Tania Saleh et Nada Yafi donnent leurs voix à la poésie engagée. Photos DR
Dans le cadre du Mois de la francophonie, l’Institut français du Liban organise le lundi 10 mars 2025 à 20h30 une soirée alliant poésie et musique au théâtre al-Madina. Cet événement artistique et engagé mettra en lumière les voix palestiniennes à travers une lecture bilingue de poèmes écrits à Gaza, récemment traduits en français et publiés sous le titre Que ma mort apporte l’espoir (Libertalia, collection Orient XXI). Une soirée marquée par l’engagement et la solidarité, où la culture se fait le vecteur de résistance face aux souffrances du peuple palestinien.
Une lecture poétique bilingue
La soirée débutera par une courte introduction de Roula Zoubian, docteure en littérature française moderne et contemporaine, et spécialiste en études africaines, qui abordera la question de la littérature engagée. S'exprimant en français et en arabe, elle donnera le ton à une lecture de poèmes qui résonnent profondément avec l’actualité du Moyen-Orient.
Les poèmes, rédigés par des auteurs de Gaza, expriment avec force l’humanité et la résilience d’une jeunesse palestinienne. Nada Yafi, d’origine libanaise et traductrice des poèmes, rappelle que « la poésie a été de tout temps une expression privilégiée de la culture arabe. Grâce à la traduction, cette poésie peut traverser les frontières en touchant la sensibilité des lecteurs. Chaque langue a son génie propre, ajoute la traductrice en espérant à travers ce récital donner au public libanais francophone et arabophone « la possibilité d’apprécier la résonance du verbe d’une culture à l’autre et les voix de tous ces jeunes qui n’aspirent qu’à vivre en paix ».
Nada Yafi a été ambassadrice de France au Koweït et directrice du centre de langue et de civilisation arabes à l’Institut du monde arabe (IMA). Elle a publié Plaidoyer pour la langue arabe (2023) et a traduit les poèmes du recueil Que ma mort apporte l’espoir (2024).
Les poèmes choisis, profondément humains, incarnent les voix de jeunes Palestiniens qui, malgré la guerre et l’occupation, continuent à espérer un avenir meilleur. L’objectif de cette lecture, qui sera menée à deux voix par Nada Yafi et Tania Saleh, est de dévoiler l’universalité des luttes individuelles face à l’oppression.
Après la lecture des poèmes, Tania Saleh, figure incontournable de la scène musicale libanaise, offrira un concert. Artiste de talent, compositrice et chanteuse, elle s’inscrit dans une démarche où la musique devient un moyen de résistance. Pendant ce concert, elle interprétera une sélection de chansons issues de son répertoire, des morceaux qui résonnent avec l’actualité du Liban et de la région.
Tania Saleh précise : « Ce sera un grand plaisir pour moi de partager de nouveau la scène avec Nada Yafi, en hommage au poète Refaat Alareer et au talent des poétesses et poètes de Gaza. Je chanterai quelques morceaux choisis de mon répertoire dont je pense qu’ils demeurent liés à notre histoire, et continuent à résonner avec la situation actuelle. » Sa musique, qui mélange les influences levantines, méditerranéennes et internationales, transmet un message de solidarité, de résistance et de réflexion sur les réalités du monde arabe.
Cette soirée s’inscrit dans le cadre des engagements de l’Institut français du Liban en matière de promotion de la culture francophone, du dialogue interculturel et de la traduction littéraire. Sabine Sciortino, directrice de l’Institut, en souligne l’importance : « Promouvoir la traduction d’œuvres littéraires et faire dialoguer les langues, notamment l’arabe et le français, font partie de nos missions essentielles. La solidarité, la créativité et la diversité, qui sont au cœur de cette soirée, incarnent pleinement les valeurs de la francophonie. »
Solidarité de réflexion
La soirée du 10 mars au théâtre al-Madina sera ainsi l’occasion de célébrer la résistance pacifique à travers l’art et la poésie tout en invitant le public à une réflexion sur la situation des Palestiniens, mais aussi sur les valeurs de solidarité et de fraternité qui unissent les peuples. Dans un contexte où la politique se mêle souvent à la culture, cet événement devient un véritable acte de résistance artistique. En espérant que la poésie et la musique puissent, ensemble, faire entendre les voix des opprimés et incarner l’espoir d’un futur plus juste.
L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles.



