Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, reçu par la Ligue maronite, le 19 mars 2025. Photo ANI.
Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a affirmé mercredi que l'accord de cessez-le-feu conclu entre le Liban et Israël est « clair et définit les groupes autorisés à porter des armes, mais que le Hezbollah se dérobe ».
« Le texte de l'accord est clair et définit les groupes autorisés à porter des armes, mais le Hezbollah se dérobe », a déclaré M. Raggi. Le secrétaire général du parti chiite, Naïm Kassem, avait affirmé qu'il soutenait « le monopole des armes » entre les mains de l'État, mais que cela concernait uniquement le désarmement « des milices, et non pas de la résistance ». Autrement dit, le Hezbollah, qui estime être la « résistance », rejette la remise de ses armes.
S'exprimant devant la Ligue maronite, M. Raggi a évoqué « les efforts diplomatiques pour mettre fin à l'occupation israélienne », précisant que « l'objectif du Liban est de revenir à l'accord d'armistice de 1949 ». « La seule solution est la pression internationale, en particulier de la part des États-Unis », a-t-il dit. « Les conditions sont claires : la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 et l'arrêt des opérations militaires. »
Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024 pour mettre un terme à la guerre entre Israël et le Hezbollah qui durait depuis le 8 octobre 2023, prévoit notamment un retrait israélien progressif des villages occupés au Liban-Sud, permettant ainsi à l'armée libanaise de se déployer dans des zones autrefois sous l'influence du Hezbollah. Toutefois, l'armée israélienne occupe toujours cinq positions qu'elle considère comme stratégiques. Jeudi dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé que l'État hébreu « ne renoncera pas » à ces positions.
Le ministre libanais a aussi indiqué que « la position du Liban est claire concernant le rejet de toute forme de normalisation », révélant que « le côté américain n'a pas évoqué ce sujet », et assurant que « le Liban n'acceptera pas de négociations politiques directes avec Israël ».
Le bureau de M. Netanyahu avait annoncé que des responsables israéliens avaient rencontré des représentants des États-Unis, de la France et du Liban, et qu'ils étaient parvenus à un accord pour la création de trois groupes de travail chargés de régler chacun des dossiers suivants : les cinq points contrôlés par Israël au Liban-Sud ; les discussions sur (le tracé de) la Ligne bleue et les points encore en litige ; et enfin, les prisonniers libanais détenus par Israël. Un haut responsable israélien a déclaré le lendemain au Times of Israel que l'objectif de ces pourparlers était de « parvenir à la normalisation » entre les deux pays.
M. Raggi, qui se trouvait il y a quelques jours à Bruxelles, où l'Union européenne a organisé une conférence des donateurs en faveur de la Syrie, a affirmé qu'il « n'y a aucune raison pour que les réfugiés syriens restent au Liban, après être devenus des réfugiés économiques », insistant sur « la nécessité de leur retour dans leur pays ». Il a ajouté : « C'est la responsabilité du nouveau régime syrien et de la communauté internationale. J'ai fait entendre la voix du Liban lors de la conférence de Bruxelles, et j'ai transmis le message clairement. » Il a également confirmé que « le Liban réexaminera les accords et traités imposés au Liban sous l'ancien régime syrien ».


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