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Politique - Liban

Législatives 2026 : Berry et Geagea divisés sur la réforme électorale

À un an du scrutin, deux poids lourds de la scène politique s’opposent sur une question cruciale pour l’avenir politique du Liban.

Législatives 2026 : Berry et Geagea divisés sur la réforme électorale

Le chef des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea. Photo d'illustration ANI.

À un an des législatives, le président du Parlement Nabih Berry et le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, s’opposent sur l’avenir de la loi électorale en vigueur : M. Berry dénonce « une loi caricaturale » dont « les résultats ont ruiné le pays » et propose une réforme fondée sur la circonscription unique et la création d'un Sénat. En réponse, M. Geagea défend la loi actuelle, qu’il juge « excellente » tout en appelant à « apporter les amendements requis », notamment pour assurer la participation des Libanais de l’étranger.

Le chef du législatif, dans le sillage des propositions de loi présentées par son bras droit, le député Ali Hassan Khalil, en mars dernier, souhaite l'amendement de la loi électorale de 2017, sur la base de laquelle se sont déroulées les élections de 2018 et de 2022. « L’expérience avec la loi électorale actuelle a démontré qu’il s’agit d’une loi caricaturale, et ses résultats ont ruiné le pays » a lancé Nabih Berry, dans un entretien publié jeudi par le quotidien al-Joumhouriya, rappelant « la proposition globale » faite par son bloc parlementaire. 

La proposition du groupe de M. Berry prévoit de remplacer les 15 circonscriptions actuelles par une seule, sur la base de la proportionnelle, ainsi que de créer un Sénat, composé de 46 membres élus sur la base de quotas confessionnels et de parité entre chrétiens et musulmans. Les députés, eux, ne seraient plus élus sur une base confessionnelle. « Les débats autour de ces propositions détermineront l’orientation que prendra la loi électorale, qui ne saurait rester dans le cadre actuel », a dit Nabih Berry.

Pour rappel

Législatives et Sénat au Liban : ce qu'il faut savoir sur les propositions de loi de Hassan Khalil

Alors que cette proposition avait déjà provoqué une levée de boucliers chez les FL, qui estiment que la circonscription unique n’assure pas la représentativité des différentes communautés du pays, leur chef, Samir Geagea, a implicitement répondu à M. Berry jeudi en estimant que « l’expérience avec la loi actuelle est excellente », tout en précisant qu'il est « nécessaire d'apporter les amendements requis pour mettre pleinement en évidence ses avantages ».  

« L’expérience avec la loi actuelle est excellente, puisqu’il s’agit de la première depuis le début de l’application de l’accord de Taëf (1989), qui garantit, dans une large mesure, l’exactitude de la représentation conformément à l’esprit de l’accord », a déclaré Samir Geagea, cité par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

La loi « a permis de corriger la représentation tant sur le plan national que sur celui du pacte (national), a libéré les Libanais des rouleaux compresseurs électoraux et de l’influence des grands capitaux, et assuré la meilleure représentation possible des Libanais au Parlement » a estimé le leader chrétien.

La participation des Libanais de l'étranger en débat 

« La loi électorale actuelle n’a été appliquée que lors de deux scrutins (en 2018 et 2022), et de manière incomplète ; c’est pourquoi il est nécessaire d’y apporter les amendements requis afin de faire ressortir tous ses atouts. Les plus importants de ces amendements sont la carte magnétique, le mégacentre, et surtout, surtout, la participation des Libanais de l’étranger – qui forment désormais une grande partie du corps électoral – à ces élections, chacun dans sa circonscription » a encore déclaré le chef des FL. 

Alors que la loi électorale de 2017, premier texte à avoir consacré le vote des émigrés à partir de leur pays d’adoption, comporte une clause qui consacre à la diaspora six députés (un par continent) s’ajoutant aux 128 du Parlement, cette clause n'avait toutefois pas été totalement mise en application lors des législatives de 2022, dans une réédition du scénario (qualifié de « provisoire ») de mai 2018. Si les émigrés avaient effectivement pu voter, ils l'avaient fait sur la base de leur circonscription d’origine au Liban, sans que les six députés de la diaspora ne soient ajoutés au total des parlementaires.

Nabih Berry refuse de voir ce scénario se reproduire en 2026, affirmant que « la disposition relative au vote des expatriés pour les circonscriptions internes n’existe plus ».

A contrario de Samir Geagea. « Notre objectif à tous est de tenter de rassembler la famille libanaise (...) Ce rassemblement ne se fera pas en isolant la diaspora libanaise à travers les six sièges à l’étranger, mais en leur permettant de participer pleinement à la vie nationale dans ce qu’elle a de plus noble : l’élection des députés de la nation, chacun dans sa circonscription » a-t-il insisté, appelant à ne pas « manipuler la loi électorale actuelle parce qu’elle garantit, dans une large mesure, une représentation juste ».

À noter que les mégacentres sont des bureaux où les électeurs pourraient voter hors de leurs régions d’origine. Au Liban, il est nécessaire de faire le déplacement vers sa ville ou son village d’origine pour y voter dans des bureaux répartis par appartenance confessionnelle.

À un an des législatives, le président du Parlement Nabih Berry et le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, s’opposent sur l’avenir de la loi électorale en vigueur : M. Berry dénonce « une loi caricaturale » dont « les résultats ont ruiné le pays » et propose une réforme fondée sur la circonscription unique et la création d'un Sénat. En réponse, M. Geagea défend la loi actuelle, qu’il juge « excellente » tout en appelant à « apporter les amendements requis », notamment pour assurer la participation des Libanais de l’étranger.Le chef du législatif, dans le sillage des propositions de loi présentées par son bras droit, le député Ali Hassan Khalil, en mars dernier, souhaite l'amendement de la loi électorale de 2017, sur la base de laquelle se sont déroulées les élections de 2018 et...
commentaires (2)

Circonscription unique LOL, même en Russie ou en Iran ils ne l’ont pas osé celle-là

Liban Libre

21 h 55, le 05 juin 2025

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Commentaires (2)

  • Circonscription unique LOL, même en Russie ou en Iran ils ne l’ont pas osé celle-là

    Liban Libre

    21 h 55, le 05 juin 2025

  • DIVERSION de BERRI: plus on change de sujet sur le démantèlement du Hezbollah… mieux c’est pour lui et pour le duo chiite….il transpose la polémique sur d’autres sujets

    LE FRANCOPHONE

    20 h 51, le 05 juin 2025

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