Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à Berlin, en mars 2023. Photo Tobias Schwarz/AFP
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a choisi la société chargée de distribuer l'aide humanitaire dans la bande de Gaza sans passer par les canaux habituels et dans le dos de l'establishment militaire israélien, a rapporté dimanche le Haaretz.
Le quotidien israélien, très critique des choix du gouvernement dans sa manière de mener la guerre à Gaza, précise que le secrétaire militaire du Premier ministre, le général de division Roman Gofman, a enrôlé, sans appel d’offres ni procédure adéquate, la société SRS (Safe Reach Solutions), qualifiée d'obscure et d'inexpérimentée, pour coordonner les opérations humanitaires dans la bande de Gaza. Sur le réseau LinkedIn, elle se présente comme une entreprise qui fournit « des solutions clés en main pour les organisations opérant dans des régions difficiles et à haut risque ».
Haaretz ajoute que, bien que cette entreprise soit présentée comme américaine, elle est en réalité soutenue par des personnalités israéliennes, et que des hommes d’affaires ainsi que des officiers de réserve, rappelés dans le cadre du service militaire, ont favorisé sa sélection.
Selon un article publié mardi par Middle East Eye (MEE), SRS est dirigée par Phil Reilly, un ancien officier paramilitaire de la CIA, les renseignements américains, ayant servi en Asie, en Afghanistan et en Irak. Deux anciens responsables américains ont déclaré à MEE que Reilly avait gagné la confiance du Premier ministre, ainsi que celle de plusieurs hommes d’affaires israéliens proches de lui.
SRS serait ainsi depuis longtemps la favorite pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, dans le cadre d’un projet qui pourrait représenter un contrat de « plusieurs centaines de millions de dollars », selon un homme d’affaires israélien informé des plans, contacté par Middle East Eye.
SRS faisait partie des sociétés militaires privées chargées de sécuriser le corridor de Netzarim à Gaza pendant une trêve de courte durée.
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