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Société - Liban

Des résidents de Mar Mikhaël au courant rationné suite à la mise sous scellés de générateurs

La décision du ministère de l'Intérieur intervient après plusieurs années de discussion entre le mohafez de Beyrouth et le propriétaire. 

Des résidents de Mar Mikhaël au courant rationné suite à la mise sous scellés de générateurs

Un générateur alimentant en électricité plusieurs résidents des quartiers de Mar Mikhaël et Geitawi, appartenant à Moussa Estephan, placé sous scellé le lundi 26 mai 2025 après décision du ministère de l'Intérieur. PhotoNemtala Eddé/ L'OLJ.

Depuis lundi 26 mai, le téléphone de Moussa Estephan, responsable de générateurs alimentant en électricité plusieurs résidents, restaurants, ou services publics des quartiers prisés beyrouthins de Mar Mikhaël et Geitawi, sonne régulièrement. Ce jour-là, à 10h30, la municipalité de Beyrouth, sous ordre du ministère de l'Intérieur, a placé sous scellés deux de ses générateurs privant une grande partie de ses clients – qui sont « environ 400 personnes » au total selon ses dires, dans une zone desservie par plusieurs propriétaires – des précieux kWh pendant les heures de rationnement imposées par Électricité du Liban (EDL).

Jeanette*, trentenaire, habitante du quartier de Mar Mikhaël, dépend du générateur de quartier géré par les Estephan, de 13h à 15h et de 16h30 à 1h15 du matin. Elle a retrouvé son logement sans électricité à son retour au travail lundi et mardi, avant que l'électricité ne revienne dans la soirée. Le café Kalei a, lui, subi une coupure d'une heure seulement lundi matin. 

« Injustice » ?

Moussa Estephan dénonce à L'Orient-Le Jour une « fermeture brutale sans préavis » et une « injustice », assurant avoir « fait tout ce qui était demandé ces derniers mois par la mohafazat de Beyrouth en matière de normes de sécurité pour l'installation des générateurs ». Selon ses dires, des agents de la garde municipale s'étaient rendus à son bureau « il y a quelques mois » pour le mettre en demeure d'appliquer les normes de sécurité en vigueur.

Deux documents officiels consultés par notre rédaction attestent à la fois d'un arrêté daté du 5 février 2025, signé par le mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud, autorité exécutive de la municipalité, pour l'« arrêt et la pose de scellés sur deux générateurs électriques (...) appartenant à Moussa Estephan » en raison des « risques et l’absence de respect des normes de sécurité dans les installations », et d'un courrier de la municipalité, daté du 10 avril, assurant que M. Estephan a bien réalisé les demandes requises. « Ils voulaient notamment que je prenne une assurance, installe un système d’alarme incendie et des filtres antipolluants, etc. », dit-il.

Pour mémoire

A travers le Liban, le souk des tarifs des générateurs de quartier

Pourtant, une source proche du dossier au sein de l'administration du mohafazat de Beyrouth, ayant requis l'anonymat, explique à L'Orient-Le Jour que la décision survient suite à « une plainte du propriétaire du bail, l'instance religieuse de Dar el-Fatwa, demandant de faire libérer le bien par le locataire ». 

« L'affaire date déjà depuis 2-3 ans », confie-t-elle, assurant « que la municipalité a envoyé nombre d'avertissements à M. Estephan, et lui a trouvé un lieu où remettre ses générateurs, quelque cent mètres plus haut », permettant ainsi de ne pas léser les abonnés du quartier. « Mais M. Estephan répète à l'envi qu'il va obtempérer, et ne bouge pas », regrette-t-elle, avant d'expliquer que « cette fois-ci, la décision est venue du ministère de l'Intérieur (l'autorité de tutelle du mohafez, NDLR), d'où la fermeture subite ». 

Par ailleurs, le propriétaire d'un hôtel voisin a également porté plainte pour le « désagrément causé aux clients », relate la source au sein du mohafazat de Beyrouth. Pour M. Estephan, là réside la cause de l'intervention des autorités, le gérant de l'hôtel souhaitant « récupérer le terrain », selon lui. « Il ne nous reste plus qu'à faire pression sur le ministère de l’Intérieur, les habitants en ont besoin », assure-t-il. Contactée, la direction de l'hôtel n'a pas souhaité donner d'informations et a demandé à s'en remettre au ministère de l'Intérieur, qui n'était pas immédiatement disponible pour répondre à nos sollicitations.

*Le prénom a été modifié à la demande de l'interlocutrice.

Depuis lundi 26 mai, le téléphone de Moussa Estephan, responsable de générateurs alimentant en électricité plusieurs résidents, restaurants, ou services publics des quartiers prisés beyrouthins de Mar Mikhaël et Geitawi, sonne régulièrement. Ce jour-là, à 10h30, la municipalité de Beyrouth, sous ordre du ministère de l'Intérieur, a placé sous scellés deux de ses générateurs privant une grande partie de ses clients – qui sont « environ 400 personnes » au total selon ses dires, dans une zone desservie par plusieurs propriétaires – des précieux kWh pendant les heures de rationnement imposées par Électricité du Liban (EDL).Jeanette*, trentenaire, habitante du quartier de Mar Mikhaël, dépend du générateur de quartier géré par les Estephan, de 13h à 15h et de 16h30 à 1h15 du matin. Elle a retrouvé...
commentaires (3)

Donnez nous 24/24 électricité et fichez nous la paix avec vos mafieux $$$$ partenaires de generateurs qui nous sussent le reste de notre argent !!

Marie Claude

08 h 11, le 29 mai 2025

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Commentaires (3)

  • Donnez nous 24/24 électricité et fichez nous la paix avec vos mafieux $$$$ partenaires de generateurs qui nous sussent le reste de notre argent !!

    Marie Claude

    08 h 11, le 29 mai 2025

  • C’est bien mais… à supposer que parmi les 400 habitants concernés il y en ait un ou plusieurs qui soient sous respirateur ou machine à oxygène qui requièrent de l’électricité permanente pour fonctionner, quel est le plan alternatif proposé par le Ministère? Vous savez, "plan", quelque chose qu’on prévoit pour traiter les conséquences de ses décisions? Non? Ça ne vous dit rien? Ah, vous n’y avez pas pensé? Au temps pour moi.

    Gros Gnon

    05 h 23, le 29 mai 2025

  • Les generateurs prives sont illegaux. Ils font l'objet d'une tolerance en raison de la defaillance, de l'incurie et de l'incompetence d'EDL. Est-ce une raison suffisante pour permettre aux proprietaires de ces generateurs polluants de ranconner leurs usagers deja astreints a une double facturation ? Tfeeeeehhhhhh.

    Michel Trad

    23 h 06, le 28 mai 2025

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