Le mur principal d’un des halls d’entrée du Parlement libanais. Photo d’illustration Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
L’adoption jeudi par décret du budget 2025 par le gouvernement, sans que le texte ne passe par le Parlement, a continué de faire réagir vendredi la classe politique. Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil, qui s’est désormais positionné dans l’opposition, a ainsi estimé « nécessaire » que le document soit amendé par le Parlement.
Le projet de budget du gouvernement précédent pour l’exercice 2025 a été adopté par décret hier au cours du premier Conseil des ministres du cabinet de Nawaf Salam, et le ministre des Finances Yassine Jaber a été appelé à préparer une loi visant à revoir les taxes figurant dans la loi de finances. M. Salam avait indiqué que cette procédure, autorisée par l’article 86 de la Constitution, visait à éviter « toute obstruction et tout retard », et il a promis un budget 2026 qui sera « celui du développement et des réformes ». Le projet adopté hier avait été finalisé – à la va-vite – par le précédent exécutif et envoyé au Parlement fin septembre 2024, avant le début de la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël.
« Modifications majeures » au Parlement
Dans un message sur son compte X, Gebran Bassil a critiqué cette procédure du gouvernement. « Le budget est la mission la plus importante du gouvernement, à travers lequel il traduit sa vision. Or, le premier projet présenté est celui d’un gouvernement démissionnaire depuis trois ans », celui de Nagib Mikati qui expédiait les affaires courantes depuis mai 2022. « Cela signifie que 10 mois de réformes ont été perdus pour un gouvernement dont la durée de vie est de 14 mois », a-t-il fustigé, réclamant « des réformes », alors qu’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) doit arriver la semaine prochaine à Beyrouth. « Il est essentiel de contester ce budget et d’y apporter des modifications majeures au Parlement », a ajouté M. Bassil.
Peu après la fin du Conseil des ministres, la députée issue de la société civile Paula Yacoubian avait annoncé son intention de déposer un recours en invalidation devant le Conseil constitutionnel, une démarche qui nécessite les voix de dix parlementaires.
« La meilleure option possible »
Le ministre de l’Information Paul Morcos a pris sur lui de justifier la décision du gouvernement, dans un entretien dans la matinée sur la radio La Voix du Liban. Il a expliqué que « l’article 86 de la Constitution libanaise permet au Conseil des ministres d’émettre un décret exécutif approuvant le projet de loi de finances pour l’année 2025, parallèlement à l’envoi d’un autre projet modifiant certaines dispositions jugées injustes ». Insistant sur « la nécessité de ne pas entraver la productivité des services publics, de faciliter les démarches administratives pour les citoyens et d’assurer le bon fonctionnement de l’État », il a estimé que le budget 2025 était « la meilleure option possible ». Le ministre a également balayé le risque d’invalidation du texte devant le Conseil constitutionnel, le gouvernement ayant effectué une « étude approfondie » du projet de loi avant de prendre sa décision.
De son côté, le ministre des Finances Yassine Jaber a promis dans un entretien au journal Nida’ el-Watan un « budget réformateur » pour l’exercice 2026, assurant que son ministère a déjà entamé les travaux nécessaires pour y parvenir. « Le maintien de l’équilibre financier dans le budget 2025 se fera par la réduction des dépenses », dans un texte qu’il a été chargé de préparer, en cas d’« identification d’une augmentation du déficit ». Comme son collègue de l’Information, M. Jaber a insisté sur le fait que l’adoption du texte par décret était « le meilleur choix » possible. « L’une des pires décisions que nous aurions pu prendre aurait été d’adopter la règle du douzième provisoire, de recourir aux avances du Trésor et de dépenser sans budget. Comment pourrions-nous adopter une telle option, alors que nous sommes à la veille de la reprise des négociations avec le FMI », s’est interrogé le ministre.



Bassil, Bassil.. n'est ce pas celui qui s'était rendu à Davos en jet privé, suite à une invitation ( on aimerait bien avoir ce genre d'amis) et qui avait déclaré qu'un budget n'était pas utile pour gérer un pays !! Et là il conteste..
19 h 17, le 07 mars 2025