L'ancien Premier ministre Saad Hariri. Photo ANI
L’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri aurait lancé fin mai une société d’investissement à Abou Dhabi, appelée Genesis, qui privilégierait l’investissement dans l’intelligence artificielle, dans un nouveau renforcement de ses liens avec la capitale des Émirats arabes unis, selon des information du média Bloomberg.
La société de M. Hariri aurait été conçue pour investir dans le secteur technologique international, selon les informations du média financier, provenant de sources anonymes, et qui note qu'aucun représentant de M. Hariri n'a accepté de commenter ces informations.
De son nom officiel Genesis SPV Ltd, la société a été enregistrée à l'Abu Dhabi Global Market (ADGM), le centre financier d’Abou Dhabi. Saad Hariri y est listé en tant que seul actionnaire, selon les dossiers de la zone franche financière. L’ADGM est un centre financier international doté d'une juridiction indépendante et d’un cadre réglementaire spécifique pour les activités financières. Pour les sources précitées, les projets de la société Genesis s’alignent avec les ambitions de la capitale de l'émirat de devenir l’un des leaders mondiaux de l’IA. Abou Dhabi est déjà le siège de nombreuses entités qui investissent massivement dans le secteur, dont la société d’intelligence artificielle G42 et la société d’investissement publique spécialisée MGX.
Ces informations ont été divulguées presque trois ans et demi après que Saad Hariri et son parti le Courant du Futur avaient annoncé leur retrait de la scène politique libanaise le 24 janvier 2022, et près de quatre mois après sa promesse faite devant sa base partisane de revenir en politique au Liban, le 14 février dernier lors de la commémoration de l'assassinat de son père, lui aussi ancien président du Conseil, en février 2005. Saad Hariri avait alors promis qu'il serait « aux côtés » des partisans du Courant du Futur pour les municipales, ce qui n'a finalement pas été le cas lors des élections tenues tout au long du mois de mai. L'ex-Premier ministre avait fait depuis février 2022 d’Abou Dhabi son siège principal, et est devenu l’un des proches influents du cheikh Tahnoon ben Zayed Al Nahyane, le demi-frère du président des Émirats arabes unis, qui est à la tête d’un empire d’une valeur de 1 500 milliards de dollars.
M. Hariri n'en est pas à son premier coup d'essai dans le monde des affaires. Sa société de construction en Arabie saoudite Saudi Oger, héritée de son père qui l'avait fondée en 1978, avait fait faillite en 2017. A partir de 2015, la baisse des cours du pétrole, mettant un coup d'arrêt aux grands projets de construction du royaume saoudien, avait entraîné l'effondrement du géant du BTP. Saudi Oger avait alors licencié ou cessé de payer ses 56.000 employés. Des milliers d'entre eux, pour la plupart issus du sous-continent indien, avaient été littéralement abandonnés à leur sort dans les « bases vie » du groupe, endetté de plusieurs milliards auprès de l'État saoudien.
L'annonce dans la presse de la création d'une nouvelle entreprise par M. Hariri intervient alors que des informations ont circulé cette semaine sur les réseaux sociaux faisant état du renvoi de plusieurs employés de la Maison du Centre à Beyrouth, siège du Courant du Futur et résidence de l’ancien Premier ministre dans la capitale libanaise. Selon des internautes, une « grande partie du personnel » de M. Hariri, dont « son équipe de sécurité » a été licenciée, ce que certains ont perçu comme annonçant un retrait définitif de Saad Hariri de la vie politique libanaise. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source proche du parti a affirmé que ces mesures étaient routinières, prises en raison de questions budgétaires. « Environ une cinquantaine d’employés » ont été licenciés, « tous du personnel ménager », selon cette source, qui rappelle par ailleurs que cette décision n’a « rien de politique » et est exclusivement « administrative et routinière ».



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