Un homme devant un tableau électronique montrant les cours du Nikkei 225 sur le marché de Tokyo, le 7 avril 2025. Photo AFP / KAZUHIRO NOGI
Les marchés en Asie-Pacifique dévissent lundi face à l'inflexibilité du président américain Donald Trump sur les droits de douane qu'il a imposés au reste du monde, laissant présager une nouvelle journée noire planétaire.
Chutes en milieu de journée de 10,7% à Hong Kong, de 9,7% à Taipei, de 8,7% à Shenzhen, de 6,4% à Tokyo, de 6,3% à Shanghai, de 4,9% à Séoul ou encore de 3% à Bombay : les premières Bourses à ouvrir après l'entrée en vigueur samedi des droits de douane punitifs américains ont été prises de panique.
Le mouvement est d'autant plus brutal que la Chine a répliqué et annoncé vendredi, alors que nombre de places financières asiatiques avaient déjà fermé pour le week-end, ses propres droits de douane, alimentant les risques d'escalade destructrice pour l'économie mondiale. « Il ne s'agit plus seulement d'un conflit commercial, mais d'une refonte systémique de l'ordre économique mondial » dont les règles « sont en train d'être démantelées en temps réel », a estimé Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management.
Au même moment, un grand nombre de pays cherchent, chacun de leur côté, à convaincre Donald Trump de les épargner. « Plus de 50 pays ont approché le gouvernement au sujet d'une réduction de leurs barrières douanières, de leurs droits de douane et l'arrêt de leur manipulation de changes », a déclaré le ministre des Finances Scott Bessent sur la chaîne NBC.
Le président républicain reproche aux partenaires économiques des États-Unis de les « piller ». En conséquence, il a décidé d'imposer un taux universel de 10% de taxe douanière sur tous les produits importés aux États-Unis, entré en vigueur samedi. Il va être relevé, dès mercredi, pour plusieurs dizaines de partenaires commerciaux majeurs, notamment l'Union européenne (20%) et la Chine (34%).
« Nous avons des déficits commerciaux massifs avec la Chine, l'Union européenne et beaucoup d'autres », a écrit dimanche Donald Trump sur son réseau Truth Social. « La seule manière de régler ce problème, ce sont les droits de douane, qui vont rapporter des dizaines de milliards de dollars aux États-Unis », a-t-il ajouté. « C'est magnifique. »
« Nous allons voir si ce qu'ils ont à proposer est crédible », a expliqué Scott Bessent au sujet des partenaires commerciaux des États-Unis, « parce qu'après, 20, 30, 40, 50 ans de mauvais comportements, on ne peut pas repartir de zéro ».
Alors que la Chine a déjà riposté en annonçant des taxes supplémentaires de 34% sur les importations américaines, les dirigeants européens ont eux multiplié les contacts au cours du week-end avant une réunion lundi à Luxembourg des ministres du Commerce extérieur de l'UE pour préparer « la réponse européenne aux États-Unis ».
« Le monde tel qu'on le connaissait a disparu », a résumé le Premier ministre britannique Keir Starmer au sujet de cette remise en cause de l'ordre mondial du commerce.
« Traitement pour se soigner »
Interrogé sur la réaction violente des Bourses, Donald Trump a fait valoir dimanche, à bord de l'avion présidentiel Air Force One, qu'il « (fallait) parfois prendre un traitement pour se soigner ».
Dans la nuit de dimanche à lundi, les contrats à terme, produits financiers utilisés pour prédire l'orientation des marchés, laissaient présager d'une nouvelle chute de Wall Street lundi, après deux premiers plongeons jeudi et vendredi.
« On ne peut perdre de l'argent que si on vend. Et actuellement, la stratégie intelligente c'est de ne pas paniquer », a lancé sur Fox News Peter Navarro, conseiller au commerce du milliardaire républicain.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer lundi M. Trump à Washington pour évoquer entre autres la nouvelle taxe douanière de 17% que les États-Unis prévoient d'infliger à Israël.
De son côté, le plus haut dirigeant vietnamien, le secrétaire général du parti communiste To Lam, a demandé un délai d' « au moins 45 jours » avant l'entrée en vigueur de droits de douane de 46% sur la production vietnamienne exportée aux États-Unis. Ce report laisserait le temps, selon lui, aux deux pays de « parvenir à un accord le plus rapidement possible ».
« Ce n'est pas le genre de chose que vous pouvez négocier en quelques jours ou quelques semaines », a prévenu pour sa part Scott Bessent, laissant entendre que ces taxes pourraient rester en vigueur plusieurs mois au moins.
Les pays qui ont proposé d'ouvrir des discussions « le font parce qu'ils comprennent qu'ils vont subir une bonne partie de ces droits de douane », a jugé le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Kevin Hassett. Il s'opposait ainsi à la thèse selon laquelle ces nouvelles taxes allaient surtout pénaliser l'économie américaine, même s'il a concédé qu'il pourrait « y avoir des hausses de prix ». « Je ne pense pas qu'on va voir un effet majeur sur les consommateurs aux États-Unis », a-t-il insisté.
La plupart des économistes s'attendent pourtant à ce que les nouveaux droits sur les produits importés aux États-Unis provoquent une accélération de l'inflation et freinent la consommation.
Les marchés en Asie-Pacifique dévissent lundi face à l'inflexibilité du président américain Donald Trump sur les droits de douane qu'il a imposés au reste du monde, laissant présager une nouvelle journée noire planétaire.Chutes en milieu de journée de 10,7% à Hong Kong, de 9,7% à Taipei, de 8,7% à Shenzhen, de 6,4% à Tokyo, de 6,3% à Shanghai, de 4,9% à Séoul ou encore de 3% à Bombay : les premières Bourses à ouvrir après l'entrée en vigueur samedi des droits de douane punitifs américains ont été prises de panique.Le mouvement est d'autant plus brutal que la Chine a répliqué et annoncé vendredi, alors que nombre de places financières asiatiques avaient déjà fermé pour le week-end, ses propres droits de douane, alimentant les risques d'escalade destructrice pour l'économie mondiale. « Il ne...

