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Lifestyle - Édition

Traduire la littérature étrangère, une autre exception culturelle française

Les grandes maisons d’édition parisiennes tiennent à leur tradition bien ancrée.

Traduire la littérature étrangère, une autre exception culturelle française

La littérature traduite ne se porte pas si mal en France. Photo DR

Y a-t-il un avenir en France pour la littérature étrangère, en dehors des superproductions américaines ? Quatre éditeurs normalement rivaux le pensent et s’unissent pour promouvoir des auteurs ayant besoin d’un coup de projecteur. Les grandes maisons d’édition parisiennes tiennent à leur tradition, bien ancrée, de publier d’autres littératures que la française.

Le pays s’est ainsi longtemps distingué comme étant, avec l’Allemagne, l’un des deux traduisant le plus de titres chaque année, d’après les données de l’Unesco (qui n’ont toutefois pas été actualisées depuis le milieu des années 2010, empêchant les comparaisons récentes). Mais la France n’échappe pas à un phénomène, visible dans de nombreux pays, de diminution de la diversité éditoriale. En 2023, 2 735 romans traduits d’une langue étrangère (hors jeunesse) ont été publiés, 30 % de moins qu’en 2017.

« Il y a eu une période où beaucoup d’articles dans la presse ont expliqué que la littérature étrangère, c’était la catastrophe, elle était morte. Et ça nous exaspérait de le lire, sans aucune solution de proposée », retrace Raphaëlle Liebaert, de Stock.

« Garder la foi»

Sa maison, Grasset (également filiale de Hachette Livre), Albin Michel et Gallimard, qui appartiennent à trois groupes différents, ont donc eu l’idée d’une alliance de circonstance, baptisée « D’ailleurs et d’ici ». Pourquoi ces quatre maisons-là, et pas d’autres ? Par affinité entre les quatre personnes qui ont lancé cette initiative et qui, toutes, croyaient à cette exception culturelle française.

Ensemble, leurs maisons défendent devant de mêmes publics (libraires, journalistes, lecteurs) des auteurs ou autrices dans lesquels elles croient mais qui doivent se faire un nom à partir de zéro. Chez Stock, c’est une Allemande, Dörte Hansen, qui a vendu un demi-million d’exemplaires dans son pays avec un récit spectaculaire de la vie sur une île battue par les vents de la mer du Nord, Quelque part en mer. Grasset, avec Pitié d’Andrew McMillan, qui place son intrigue dans la ville minière où il a grandi, Barnsley, et Gallimard, avec Je suis fan de Sheena Patel, sur l’addiction aux réseaux sociaux et la jalousie, ont choisi de jeunes Britanniques.

« Sans notoriété de départ, c’est difficile pour tous les auteurs. Dans ce métier, il faut garder la foi », dit Francis Geffard, d’Albin Michel, expert en littérature américaine. Il défend un recueil de nouvelles signé d’un Américain méconnu, Ben Shattuck, La Forme et la Couleur des sons.

Domination américaine

La librairie inaugurée par cette maison d’édition en 2023 boulevard Raspail, à Paris, a donné à son rayon étranger le nom de « littérature traduite », comme pour dire qu’elle ne devrait pas paraître exotique ou éloignée aux lecteurs. Et la littérature étrangère ne se porte pas si mal globalement. D’après le cabinet GfK, elle a pesé en France 447 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, « en hausse de 9 % en volume et 11 % en valeur ».

Le succès d’une Américaine, Freida McFadden (La Femme de ménage), y a contribué. Car « littérature étrangère » est de plus en plus synonyme de romans anglophones. En 2023, l’anglais est la langue de 75 % des « romans et fictions romanesques traduits en français », une proportion stable depuis au moins une dizaine d’années.

Y a-t-il un avenir en France pour la littérature étrangère, en dehors des superproductions américaines ? Quatre éditeurs normalement rivaux le pensent et s’unissent pour promouvoir des auteurs ayant besoin d’un coup de projecteur. Les grandes maisons d’édition parisiennes tiennent à leur tradition, bien ancrée, de publier d’autres littératures que la française.Le pays s’est ainsi longtemps distingué comme étant, avec l’Allemagne, l’un des deux traduisant le plus de titres chaque année, d’après les données de l’Unesco (qui n’ont toutefois pas été actualisées depuis le milieu des années 2010, empêchant les comparaisons récentes). Mais la France n’échappe pas à un phénomène, visible dans de nombreux pays, de diminution de la diversité éditoriale. En 2023, 2 735 romans traduits d’une...
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