Réunion de l'assemblée des évêques maronites à Bkerké le 2 avril 2025. Photo ANI
L’assemblée des évêques maronites a réaffirmé, mercredi, son soutien à « l’État libanais dans ses efforts pour appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », l’encourageant à « étendre sa souveraineté sur tout le territoire libanais et à conserver le monopole des armes, de manière à ce que le Liban devienne un espace de sécurité, de calme et de paix ».
La résolution 1701, adoptée par le Conseil de sécurité pour mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006, a été à la base de l’accord de cessez-le-feu entre les deux parties en 2024, suite à des combats qui avaient commencé en octobre 2023. Elle stipule, entre autres, le désarmement des groupes armés et le déploiement de l’armée libanaise sur tout le territoire national.
Les évêques maronites participaient à leur réunion mensuelle présidée par le patriarche maronite Béchara Raï, au siège du patriarcat à Bkerké, dans le Kesrouan. Ils se sont notamment déclaré satisfaits des dernières nominations effectuées par le gouvernement. Ces nominations ont concerné, entre autres, des postes maronites clés comme ceux du commandant en chef de l’armée et du gouverneur de la Banque centrale. Elles étaient continuellement retardées du fait de la vacance présidentielle, qui a pris fin en janvier dernier avec l’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État.
Les prélats ont par ailleurs préconisé une accélération des négociations entre les autorités exécutives et les instances financières mondiales, en vue de trouver des solutions à la crise socio-économique qui secoue le pays depuis des années. Le Liban est notamment en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI).
Sur le plan politique, ils ont estimé que la mise en application de l’accord de Taëf, et la remise en question de certaines de ses failles, sont « d’une grande importance », à condition de sortir « des tiraillements internes et des surenchères, afin de ne tenir compte que de l’intérêt national et du bien des citoyens ». Ils semblent, par ce point, faire référence à certains appels à abolir le confessionalisme politique, et à des propositions de changement de la loi électorale, proposés par le bras droit du chef du Parlement Nabih Berry, en faveur d’un Parlement élu sur des bases non confessionnelles, avec la création d’un Sénat où les communautés seraient représentées. Cette proposition suscite des craintes au niveau des minorités.
Les évêques ont enfin salué l’idée de l’ouverture d’un second aéroport à Qleyate, dans le Akkar, promise par le gouvernement de Nawaf Salam, « ce qui constituerait un avantage pour les voyageurs et les commerçants ». L’ouverture d’un deuxième aéroport au Liban est une revendication de longue date, qui refait surface notamment à chaque fois que la sécurité de l’aéroport de Beyrouth et de la route qui y mène est remise sur le tapis, comme durant la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah.

