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Culture - Spectacle

De la Suisse au Liban, Narcisse déclame le génie humain avec des hologrammes

Après deux ans de tournée en Europe, l'artiste polyvalent helvète pose ses valises à Beyrouth et propose une performance scénique hybride, qui explore notre génie collectif et célèbre la force du lien humain.

De la Suisse au Liban, Narcisse déclame le génie humain avec des hologrammes

Le spectacle « Humains » au théâtre Monnot, un poème scénique. Photo DR

Dans un décor épuré, baigné de lumières mouvantes et traversé d’apparitions holographiques, Humains s’ouvre comme un poème visuel. Narcisse, artiste polyvalent suisse formé à la musique, partage la scène du théâtre Monnot avec le musicien Gaétan Lab, qui alterne entre guitare électrique et synthétiseur, dans une atmosphère électrique et immersive.

Une prise de conscience nécessaire

La pièce naît d’un questionnement fondamental : comment comprendre cette humanité capable à la fois du pire et du plus sublime ? Pourquoi sommes-nous la seule espèce à créer des œuvres d’art, inventer des langues, envoyer des hommes sur la Lune – tout en étant capables de violence, de domination et d’oubli ? Face à cette ambivalence, Narcisse choisit de mettre en lumière la puissance créatrice de l’homme : son génie, sa capacité à inventer du sens, à se relier aux autres et à construire du commun.

« Nous savons tous nous plaindre de la décadence du monde, de ce qui va mal. Je changerais peut-être mieux le monde en mettant le doigt sur ce qui va bien plutôt qu'en disant toujours ce qui ne va pas », déclare Narcisse à L'Orient-Le Jour. En 75 minutes, il retrace habilement l’histoire de l’humanité, entre inventions, prouesses et découvertes. Semblable à un cours d’histoire vivant, le spectacle nous rappelle que le génie de l’homme peut – et doit – encore nous émerveiller et nous faire espérer.

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C’est pendant la pandémie de Covid-19 que l’idée du projet commence à germer.

« Je ne sais pas si cela se faisait aussi au Liban, mais chez nous, en Suisse, le soir, les gens sortaient sur leur balcon, ils applaudissaient et chantaient des chansons pour encourager les soignants dans les hôpitaux », raconte-t-il. Touché par ce moment de solidarité, il écrit un texte intitulé « Ils soignent », qu’il déclame en vidéo. Diffusé sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de la Radio Télévision Suisse, le poème atteint un million de vues en une nuit. « Je n’avais jamais vécu ça », confie-t-il. Ce succès inattendu agit comme un déclic.

Esthétique d’un théâtre sensoriel

Guidé par la vision de Jean-Philippe Daguerre, l’espace devient écrin pour les sons, les gestes et les voix qui s’y déploient. Un grand écran occupe l’arrière-plan, où sont projetés images, mots, visages et citations, comme autant de fragments d’histoire ou de conscience.

La voix de Narcisse résonne comme une respiration universelle : tantôt martelée comme un slam, tantôt murmurée comme une prière. Ce choix minimaliste met en valeur sa corporalité, dans un mouvement qui échappe à toute linéarité, à l’image du monde qu’il décrit.

Avec 21 artistes d’origines multiples, Narcisse fait dialoguer les cultures : se succèdent sur scène un danseur hip-hop, une ballerine, un joueur de djembé ou encore une chanteuse d’opéra. Désireux de sortir du récit classique de l’homme blanc européen, il se documente, lit une cinquantaine d’ouvrages anthropologiques, historiques et philosophiques, et fait appel à des spécialistes pour raconter, en slam, l’humain.

« Nous faisons partie de cette humanité créatrice, nous apportons tous une pierre à cet édifice. J’aimerais que ce spectacle fasse réfléchir, qu’on ressorte en se disant : “moi aussi, j’en fais partie !” »

Dans un décor épuré, baigné de lumières mouvantes et traversé d’apparitions holographiques, Humains s’ouvre comme un poème visuel. Narcisse, artiste polyvalent suisse formé à la musique, partage la scène du théâtre Monnot avec le musicien Gaétan Lab, qui alterne entre guitare électrique et synthétiseur, dans une atmosphère électrique et immersive.Une prise de conscience nécessaireLa pièce naît d’un questionnement fondamental : comment comprendre cette humanité capable à la fois du pire et du plus sublime ? Pourquoi sommes-nous la seule espèce à créer des œuvres d’art, inventer des langues, envoyer des hommes sur la Lune – tout en étant capables de violence, de domination et d’oubli ? Face à cette ambivalence, Narcisse choisit de mettre en lumière la puissance créatrice de l’homme : son génie,...
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