce qui concerne les armes palestiniennes, M. Geagea a indiqué que « contrairement à ce que certains prétendent dans les médias, les Palestiniens en tant qu’autorité et majorité écrasante de factions sont d’accord avec les déclarations du président Mahmoud Abbas et reconnaissent pleinement la souveraineté de l’État libanais, mais c’est à cet État qu’il appartient de fixer ses priorités ».Le démantèlement des armes palestiniennes au Liban, qui était prévu en juin, a échoué au Liban principalement en raison du refus de nombreuses factions palestiniennes, y compris au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), profondément divisées et opposées à la remise de leurs armes.Le chef des FL a par ailleurs jugé que le mécanisme de coordination entre l’armée libanaise et le comité de supervision du cessez-le-feu au Liban-Sud est « flou ». « Il n’y a pas de mécanisme de travail clair et depuis le début du cessez-le-feu, le 27 novembre 2024, jusqu’à aujourd’hui, le travail et les rapports sont très lents », a-t-il critiqué.
« Pas d’État à cause du régime iranien » Samir Geagea a également estimé que « les actions du régime iranien ont causé d’énormes dégâts qui ont entravé l’établissement de l’État », déplorant que « le Liban a été forcé d’entrer dans plusieurs guerres dans lesquelles il n’avait pas d’intérêt national suprême, ce qui a aussi entraîné une détérioration économique et financière basée sur les alliances faites par certaines personnes corrompues dans le pays ». « Nous n’avons pas d’État à cause du régime iranien actuel », a-t-il encore fustigé. Le leader maronite a également affirmé « douter que le Hezbollah soit une carte de négociation pour Téhéran . Je ne pense pas que cela soit possible », a-t-il ajouté.Commentant la loi électorale en vigueur, à un an des prochaines législatives, Samir Geagea a estimé que le vote des expatriés nécessite une « véritable révision ». « Comment des Libanais vivant à l’étranger peuvent-ils voter uniquement pour six députés répartis par continent ? », a-t-il demandé. Les expatriés votent pour six députés (un sunnite, un chiite, un druze, un maronite, un grec-catholique et un grec-orthodoxe) répartis sur six continents. « Il est inacceptable que la diaspora libanaise soit privée du droit de vote au Liban, et nous refusons que certains érigent un mur de séparation entre les Libanais résidant dans le pays et la diaspora », a-t-il renchéri.De son côté, le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi (proche des FL) a souligné, samedi, la nécessité du respect de la souveraineté libanaise, affirmant refuser l’intervention étrangère dans les affaires intérieures du Liban. Le Liban « n’a aucun lien avec le maintien du régime actuel en Iran », a indiqué le ministre, quelques jours après la fin de la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël sur fond de désaccord sur le nucléaire. « Ce que nous demandons, c’est une seule chose : le respect de la souveraineté du Liban », a poursuivi le ministre.Abordant le dossier du monopole des armes aux mains de l’État, Joe Raggi a indiqué que « la question des armes doit être soumise au Conseil des ministres et il revient au Premier ministre de décider quand l’inscrire à l’ordre du jour ». Le chef de la diplomatie libanaise s’est référé à un fameux dicton local : l’État « doit chercher à récolter les raisins, pas à tuer le gardien du vignoble ».
Pique de Bassil à Joseph AounDe son côté, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a appelé vendredi soir le Hezbollah, son ancien allié, à « s’engager dans le projet de construction de l’État et à remettre ses armes à l’État », affirmant agir dans « l’intérêt du Liban ».Dans une interview accordée à la chaîne locale LBCI, le député et gendre de l’ancien chef de l’État Michel Aoun, a estimé que depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, « il aurait fallu entamer un processus de limitation des armes et les remettre à l’État ». Or, « ce processus sérieux de remise des armes n’a jamais vraiment commencé », affirme-t-il. « Lorsque le président Joseph Aoun a pris à sa charge la question de la remise des armes, il n’a rien pu changer. Il n’y a pas eu de dialogue sérieux avec le Hezbollah, a encore dénoncé M. Bassil. Tous les Libanais ont payé le prix de la présence des armes du parti. C’est pourquoi ces armes doivent bénéficier à l’État libanais et non à l’Iran. Le dialogue doit être décisif et non un simple moyen de gagner du temps », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que « l’État doit tirer parti des armes du Hezbollah au lieu de les détruire ».Par ailleurs, M. Bassil a abordé la « guerre de 12 jours » opposant Téhéran à Tel-Aviv et la non-implication du Hezbollah, allié de l’Iran, un scénario longtemps redouté par la majorité des partis et de l’opinion libanaise. « L’Iran a su se défendre sans recourir au Hezbollah. Preuve que les armes de celui-ci ne peuvent dissuader Israël, ni sur le plan interne ni régional. Il est donc nécessaire que la mission de défense revienne à l’État libanais », a-t-il encore dit.Enfin, le chef du CPL a vivement critiqué le gouvernement de Nawaf Salam, dont sa formation ne fait pas partie, accusant ce dernier d’inaction : « Il n’a aucune volonté de réforme. Aucun projet de loi réformiste n’a été adopté depuis 2019, à l’exception de la levée du secret bancaire – et encore, ce n’est que grâce à la pression extérieure qu’il a été voté dans sa forme actuelle », a-t-il conclu.


A l’époque de Aoun 1, cette milice, son allié contre nature, avait la possibilité de créer une guerre pour plonger notre pays dans le plus grand dénuement afin de prendre ouvertement le pouvoir et mettre le pays sous la tutelle iranienne sans qu’il puisse se défendre, puisqu’ils avaient encore la réputation de tenir Israël à distance du Liban. Ils ne peuvent plus prétendre empêcher l’envahissement de notre pays puisque c’est déjà le cas et qu’ils ont été totalement détruits en peu de temps. Il temps pour Aoun 2 de profiter de la situation et de régler ce problème qui semble arrivé à maturat
11 h 27, le 30 juin 2025