Un drapeau affichant le logo des Forces libanaises. Photo ANI
Les Forces libanaises (FL) ont critiqué mardi les propos du vice-président du Conseil des ministres, Tarek Mitri, sur le désarmement du Hezbollah, estimant qu'il mettait des bâtons dans les roues du mandat du président Joseph Aoun.
Interrogé sur le désarmement du Hezbollah et la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit notamment que l’État libanais doit avoir le contrôle exclusif des armes sur son territoire, M. Mitri a affirmé qu’il était « impossible que le gouvernement établisse un calendrier pour le retrait des armes du Hezbollah par la force », dans une interview à la chaîne arabe Al-Hourra, financée par les États-Unis.
Dans un communiqué, les FL ont estimé que M. Mitri reniait « l’accord de Taëf, les résolutions internationales, le récent accord de cessez-le-feu, le discours d’investiture (du président Joseph Aoun) et la déclaration ministérielle », qui ont placé le rétablissement du monopole des armes par l’État au centre de leurs priorités.
Le parti de Samir Geagea, qui compte quatre ministres dans le gouvernement formé par Nawaf Salam le 8 février, a également pointé du doigt le fait que le vice-président du Conseil des ministres a déclaré que « l’armée doit être équipée avant de pouvoir travailler sur le désarmement ».
Problème à prendre dans l'autre sens
Dans son entretien, Tarek Mitri a aussi mis en avant « la violation israélienne manifeste de l’accord de cessez-le-feu et de la résolution 1701 », illustrée par les multiples frappes effectuées depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 27 novembre dernier et par le fait qu’Israël occupe encore des territoires au Liban-Sud dont il devait se retirer. Il a aussi déclaré à Al-Hourra que « l’armée libanaise remplit pleinement son devoir au sud du Litani en démantelant les dépôts du Hezbollah et en renforçant le contrôle de la zone concernée par l’accord » de trêve entre Israël et le Hezbollah.
Mais pour les FL, le problème doit être pris dans l’autre sens, puisqu’ils considèrent qu’« il est impossible d’équiper correctement l’armée tant qu’il y a des armes en dehors du contrôle de l’État » et qu’il est difficile d’œuvrer à « la reconstruction et à la revitalisation de l’économie tant qu’il y a des armes qui échappent au contrôle de l’État ». « Les amis du Liban dans le monde arabe et à l’international continueront de boycotter le pays jusqu’à ce que le gouvernement se décide à reprendre en main, dès que possible, la décision de guerre et de paix et à remettre toutes les armes illégales entre les mains de l’armée libanaise », poursuit le texte.
Avec ses propos, M. Mitri a « gravement porté atteinte à l’image du gouvernement actuel et mis des bâtons dans les roues de la nouvelle ère », ont conclu les FL.
La réaction de Mitri
La réaction de Tarek Mitri ne s'est pas fait attendre. « Dans plus d'une interview à la presse, j'ai confirmé la position claire du gouvernement dans sa déclaration ministérielle, qui rappelle le discours d'investiture du président Joseph Aoun concernant le droit de l'État à détenir le monopole des armes, l'exclusivité de la décision de guerre et de paix, et son engagement à mettre en œuvre les résolutions internationales sans sélection ni réduction », a-t-il souligné dans une déclaration relayé dans les médias. Il a précisé que la position ministérielle « n'est pas une simple déclaration d'intention, mais un engagement ». « Aujourd'hui, j'insiste sur le fait qu'il est évident que le Conseil des ministres doit travailler à l'établissement d'un calendrier et de mesures concrètes pour atteindre cet objectif », a conclu le vice-président du gouvernement.
Les engagements mentionnés dans le discours d’investiture du président de la République, Joseph Aoun, ainsi que dans la déclaration ministérielle du chef du gouvernement, qui a obtenu la confiance du Parlement, portent notamment sur « l’application de l’accord de cessez-le-feu, des résolutions internationales 1559, 1680 et 1701, et le respect des principes de l’accord de Taëf ».
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a tenu dimanche des déclarations ambiguës sur la question du désarmement du parti. Assurant que le Hezbollah était entré « dans une nouvelle phase », qui se traduisait non pas par « un changement de principes », mais par « une évolution des méthodes », il a dit soutenir le principe du «monopole des armes» aux mains de l’État, tout en affirmant que cela concernait uniquement le désarmement des «milices, et non pas de la résistance».



Le FL ont tout à fait raison de ne laisser rien passer. Cette déclaration de M. Mitri laisse flotter un message de faiblesse de la part de l’état libanais qui n’est pas pour déplaire aux vendus et à leurs recruteurs. Il ne faut pas qu’un e cacophonie s’installe, où chaque responsable politique chante son refrain. Le PM devrait devrait donner des consignes en ce sens et seuls le porte parole du palais présidentiel aurait le droit de parler des décisions prises et confirmés par l’état.
11 h 53, le 12 mars 2025