Un portrait du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est accroché sur le trottoir lors d'une manifestation antigouvernementale exigeant des mesures pour obtenir la libération des otages israéliens retenus captifs après les attaques du 7 octobre par des militants palestiniens dans la bande de Gaza, devant le ministère israélien de la Défense dans la ville côtière de Tel Aviv, le 29 mars 2025. Jack GUEZ/AFP
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dénoncé lundi une « enquête politique » après avoir été entendu dans le cadre de l'affaire dite du « Qatargate », accusant la police de retenir « en otage » deux de ses conseillers.
« Dès qu'on m'a demandé de témoigner, j'ai dit que j'étais libre et que je voulais témoigner tout de suite (...) J'avais compris que c'était une enquête politique mais je ne savais pas à quel point », a dit M. Netanyahu dans une vidéo diffusée sur son canal Telegram. « Ils gardent Yonatan Urich et Eli Feldstein comme des otages », a-t-il ajouté.
Deux suspects dans cette affaire, surnommée le « Qatargate » en Israël, ont été arrêtés plus tôt dans la journée, selon la police. Malgré une interdiction de publication imposée par un tribunal, les médias israéliens ont identifié les deux hommes comme étant Yonatan Urich et Eli Feldstein, deux proches conseillers du Premier ministre, dont l'un fut le porte-parole du Likoud.
Pots-de-vin
Ces deux suspects sont soupçonnés par le Shin Bet, l'agence de sécurité intérieure, d'avoir reçu des pots-de-vin en provenance du Qatar. « Suite à une enquête menée par l'Unité Nationale des Enquêtes Internationales (Yahbal)... deux suspects ont été arrêtés aujourd'hui pour être interrogés », a annoncé la police dans un communiqué, précisant que l'affaire était soumise au secret à la demande de la justice.
Les médias israéliens ont également rapporté qu'un journaliste et un homme d'affaires avaient été convoqués pour être interrogés dans cette affaire, tandis que Netanyahu a été entendu comme témoin par la police.
La radio publique israélienne a précisé que Netanyahu n'était pas suspect dans cette affaire et qu'il comparaissait en tant que témoin.
M. Netanyahu, déjà jugé dans une autre affaire de corruption qu'il nie en bloc, a rejeté les accusations concernant ses collaborateurs et le Qatar, qualifiant ces allégations de « fausses nouvelles » et de manœuvre politique contre lui. Un responsable qatari a également balayé ces accusations, les qualifiant de « campagne de diffamation » contre le Qatar.
Selon des enquêtes récentes de Kan et du journal de gauche Haaretz, les proches de Netanyahu sont soupçonnés d'avoir orchestré ou participé à une campagne visant à redorer l'image du Qatar à l'étranger, ce que démentent les intéressés.
Changement à la tête du Shin Bet
Dans ce contexte, Benjamin Netanyahu a nommé un nouveau chef à la tête de l’agence de renseignement intérieur israélienne, le Shin Bet, après un bras de fer avec l’actuel dirigeant de l’organisation, Ronen Bar, alors que ce dernier supervisait l’enquête sur les liens présumés entre les collaborateurs du Premier ministre et le Qatar, en coopération avec la police.
Netanyahu a ainsi choisi Eli Sharvit, ancien commandant de la marine israélienne, pour remplacer M. Bar, qui reste en poste en attendant une décision de la Cour suprême sur la légalité de son limogeage.
Netanyahu a justifié son manque de confiance envers le chef actuel du Shin Bet en raison de l’échec sécuritaire du 7 octobre 2023.
Toutefois, la Cour suprême israélienne a temporairement suspendu son renvoi et examinera les recours contre cette décision le 8 avril. L'instance a cependant autorisé Netanyahu à poursuivre le processus de nomination de son remplaçant.
Les détracteurs du Premier ministre israélien, dont des parlementaires d’opposition et des organisations de surveillance, affirment que le limogeage de Bar vise à entraver l’enquête du Shin Bet et de la police, annoncée fin février.
Bien qu’Israël ne considère pas le Qatar comme un État ennemi, ce dernier abrite des dirigeants du Hamas et, avec l’Égypte, joue un rôle clé dans la médiation des négociations indirectes entre Israël et le groupe palestinien en vue d’un cessez-le-feu à Gaza.
Ronen Bar, qui avait participé aux négociations de l'accord de trêve et d’échange de prisonniers avec le mouvement palestinien signé en janvier, a affirmé que son limogeage relevait d’un « conflit d’intérêts » et que cela « mettrait en péril l’enquête sur le Qatar ».
« Complot »
Le Likoud, parti de droite de Netanyahu, a déclaré lundi que l’enquête et les arrestations du jour faisaient partie d’un « complot » visant à empêcher le renvoi de Ronen Bar et à évincer Netanyahu.
Ce limogeage a provoqué des manifestations à Tel-Aviv et Jérusalem contre Netanyahu et son gouvernement, notamment sur leur gestion de la guerre à Gaza. Des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées, dénonçant une tentative de saper les institutions de l’État et de prolonger le conflit pour des raisons politiques, au détriment des otages toujours détenus à Gaza.
Dimanche, Netanyahu a affirmé que la reprise des combats à Gaza, après une trêve de deux mois, visait à faire pression sur le Hamas pour obtenir la libération des 59 otages encore captifs.
Le bilan des victimes depuis la reprise par l'armée israélienne de son offensive contre l'enclave palestinienne 18 mars 2025, rompant unilatéralement le cessez-le-feu conclu avec le Hamas mi-janvier, s'élève désormais à plus de 1.000 morts et 2.359 blessés, a annoncé le ministère de la Santé de Gaza. De quoi faire grimper le bilan humain de la guerre en cours depuis octobre 2023 d'Israël contre Gaza à 50.357 personnes et 114.400 blessés, en majorité des civils, sans compter les milliers de disparus sous les décombres.





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Pour rester au pouvoir et ne pas rendre des comptes à la justice, Nethaniaou préfère la guerre perpétuelle et le massacre de civils. Malheureusement, une grosse majorité en Israël, y compris ceux qui réclament la libération des otages, approuvent les crimes de guerre de leur gouvernement.
22 h 20, le 31 mars 2025