Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Bibileaks

La justice israélienne bâillonne une enquête sur des liens présumés entre Netanyahu et le Qatar

Une campagne de promotion visant à réhabiliter l'image de l'émirat avant le Mondial de football 2022 aurait été menée par des conseillers du Premier ministre israélien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant au cours d'une conférence de presse à son bureau de Jérusalem, le 16 février 2025. Evelyn Hochstein/AFP

Un tribunal israélien a émis mardi une « ordonnance de non-publication » sur l'enquête concernant les liens présumés entre le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu et des personnalités liées au gouvernement du Qatar, selon le quotidien Haaretz.

Cette décision judiciaire visant à interdire la diffusion publique d’informations sur une affaire en cours aurait été prise à la suite d'une demande de la police israélienne dans un contexte où le Premier ministre israélien et son entourage font l'objet de diverses investigations dans le cadre de l'affaire des BibiLeaks, nom donné au scandale politico-judiciaire provoqué par une fuite d'informations militaires confidentielles au média allemand Bild en novembre dernier.

Pour mémoire

La Cour suprême israélienne maintient en détention deux suspects de l'affaire des Bibi Leaks

Ces soupçons de connivence entre le Benjamin Netanyahu et l’émirat gazier avaient émergé à la suite d'une enquête menée par le Haaretz sur une campagne de promotion visant à réhabiliter l’image du Qatar à l’international, qui aurait été organisée par deux conseillers en communication du Premier ministre. Dans la foulée de ces révélations, le quotidien d’opposition israélien a été frappé de sanctions par le gouvernement israélien, qui a mis fin à toute subvention et revenus publicitaires financés par l'État.


Le financement du Hamas

Les deux conseillers en question, Yonatan Urich et Israel Einhorn, auraient mené cette campagne avant la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar par l'intermédiaire de leur société « Perception ». L'un des messages véhiculés par cette campagne consistait à dire que l'émirat « ne finance pas le terrorisme », et qu'il « collabore avec de nombreuses nations et investit des ressources pour apporter la paix et la stabilité dans les zones de conflit ». À l'époque, M. Netanyahu était le chef de l'opposition, tandis que M. Urich était devenu le porte-parole du Likoud, après avoir géré plusieurs campagnes électorales pour l’actuel Premier ministre israélien avec M. Einhorn.

Dans ce contexte, la procureure générale d'Israël, Gali Baharav-Miara, avait notamment décidé d'engager des poursuites contre MM. Einhorn et Urich, ainsi que contre d'autres membres du bureau de M. Netanyahu. Ces derniers ont démenti à plusieurs reprises leur implication dans cette campagne.

Lire aussi

Après une semaine mouvementée, les négociations sur Gaza reprennent à Doha

Plusieurs députés israéliens de l’opposition ont ouvertement critiqué le Premier ministre à l’aune de ces révélations du Haaretz, dénonçant une initiative qui s’inscrit dans la « continuité de la politique de financement du Hamas via le Qatar », mise en place par Benjamin Netanyahu en 2012 lorsqu'il était Premier ministre, puis maintenue par Naftali Bennett et Yaïr Lapid.

Israël n'entretient pas de relations diplomatiques officielles avec le Qatar, mais les deux pays ont établi des relations commerciales en 1996, qui ont duré jusqu'en 2009, lorsque Doha les a rompues en raison d'une précédente série de combats entre Israël et Gaza. Après un nouveau rapprochement informel, le petit émirat du Golfe est devenu le principal bailleur de fonds du Hamas et de la bande de Gaza, en coordination avec l'Etat hébreu.

Le Haaretz estime à environ trois milliards de dollars l’aide financière fournie par le Qatar à l'enclave palestinienne entre 2012 et 2022. En partie détournée par le Hamas pour renforcer sa branche armée, celle-ci aurait largement contribué à la préparation de l’attaque du 7 octobre 2023.

Un tribunal israélien a émis mardi une « ordonnance de non-publication » sur l'enquête concernant les liens présumés entre le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu et des personnalités liées au gouvernement du Qatar, selon le quotidien Haaretz.Cette décision judiciaire visant à interdire la diffusion publique d’informations sur une affaire en cours aurait été prise à la suite d'une demande de la police israélienne dans un contexte où le Premier ministre israélien et son entourage font l'objet de diverses investigations dans le cadre de l'affaire des BibiLeaks, nom donné au scandale politico-judiciaire provoqué par une fuite d'informations militaires confidentielles au média allemand Bild en novembre dernier. Pour mémoire La Cour suprême israélienne maintient en détention deux...