La Première Dame du Liban, Neemat Aoun, au cours d'une réception en son honneur au consulat libanais à New York, le 12 mars 2025. Photo Sylviane Zehil
Neemat Aoun a espéré mercredi soir, lors de la 69e session de la Commission des Nations unies sur le statut de la femme (CSW69) à New York, que les futures nominations qui doivent avoir lieu dans les prochains mois dans l’administration libanaise, après plus de deux ans de vacance présidentielle, feront la part belle aux femmes.
« Dans les mois à venir, le gouvernement (libanais, NDLR) devrait procéder à des nominations dans plus de la moitié des postes de direction de l’État, ce qui, nous l’espérons, réservera une part équilibrée aux femmes », a lancé Mme Aoun lors de l’ouverture de la 69e session de la CSW69 au Palais de verre. Cela permettrait ainsi d’offrir « une réelle opportunité de promouvoir la représentation des femmes dans les postes de décision », selon l’épouse du chef de l’État Joseph Aoun. Elle a encore souligné « l’occasion » que vont représenter les élections municipales et parlementaires au Liban, normalement prévues respectivement en mai 2025 et au printemps 2026, pour « choisir des hommes et des femmes qui croient au rôle des femmes et s’efforcent de le promouvoir ».
L’honneur et les « pleins droits » des Libanaises
« Dans mon pays, derrière chaque homme qui lutte, derrière chaque homme qui migre, derrière chaque homme qui fait preuve d’ingéniosité, il y a une grande dame ! » a lancé Mme Aoun. Toutefois, les hommes au Liban ont, selon elle « parfois tendance à oublier que la préservation de l’honneur » de leurs mères, femmes et sœurs « ne saurait être assurée qu’en accordant aux femmes leurs pleins droits, notamment le droit à l’éducation, à la liberté de pensée, à la santé et au travail ».
Elle a estimé qu’au Liban, « toutes les femmes libanaises se sacrifient pour leur famille, en l’absence de cadres opérationnels bien définis pour protéger leurs droits ». « Pourtant, les femmes de mon pays ont bien résisté aux guerres les plus dures, dont la dernière a coûté la vie à des milliers de femmes et d’enfants, laissant dans son sillage des handicaps physiques et psychologiques. »
Un bilan du Centre national de recherche scientifique au Liban publié en décembre faisait état de 3 961 victimes et 16 520 blessés lors des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah, parmi lesquelles 736 femmes et 248 enfants. Ce bilan n’englobe pas les victimes post-cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre, soit une centaines de tués, dont plusieurs femmes. Il devrait également être revu à la hausse car il n’inclut pas les nombreuses dépouilles découvertes sous les décombres dans les villages frontaliers après le 18 février.
Paix, sécurité, démocratie et prospérité
Neemat Aoun a toutefois tenu à souligner les réformes réalisées par le passé, « notamment par le renforcement des garanties sociales et la lutte contre la violence au foyer et le harcèlement sexuel ». Des lois jugées encore incomplètes par les organisations de lutte pour les droits de la femme. Elle a encore appelé l’ONU à « soutenir les efforts du Liban pour éliminer les obstacles qui se dressent devant les femmes et les filles libanaises », car « en l’absence d’une société qui reconnaît les droits de ses femmes, il ne peut y avoir ni paix, ni sécurité, ni démocratie, ni prospérité ».
Mme Aoun s’est par ailleurs exprimée mercredi à l’occasion d’une réception en son honneur organisée par le chargé d’affaires du Liban à New York, Majdi Ramada. Devant un parterre de plus de deux cents Libanaises expatriées rassemblées au consulat général du Liban, elle a salué la diaspora pour son rôle essentiel dans le soutien au Liban à travers les crises. « Vous avez mobilisé des aides, soutenu des familles, financé des hôpitaux et des écoles et apporté de l’espoir quand tout semblait perdu. Vous êtes l’épine dorsale de notre nation », a-t-elle lancé. Elle a cependant regretté que le Liban doive voir ses talents « dispersés à travers le monde », appelant la diaspora à revenir au Liban pour « le reconstruire, afin qu’il devienne une terre d’opportunités ».
Le salut du Liban entre les mains de sa diaspora
« Ce mandat (celui du nouveau président Joseph Aoun, NDLR) est placé sous le signe de l’unité, de la reconstruction et de la mise en place des bases d’un pays où aucun Libanais ne devrait ressentir le besoin de partir pour réussir, a-t-elle insisté. Revenez chez vous, pas seulement pour des vacances, revenez pour de bon. » « Le salut du pays est entre vos mains », a-t-elle conclu.
De son côté, Majdi Ramadan a souligné l’importance de l’engagement de la Première dame pour la citoyenneté responsable et la cohésion sociale, mettant en avant son rôle à la tête de la Commission nationale pour la femme libanaise. Il a estimé que « la Première dame et le président Aoun incarnent une lueur d’espoir pour le changement positif que vous attendiez et que vous méritez toutes et tous. Un Liban libre, indépendant, souverain et prospère ».



On aurait pu nommer une femme á un des 3 postes sécuritaires !
18 h 45, le 15 mars 2025